Extrait

Sept nuits d'insomnie
de Elsa Osorio

Le 09/07/2015 à 10:49 - 0 commentaire

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ISBN : 9782864247494

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Résumé du livre
Elsa Osorio a plusieurs cordes à son arc de narratrice, ici elle en rassemble deux: l’une fantastique et allégorique, et la seconde réaliste, ancrée dans l’histoire récente de l’Argentine. Ces nouvelles ont été écrites à des époques différentes, certaines pendant la période la plus sombre de la dictature militaire, au moment où la censure ne permettait pas d’appeler les choses par leur nom. D’autres l’ont été vingt ans après, alors que la réalité retrouvait une identité. Toutes ces histoires, qu’elles parlent de blessures inguérissables, perte d’identité, solitude, trahison, ou racontent des histoires sans issue, sont toujours ouvertes à l’espoir. Elles nous parlent d’impasses dont on peut sortir. La littérature prend sous la plume d’Elsa Osorio son sens le plus noble. C’est elle qui transforme la réalité, dans ses aspects les plus inquiétants et les plus sordides, en un message de consolation à ceux dont la politique ou l’angoisse ont fait des êtres sans espoir et sans voix. (traducteur François Gaudry)

 

Premier chapitre

Il faut faire quelque chose, mais quoi ? Le dire à Gabi, non, là-dessus ils sont tous les trois d’accord. Et puis, lui raconter quoi, l’un d’eux sait-il avec certitude ce qui est arrivé à Juan ? Pourtant, cette situation n’est plus tenable. Hier encore Gabi a demandé à Maruja : où est Juan ? Comment est-il possible qu’il soit parti sans me dire un mot ? Il ne peut pas changer comme ça du jour au lendemain, il m’aime, Juan. Bien sûr, Gabi, on t’aime tous, lui a répondu Maruja. Et Gabi l’a alors regardée comme lorsqu’elle a eu… ça, avec ces yeux qui lui éclataient au visage. Maruja a tenté de lui expliquer que Juan était parti parce que la situation du pays était devenue compliquée, et elle a même évoqué son activité politique, à mots couverts, bien sûr, mais Gabi l’a interrompue : elle le sait très bien, beaucoup mieux qu’elle, qu’elle cesse de la traiter comme une gamine, elle a vingt ans, et si pendant vingt ans Juan et elle n’ont pas été seulement des jumeaux mais des amis, ce n’est pas Maruja qui va lui expliquer comment est Juan, mais qu’est-ce qu’ils savent, s’il te plaît, Maruja, ne me cache pas la vérité.

— Après, je l’entends marcher toute la nuit dans sa chambre, elle recommence, comme avant ce terrible après-midi. Je préfère ne pas y penser, la main avec laquelle j’ai dû la gifler pour qu’elle arrête me fait encore mal.

Même Javier et Enrique avaient été heurtés par cette violence, qu’est-ce qu’elle croit, qu’elle est la seule à avoir souffert ? Eux aussi sont ses frères.

C’est pourquoi Maruja les a appelés aujourd’hui, pour qu’ils prennent ensemble une décision. Tous les trois ont toujours veillé sur les jumeaux ; normal, ils sont plus âgés, mais depuis que ses frères se sont mariés, c’est Maruja qui vit avec eux et elle ne veut pas se sentir seule responsable de ce qui pourrait arriver maintenant à Gabi, encore moins depuis l’histoire de Juan, non… Elle craint que Gabi ait une rechute, elle se comporte comme à ce moment-là, juste avant qu’ils aient dû la faire interner. Elle pense que l’incertitude sur le sort de Juan la perturbe.

— Mais on ne peut pas lui dire la vérité, Gabi ne la supporterait pas.

— Comme elle n’a pas supporté la mort de maman, dit Enrique. Avant elle n’avait que rarement des comportements extravagants, c’est après la mort de maman que Gabi est devenue comme ça.

Et qu’est-ce qu’ils vont faire si elle a une autre crise ? De nouveau la clinique, la cure de sommeil, les mensonges aux amis, et Gabi grosse et docile, comme après le traitement ?

— C’est la croix et la bannière pour lui faire prendre ses médicaments et elle refuse d’aller à la consultation, dit Maruja.

— C’est à cause de Juan, dit Javier. Il l’a convaincue que ce psychiatre allait la détruire, la changer en légume.

— Et qui sait ce qu’il a dit d’autre à Gabi, il était déjà avec ces gens qui lui ont bourré le mou, dit Enrique. Quand Juan a commencé à changer, à se révolter, à tout critiquer, je vous ai prévenus, ne me dites pas le contraire. Vous vous rappelez comme il s’est indigné quand on a fait interner Gabi sans lui demander son avis ? Lui, et lui seul, allait s’occuper de trouver le spécialiste et le traitement adéquat pour Gabi. Mais quand ? Les derniers temps on ne le voyait presque plus à la maison.

 

 

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