Extrait

Sentinelle de la pluie
de Tatiana de Rosnay

Le 29/05/2018 à 12:35 - 0 commentaire

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Tatiana de Rosnay

Heloise D'Ormesson

mars 2018

9782350874425

22 €

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ISBN : 9782350874425

Editeur : Heloise D'Ormesson

Prix grand format : 22 €

 

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ISBN : 9782350874432

Editeur : Héloïse d'Ormesson

Prix grand format : 16,99 €

 

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Résumé du livre
La famille Malegarde est réunie à Paris pour fêter les 70 ans de Paul, le père, arboriste de renommée internationale. Sa femme Lauren prépare l'événement depuis deux ans, alors qu'importe les pluies diluviennes qui s'abattent sur la Ville Lumière et contrarient les retrouvailles. Mais Linden, le fils cadet, photographe charismatique, pressent que la redoutable crue de la Seine n'est pas la plus grande menace qui pèse sur l'unité de sa famille. Les secrets enfouis déferlent sous le ciel transpercé par les flots...
Sentinelle de la pluie est un roman d'une rare intensité dramatique où Tatiana de Rosnay déploie une tension psychologique magnifiée par un cadre apocalyptique renversant. Elle fait surgir de l'ordinaire bouleversé, l'insubmersible pouvoir de l'amour et de la rédemption.

 

Premier chapitre

Pour ma famille

 

 

And the stars look very different today.

David Bowie, Space Oddity, 1969

 

 

Je passais au bord de la Seine

Un livre ancien sous le bras

Le fleuve est pareil à ma peine

Il s’écoule et ne tarit pas.

Guillaume Apollinaire, « Marie »

 

 

 

Je commencerai par l’arbre. Parce que tout commence, et se termine, par l’arbre. L’arbre est le plus grand. Il a été planté bien avant les autres. Je ne connais pas son âge exact.

Peut-être trois cents ou quatre cents ans. Il est très vieux et très puissant. Il a essuyé de terribles tempêtes, a résisté à des vents déchaînés. Il est vaillant.

 

L’arbre ne ressemble à aucun autre. Il a son propre rythme.

Le printemps débute pour lui lorsque ses pareils sont déjà en fleur. Vienne la fin avril et les nouvelles feuilles apparaissent sur les branches en hauteur et au milieu.

Ailleurs, il a l’air mort. Noueux, gris et anémique. Il aime bien faire semblant d’être mort. Il a cette intelligence. Et puis soudain, comme une énorme explosion, tous les bourgeons s’ouvrent. L’arbre triomphe avec sa couronne vert pâle.

 

Personne ne peut me trouver quand je suis là-haut. Le silence ne me dérange pas. Ce n’est pas vraiment du silence, car il contient une multitude de petits bruits. Le friselis du feuillage. Le gémissement du vent. Le bourdonnement d’une abeille. Le cri-cri des cigales. Le battement d’une aile d’oiseau. Quand le mistral se lève et balaie la vallée, les milliers de branches mugissent comme la mer. C’est là que je venais jouer. C’était là mon royaume.

 

Je raconte cette histoire aujourd’hui, pour la première et la dernière fois. Je ne suis pas doué pour les mots, ni à l’oral ni à l’écrit. Quand j’aurai terminé, je cacherai ces feuilles. À un endroit où on ne les trouvera pas. Personne ne sait. Personne ne saura. Cette histoire, je vais l’écrire, mais je ne la montrerai pas. Elle demeurera sur ces pages, comme prisonnière.

 


« C’EST COMME ÇA depuis quinze jours », explique le chauffeur de taxi, indolent, à Linden. La pluie tombe à verse, rideau argenté et sifflant, occultant toute la lumière du jour. Il n’est que dix heures du matin, mais on croirait un crépuscule miroitant d’humidité. Le chauffeur de taxi dit qu’il voudrait partir pour de bon, fuir Paris, retrouver le soleil et sa douce Martinique. Alors que la voiture quitte l’aéroport Charles-de-Gaulle et avance au ralenti sur l’autoroute embouteillée puis le périphérique, Linden ne peut que lui donner raison. Les banlieues détrempées composent des amas lugubres de silhouettes cubiques parées d’enseignes au néon criardes qui clignotent sous le déluge. Il demande au chauffeur de mettre la radio, et l’homme salue la perfection de son français, « pour un Américain ». Linden sourit, un rien crispé. C’est pareil chaque fois qu’il revient à Paris. Il explique qu’il est franco-américain, né en France, d’un père français et d’une mère américaine ; il parle les deux langues couramment sans le moindre accent. Pas mal, hein ? Le chauffeur tripote les boutons de la radio, enfin bon, monsieur a quand même l’allure d’un Américain, grand, athlétique, jean, baskets, pas comme ces Parisiens engoncés dans leur costume-cravate.

 

 

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