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Photo de groupe au bord du fleuve
de Emmanuel Dongala

Le 17/02/2015 à 11:18 - 0 commentaire

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ISBN : 9782742789306

Editeur : Actes Sud

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Résumé du livre
Ce matin, quand Méréana se réveille, elle sait que la journée qui l'attend ne sera pas comme les autres.
Elles sont une quinzaine à casser des blocs de pierre dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Elles viennent d'apprendre que la construction d'un aéroport a fait considérablement augmenter le prix du gravier, et elles ont décidé ensemble que le sac qu'elles cèdent aux intermédiaires coûterait désormais plus cher, et que Méréana serait leur porte-parole dans cette négociation. L'enjeu de ce qui devient rapidement une lutte n'est pas seulement l'argent et sa faculté de transformer les rêves en projets - recommencer des études, ouvrir un commerce, prendre soin de sa famille...
Malgré des vies marquées par la pauvreté, la guerre, les violences sexuelles et domestiques, l'oppression au travail et dans la famille, les "casseuses de cailloux" découvrent la force collective et retrouvent l'espoir. Cette journée ne sera pas comme les autres, c'est sûr, et les suivantes pourraient bien bouleverser leur existence à toutes, à défaut de changer le monde. Par sa description décapante des rapports de pouvoir dans une Afrique contemporaine dénuée de tout exotisme, Photo de groupe au bord du fleuve s'inscrit dans la plus belle tradition du roman social et humaniste, l'humour en plus. © ACTES SUD, 2007 Afrique

 

Premier chapitre

UN

 

Tu te réveilles le matin et tu sais d’avance que c’est un jour déjà levé qui se lève. Que cette journée qui commence sera la soeur jumelle de celle d’hier, d’avant-hier et d’avant-avant-hier. Tu veux traîner un peu plus au lit, voler quelques minutes supplémentaires à ce jour qui pointe afin de reposer un brin plus longtemps ton corps courbatu, particulièrement ce bras gauche encore endolori par les vibrations du lourd marteau avec lequel tu cognes quotidiennement la pierre dure. Mais il faut te lever, Dieu n’a pas fait cette nuit plus longue pour toi.

 

Tes trois enfants dorment encore, deux garçons et une fille. Les deux garçons partagent un matelas étalé sur un contreplaqué à même le sol, dans la pièce qui sert de salon. La fille dort avec toi. Tu l’as recueillie, il y a un peu plus d’un an, après le décès de sa mère, ta soeur cadette. Morte du sida. Injuste mort. C’est à peine si elle y avait cru, lorsqu’elle s’était aperçue que tous les symptômes de sa maladie pointaient vers le sida : le zona, l’amaigrissement, le début des diarrhées et la toux tuberculeuse.

Lorsqu’elle avait reçu les résultats des tests et qu’elle t’avait dit qu’ils indiquaient de façon irréfutable qu’elle était malade du sida, une soudaine peur panique t’avait saisie avant de se transformer en une virulente colère envers son mari, et pour cause !

Tamara ta sœur n’avait jamais eu de transfusion sanguine, et les rares fois que ses crises de paludisme ne passaient pas avec des comprimés de chloroquine et qu’il lui fallait des injections à base d’artémisinine ou de quinine, elle avait toujours utilisé des seringues à usage unique. Mieux encore, tu étais convaincue que cette petite sœur bien-aimée dont tu avais pris soin toute ta vie avait toujours été fidèle à son mari et probablement avait-il été le premier homme avec qui elle avait fait l’amour. Comment le savais-tu ? Instinct de grande sœur ! En conséquence, celui qui l’avait contaminée ne pouvait être que cet homme-là qui était devenu son mari. Ta colère contre lui redoublait chaque fois que tu le voyais s’asseoir auprès d’elle, affectueux, attentionné, lui essuyant de temps en temps le front avec son mouchoir, lui caressant les cheveux, lui parlant amoureusement. L’hypocrite ! En brisant ainsi une vie en plein essor, cet individu n’était rien de moins qu’un assassin car, en plus d’ôter la vie à une sœur et de priver un enfant de sa mère, il tuait aussi l’unique intellectuelle de la famille. Triste à dire, mais en Afrique il n’y a pas que le sida et la malaria qui tuent, le mariage aussi.

Incapable de contenir tes soupçons et ta colère, tu avais décidé d’affronter ta sœur pour lui révéler l’affreuse vérité sur cet homme qu’elle continuait à aimer. Assise au bord de son lit et lui tenant la main, tu avais eu du mal à maîtriser le flot de tes invectives tandis qu’elle te regardait sans bouger avec des yeux qui paraissaient énormes dans son visage émacié. Quand enfin tu avais cessé de parler, une esquisse de sourire s’était dessinée sur ses lèvres. D’une voix affaiblie par la maladie, elle t’avait dit :

 

 

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