Extrait

Ropero
de Cathy Berna

Le 12/09/2018 à 07:47 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Cathy Berna

Hachette Romans

13/06/2018

9782016269473

280

15.90 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782016269473

Editeur : Hachette Romans

Prix grand format : 15.90 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782016273234

Editeur : Hachette Romans

Prix grand format : 15.90...77804537....

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Le billet est-là, sur la table, Léonie hésite. Un festival électro-rock en plein air, ce n’est pas son truc. Ce qu’elle aime, elle, c’est la guitare, la musique classique.
Mais ce pass, c’est peut-être une chance de s’évader. D’oublier cette maladie qui lui fait perdre la vue et ces gammes qu'elle ne prend plus plaisir à jouer.
Alors, Léonie se lance. Et c'est au cours de cette nuit d'été inédite qu'elle rencontre Ezra, jeune voyageur marginal qui lui prend la main et va la guider durant tout le festival…
Le temps d’une soirée, ses peurs s’envolent, et son cœur pour la première fois vibre d’un sentiment nouveau et puissant.
Soudain un orage violent éclate et disperse la foule dans un mouvement de panique. Léonie est brutalement séparée d'Ezra. Elle tombe et, impuissante, se recroqueville sur elle-même dans la boue avant d'être piétinée.
Léonie sort de cette épreuve, anéantie.
À bout de forces, elle se laisse glisser peu à peu et s'enferme dans la solitude et la peur. Plus rien ni personne ne compte, ni la musique ni même Ezra.
Et si une guitare mythique signée Sevan Ropero, pouvait changer le cours des choses ?
Ezra se promet de tout faire pour aider Léonie à retrouver l'envie de vivre. Guidé par la légende Ropero, il se met en route vers les montagnes à la recherche du vieux luthier espagnol.

 

Premier chapitre


À Francis

 

 

« Life has just begun

Chase the sun

I’ll be close to you

Keep your heart above

It’s written in your bones »

Bones, Kid Wise

 

 

Le soleil est là, dehors, il cogne. Je suis seule à la maison, les parents sont partis travailler. Perchée sur un tabouret, les coudes sur la toile cirée, je bois du thé. Nous sommes vendredi matin, il fait trop chaud déjà. La canicule s’affiche à chaque bulletin météo.

Je suis épuisée et aussi inhabituellement excitée. On dirait une gamine à la veille de Noël, ou alors une ado bipolaire. J’alterne, entre sourires et larmes.

Demain j’ai seize ans. Je viens d’obtenir mon bac avec un an d’avance et mention. La belle affaire !

J’ai beaucoup pour être heureuse. Un don, l’amour d’une famille, un toit sur la tête, à manger dans mon assiette. J’ai tout ça.

Sauf qu’un truc ne va pas chez moi, un truc qui m’entraîne vers le fond.

Bon.

Soupir.

 

Le billet est là, sur la toile cirée. Cadeau de mon amie Célia. Elle me l’a donné il y a deux jours, je n’ai vraiment pas su comment refuser :

— Tu ne peux pas le revendre ?

— Non, je te l’offre.

— Pourquoi ? Je n’écoute pas ce genre-là… c’est bruyant, ça n’est pas mon univers… Pourquoi tu m’offres ça ?

— Hum… Eh bien… je te l’offre parce que j’ai acheté ce billet il y a deux mois, ce festival est un pur moment de liberté !

— Mais encore ?

— Eh bien… ça fait deux ans que j’y vais et chaque année tu refuses de m’accompagner mais là c’est différent. Cette fois, Mamie est morte, je dois descendre pour l’enterrement et je ne veux pas que le billet soit perdu.

Je connais Célia depuis l’enfance. Elle est plus vieille que moi de deux ans. Ça peut sembler pas grand-chose si on y pense de loin mais, pour moi, c’est comme si elle avait toujours été l’adulte et moi la petite fille, celle que ses parents couvent. Faut dire qu’ils m’adorent, moi, leur petite môme en contrefaçon venue d’Asie, avec ma maladie rare qui m’attaque les yeux. Une maladie orpheline pour l’orpheline ! Je cumule, on va dire. Je cumule pas mal. Célia, c’est elle qui sait où aller lorsque moi, la gamine fragile et trop gâtée, je me perds. La mort de sa grand-mère m’attriste, même si c’est la vie, l’ordre des choses.

Tout est trop fragile.

— Oui mais, ce billet, tu peux l’offrir à quelqu’un de moins… disons de plus…

— De moins aveugle, tu veux dire ?

Elle rit de sa petite blague, avale une gorgée de thé et pose sa main sur la mienne (je peux deviner son regard planté dans le mien au-delà de mes lunettes à double foyer).

— Écoute, Léo, je te demande de prendre le billet et d’aller à ce festival. De vivre trois jours de liberté, de musique, de rencontres, de casser tes habitudes hyper rigides de musicienne classique. Tu vas avoir seize piges et c’est le plus bel âge. Les grandes vacances commencent mais toi, t’as plus de couleur, tu bouffes seulement des biscuits secs que tu partages avec les oiseaux, tu n’es sortie cette année que pour te rendre au conservatoire et au lycée, je suis ta seule amie, tu n’as pas de mec…

 

 

page suivante

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

medias

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

ropero-cathy-berna

6950