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Proche-orient : le pouvoir, la terre et l'eau
de Pierre Blanc

Le 12/12/2013 à 04:43 - 0 commentaire

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Pierre Blanc

Presses De Sciences Po

geopolitique politique

13/09/2012

9782724612615

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28 €

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Résumé du livre
Au Proche-Orient, la terre et l'eau cristallisent les jeux de pouvoir et les rivalités. La question foncière joue un rôle clé dans les bouleversements politiques que connaît cette région depuis le milieu du XXe siècle. Et l'accès à l'eau – dont la plus grande part est destinée à l'irrigation – suscite d'âpres compétitions inter- et intra-étatiques. Dans cet espace aride, l'essor démographique et les risques liés aux changements climatiques accroissent les tensions autour des questions agraires et alimentaires. De plus, l’agriculture, secteur à forte dimension identitaire et territoriale, est souvent utilisée au service de politiques de contrôle de l’espace. Se concentrant sur cinq foyers géopolitiques importants du Proche-Orient – Liban, Syrie, Israël et territoires palestiniens, Jordanie, Égypte – cet ouvrage rappelle la place centrale de l’agriculture dans les stratégies de puissance et les logiques conflictuelles. Une leçon qui s’applique au Proche-Orient comme au reste du monde.

 

Premier chapitre

 

 

Introduction

 

La moitié des habitants de la planète vivent dans des zones où l’agriculture demeure l’activité principale. Cette réalité flagrante est pourtant largement ignorée des médias et des débats publics. Souvent disqualifiée sur le plan économique, l’agriculture, qui recouvre des réalités bien différentes1, est presque devenue un monde du silence. Sur le Vieux Continent, les agriculteurs sont largement absents de la scène politique, même s’ils conservent une place plus importante que ne le supposerait leur très faible poids démographique.

Les paysanneries « d’ailleurs » ne font pas davantage partie de nos préoccupations, alors qu’elles sont pléthoriques et que leur sort, peu enviable, suscite agitations sociales et politiques. Est-ce par manque d’intérêt de la part de nos médias ou parce que les difficultés qui accablent ces populations les empêchent de se montrer plus actives politiquement, conformément à la thèse de Karl Marx qui veut que ces « paysans parcellaires2 », coupés les uns des autres par leur mode de production, soient incapables de faire émerger une « conscience de classe » porteuse de revendications communes ?

En fait, il semble que l’on ait du mal à voir que certaines crises politiques participent de crises agricoles, au point qu’Eric R. Wolf a pu parler de « guerres paysannes » au XXe siècle3.

 

 

L’agriculture est un sujet géopolitique

 

Même si leur acuité politique est oblitérée, l’agriculture et, par extension, l’alimentation peuvent se lire selon un prisme géopolitique. Encore faut-il s’entendre sur la définition de ce terme quelque peu galvaudé, dont le caractère polysémique finit par occulter le signifié.

 

 

En phase avec la « nouvelle géopolitique »

 

Passons sur les approximations journalistiques où la géopolitique est invoquée à tout propos dès qu’il est question de relations internationales. Passons également sur la géopolitique en tant que façon de penser le territoire, comme l’ont fait certains auteurs au service de la puissance allemande dans la première moitié du XXe siècle4 (Ratzel, Kjelen, Hauschoffer). Rappelons toutefois que la notion d’« espace vital » (Lebensrum) emprunte à la question agricole, tant ces auteurs considéraient la capacité à nourrir la population comme une nécessité impérieuse pour l’Allemagne. Heureusement, ce « pêché originel » de la géopolitique, qui servait à faire la guerre pour reprendre la formule d’Yves Lacoste5, a depuis longtemps laissé la place à une approche plus académique et plus indépendante des pouvoirs politiques.

Pour autant, les définitions de la géopolitique divergent selon les spécialistes. Dans un ouvrage paru en 1990, Géopolitique : les voies de la puissance, Pierre-Marie Gallois la définit comme « l’étude des relations qui existent entre la conduite d’une politique de puissance portée sur le plan international et le cadre géographique dans lequel elle s’exerce6 ». Cependant, même si la situation et les caractéristiques géographiques d’un pays ont une influence sur la façon dont un État se projette à l’extérieur de son territoire, d’autres éléments jouent sur les postures géopolitiques. Par exemple, si les poussées territoriales s’expliquent souvent par l’enclavement géographique, les représentations de l’histoire ou les mobiles ethnoreligieux peuvent aussi être déterminants.

 

 

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