Extrait

Quand sort la recluse
de Fred Vargas

Le 17/04/2018 à 11:34 - 0 commentaire

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Prix :

Fred Vargas

Flammarion

06/05/2017

9782081413146

21 €

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ISBN : 9782081413146

Editeur : Flammarion

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Résumé du livre
Trois morts, c'est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n'est pas de notre compétence. - Ce qu'il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J'ai donc rendez-vous demain au Muséum d'Histoire naturelle. - Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?

 

Premier chapitre

I

Adamsberg, assis sur un rocher de la jetée du port, regardait les marins de Grimsey rentrer de la pêche quotidienne, amarrer, soulever les filets. Ici, sur cette petite île islandaise, on l'appelait « Berg ». Vent du large, onze degrés, soleil brouillé et puanteur des déchets de poisson. Il avait oublié qu'il y a un temps, il était commissaire, à la tête des vingt-sept agents de la Brigade criminelle de Paris, 13e arrondissement. Son téléphone était tombé dans les excréments d'une brebis et la bête l'y avait enfoncé d'un coup de sabot précis, sans agressivité. Ce qui était une manière inédite de perdre son portable, et Adamsberg l'avait appréciée à sa juste valeur.

Gunnlaugur, le propriétaire de la petite auberge, arrivait lui aussi au port, prêt à choisir les meilleures pièces pour le repas du soir. Souriant, Adamsberg lui adressa un signe. Mais Gunnlaugur n'avait pas sa tête des bons jours. Il vint droit vers lui, négligeant le début de la criée, sourcils blonds froncés, et lui tendit un message.

— Fyrir þig, dit-il en le montrant du doigt. [Pour toi.]

— Ég ? [Moi ?]

Adamsberg, incapable de mémoriser les rudiments les plus enfantins d'une langue étrangère, avait acquis ici, inexplicablement, un bagage d'environ soixante-dix mots, le tout en dix-sept jours. On s'exprimait avec lui le plus simplement possible, avec force gestes.

De Paris, ce papier venait de Paris, forcément. On le rappelait là-bas, forcément. Il ressentit une triste rage et secoua la tête en signe de refus, tournant son visage vers la mer. Gunnlaugur insista en dépliant le feuillet puis en le lui glissant entre les doigts.

Femme écrasée. Un mari, un amant. Pas si simple. Présence souhaitée. Informations suivent.

 

 

Adamsberg baissa la tête, sa main s'ouvrit et laissa filer la feuille au vent. Paris ? Comment cela, Paris ? Où était-ce, Paris ?

— Dauður maður ? demanda Gunnlaugur. [Un mort ?]

— Já. [Oui.]

— Ertu að fara, Berg ? Ertu að fara ? [Tu pars, Berg ? Tu pars ?]

Adamsberg se redressa pesamment, leva le regard vers le soleil blanc.

— Nei, dit-il. [Non.]

— Jú, Berg, soupira Gunnlaugur. [Si, Berg.]

— Já, admit Adamsberg. [Oui.]

Gunnlaugur lui secoua l'épaule, l'entraînant avec lui.

— Drekka, borða, dit-il. [Boire, manger.]

— Já. [Oui.]

 

Le choc des roues de l'avion sur le tarmac de Roissy-Charles de Gaulle lui déclencha une migraine subite, telle qu'il n'en avait pas connu depuis des années, en même temps qu'il lui semblait qu'on le rouait de coups. C'était le retour, l'attaque de Paris, la grande ville de pierre. À moins que ce ne fussent les verres avalés la veille pour honorer son départ, là-bas, à l'auberge. Ils étaient pourtant bien petits, ces verres. Mais nombreux. Et c'était le dernier soir. Et c'était du brennívin.

Un regard furtif par le hublot. Ne pas descendre, ne pas y aller.

Il y était déjà. Présence souhaitée.

 

 

II

Le mardi 31 mai, seize agents de la Brigade étaient installés dès neuf heures en salle de réunion, fin prêts, avec ordinateurs, dossiers et cafés, pour présenter au commissaire le déroulé des événements qu'ils avaient eu à gérer en son absence, dirigés par les commandants Mordent et Danglard. L'équipe exprimait par sa décontraction et son soudain bavardage le contentement de le revoir, de retrouver son visage et ses allures, sans se demander si son séjour au nord de l'Islande, dans la petite île des brouillards et des flots mouvants, avait ou non altéré sa trajectoire. Et si oui, qu'importe, se disait le lieutenant Veyrenc qui, comme le commissaire, avait poussé parmi les pierres des Pyrénées et le comprenait aisément. Il savait qu'avec le commissaire à sa tête, la Brigade tenait plus d'un large navire à voiles, parfois cinglant vent arrière ou bien rôdant sur place, voilure affalée, que d'un puissant hors-bord dégageant des torrents d'écume.

 

 

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