Extrait

Ponce Pilate
de Aldo Schiavone

Le 01/12/2016 à 07:49 - 0 commentaire

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ISBN :

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Prix :

Aldo Schiavone

Fayard

19/10/2016

9782213700366

248

19 €

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ISBN : 9782213699707

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Résumé du livre
Seul dialogue connu de Jésus avec un représentant de l’autorité romaine, la confrontation de Ponce Pilate avec le Christ est un épisode unique dans le récit chrétien. Jalon majeur du drame de la Crucifixion, il est à l’intersection entre mémoire et histoire.Retraçant les étapes qui ont conduit Jésus à la mort et analysant le contexte historique de la Judée antique, Aldo Schiavone construit un portrait magistral du préfet romain, de sa culture, de son cadre de pensée. Et si l’auteur interroge les événements qui ont abouti à la condamnation de celui qui se présentait comme le Fils de Dieu, son propos est bien plus d’explorer les contours d’un face à face, presque un duel, entre deux hommes, entre deux traditions. Il guide alors le lecteur jusqu’aux fondements d’une mémoire qui a nourri et façonné les formes de la pensée occidentale moderne. Historien de renommée internationale, Aldo Schiavone a dirigé l’Institut italien de sciences humaines. Il est l’un des plus grands spécialistes du droit romain et son ouvrage Ius : l’invention du droit en Occident (Einaudi, 2005 ; trad. fr. Belin, 2009) est une référence. (trad. Marilène Raiola)

 

Premier chapitre

Avant-propos


1. Deux hommes se font face, dans la lumière du petit matin. Ils sont proches, se parlent, partagent un même espace. L’un est un prisonnier, peut-être enchaîné, l’autre un juge enquêteur.

La scène est comme en suspens ; l’atmosphère est tendue, électrique – tout peut encore arriver. Le rapport de forces est déséquilibré et écrasant : on comprend que la situation peut dégénérer en un rien de temps, la violence exploser d’un moment à l’autre ; et c’est effectivement ce qui va se produire. Ce n’est pas un dialogue. C’est un interrogatoire.

Pourtant, à la seconde où il a rencontré le prévenu, celui qui semble être aux commandes a basculé dans une irrémédiable infériorité, qui l’écrase (à nos yeux) par rapport à la puissance invisible de celui qui est devant lui, désarmé et seul.

Si bouleversante soit-elle, cette inversion des rôles ne transparaît pourtant pas. Elle est pour ainsi dire refreinée, occultée, et sa révélation différée. C’est comme si ses effets avaient lieu dans une autre dimension, encore lointaine, quoique déjà essentielle ; et, de fait, ce sera uniquement en la rappelant à notre attention que nous pourrons clarifier, en temps voulu, le tournant crucial qui devait marquer cette confrontation. Pour l’heure, les conditions qui maintiennent les deux personnages dans leur jeu de dupes ne sont pas remises en cause. Le tableau demeure dramatique et le contraste vibrant. Ce n’est pas de la fiction : une vie est réellement en jeu. Et c’est précisément la scission entre ces deux opposés – ce qui apparaît et ce qui se cache – qui lui confère son pathos si particulier.

Au centre de la scène, on ne perçoit que le pouvoir incontesté de celui qui mène l’enquête, même si nous savons que cette domination est en réalité partielle, incomplète. Elle n’existe qu’en fonction d’un renversement total, qui transformera le perdant en vainqueur. En acceptant jusqu’au bout ce qui l’attend, ce dernier se prépare une apothéose absolue.

Considérons la position du juge.

On peut être amené, parfois, à jouer un rôle bien au-dessus de ses moyens : et cela par le plus grand des hasards, sans l’avoir voulu, ou tout du moins sans s’en rendre compte.

D’ordinaire, ce décalage est rare : ce qui nous arrive, du fait même que nous l’avons envisagé ou voulu, est presque toujours à notre portée. Un principe de cohérence inflexible régit habituellement la mécanique de nos existences, à quelque échelle dussent-elles se dérouler.

Mais lorsque l’unité de mesure en vient à se briser, il en résulte des conséquences aux effets dévastateurs, surtout si les événements se précipitent et que tout se joue en l’espace de quelques heures. Le déséquilibre créé peut soit exalter celui qui le subit, le propulsant dans un nouvel ordre de grandeur, soit le détruire, soit le faire tout simplement tomber dans le ridicule. En somme, il peut être à l’origine de l’épopée, de la tragédie ou de la comédie, éventuellement mêlées, selon les circonstances ou les différentes inclinations des protagonistes.

 

 

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