Extrait

Stella Corfou
de Béatrix Beck

Le 08/02/2017 à 09:33 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Béatrix Beck

Chemin De Fer

03/11/2016

9782916130873

128

15 €

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ISBN : 9782916130873

Editeur : Chemin De Fer

Prix grand format : 15 €

 

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ISBN : 9782246801733

Editeur : Grasset

Prix grand format : 5.49 €

 

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Résumé du livre
Stella Corfou est le pseudonyme d'une splendide créature qui, brocanteuse au Marché aux puces, mène une vie sentimentale agitée. Elle provoque la passion du brave Antoine Leroy, chef de rayon dans un grand magasin. Et c'est une vie folle que les époux vont mener d'abord. Ce qui n'empêche pas Stella de devenir écrivain connu en publiant : "Merde pour celui qui le lira". Les époux vont abriter leur bonheur loin de la ville et de ses embarras. Hélas, on vieillit. Ne serait-il pas mieux de mourir ? "Et si on se tuait, mon biquet ?", demande un jour Stella à Antoine - et le roman qui avait commencé en farce joyeuse prend les dimensions d'une tragédie. Le suicide est raté, mais Antoine meurt de maladie et Stella, folle de douleur, s'identifie au défunt. Elle n'est plus Stella, elle se croit Antoine. Le médecin qui s'occupe d'elle saura-t-il lui rendre la raison ? Voici un extraordinaire roman, étourdissant d'inventions cocasses ou émouvantes. Roman d'amour et fête du langage.

 

Premier chapitre

À Jean-Louis Rolland

et Jean-Michel Quiblier.

 

 

I

 

Elle s’appelait Gilberte Sanpart, nom presque oublié, et avait pris le pseudonyme de Stella Corfou. Étoile. Corps fou, folle de son corps, île sacrée.

Brocanteuse, vendait aux Puces Matabois des objets hétéroclites qu’elle allait chercher dans toute la région au volant de sa camionnette. Dans des ventes publiques ou chez des particuliers qu’elle enjôlait par son bagout ou réduisait à quia avec ses airs sauvages. Statuettes de Notre-Dame de Lourdes, Pères La Colique, Vénus de plâtre, une main sur le pubis et l’autre sur le cœur, assiettes à légendes célébrant Napoléon ou se moquant des premières tentatives aériennes, chaises dépareillées, croûtes romantiques, noires cuisinières miniatures avec bains-marie, poupées blessées, livres de prix (Robinson Crusoé, Vie et mort des Français, les Arts et métiers chez les Animaux, Contes de ma tante Tirelirelo), revues polissonnes et jaunies. Sa mère la traitait de coureuse de foires, de foireuse.

Stella était d’une beauté excessive. Front presque démesuré. Immenses yeux de bête préhistorique. Nez grec qui deviendrait aquilin avec l’âge, puis, quand elle serait vieille, crochu.

Sa bouche ne se fermait jamais tout à fait, laissant entre les commissures et le sommet de l’arc deux fentes étroites qui épousaient la courbe de la lèvre supérieure. L’ouvrait en grand, comme la Marseillaise de Rude, pour laisser échapper obscénités et excentricités, le soleil a l’air d’un troudu, le manche à balai des sorcières est une queue qui vous envoie en l’air, plus drôle que de balayer sa turne. La route est ma patrie.

Caressant les lombes, lourde et sombre chevelure que sa mère voulait castrer, « ne remets plus les pieds à la maison avant d’avoir coupé cette tignasse ».

— Tu nous fais chier, répondait l’ex-Gilberte Sanpart, « nous » étant un pluriel de majesté. Je me les couperai quand ils seront queues-de-rat comme toi.

Ce disant, la jeune femme tendait à sa génitrice un coquetier d’opaline ou un rond de serviette en buis, offrande propitiatoire et gage d’amour filial, malgré tout.

Madame Veuve Sanpart Gilbert rangeait le cadeau dans un coffret destiné à recevoir les trésors, en maugréant merci c’était pas la peine qu’est-ce que tu veux que je fasse de ça j’ai tout ce qu’il me faut tu me prends pour une miteuse tes rossignols tu ferais mieux de les garder pour tes pigeons je vais te faire un bon petit frichti qu’est-ce que tu dirais d’une crépinette aux brocolis ?

— Te fatigue pas maman je te croque une pomme et je me tire.

Belles mains androgynes surchargées de bagues aux énormes chatons, deux d’entre elles, sur la phalange et la phalangine, reliées par une chaîne et une autre à secret, recelant une dent de lait, celle de son enfance narcissiquement aimée.

Belles oreilles alourdies de pendants clinquants ou d’anneaux semblables à ceux qu’on enfile au groin des cochons truffiers.

 

 

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