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Phoques de san francisco (les)
de Pierre Mertens

Le 03/07/2014 à 19:16 - 0 commentaire

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Pierre Mertens

Seuil

romans et fiction romanesque

17/04/1991

9782020132145

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Résumé du livre
Où on voit un écrivain célèbre proposer à un débutant de reconstituer la vérité de sa vie et rendre justice au bonheur que lui-même fut incapable d'exprimer dans son oeuvre. Mais était-ce un rêve ou un cauchemar? (La loyauté du contrat. ) Où on découvre qu'un menu chagrin peut équilibrer - et compromettre - toute la gloire du monde. (Qu'est-ce que tu deviens? ) Où il est rappelé que point n'est nécessaire d'aller en Uruguay pour rencontrer Lautréamont, ce que l'on savait déjà, mais la chose peut entraîner d'incalculables conséquences. (Souvenir de Montevideo. ) Où on constate que l'existence peut devenir aussi arbitraire que les plus mauvaises lectures. (Une vie illisible. ) Où il s'avère que les murs qui entourent les villes ne s'effondrent pas toujours vers l'intérieur, et que la liberté des uns peut faire la servitude des autres. (A l'aller elle préfère le retour. ) Où il apparaît que, dans les congrès d'écrivains, les coulisses importent davantage que la scène, et que, quand on aime, on peut réduire à néant les décalages horaires. (Les phoques de San Francisco. )Il faut supposer Faust intelligent, échangeant panfois son rôle avec le diable en inversant les termes du pacte. On peut imaginer Ulysse n'ayant pas effectué le moindre détour pour rejoindre sa compagne. Ces textes qui jouent à saute-mouton les uns avec les autres, et qui enfourchent des tigres, composent le roman vrai de nos désenchantements et de nos euphories. A propos: on trouve vraiment des phoques à San Francisco.

 

Premier chapitre

Ainsi l’obscur sera lumière ; le repos, danse.

A Michel del Castillo

« Eh bien, nous voici rendus à bon port ! déclara le jeune Timothy Compton, en empilant les uns sur les autres les boîtiers de fer-blanc circulaires qui contenaient les rouleaux de pellicule. Sept heures d’émission ! Je suis presque sûr que la BBC n’en a jamais fait autant pour un auteur encore vivant…

– Ma pierre tombale, en somme…, dit Stephen Millwood.

– Mais, au contraire, Sir Stephen : ces entretiens regorgent de vitalité. Le téléspectateur ne s’y trompera pas !

– Pas trop abstraite, pensez-vous, cette paraphrase de l’œuvre ?

– Mais non, quelle idée ! Vos commentaires sonnent si juste…

– Ni trop anecdotique ?

– Ma parole ! Vous partez à la pêche aux compliments !

– Ce n’est pas mon genre, monsieur Compton. Rien qu’une légitime inquiétude. Au reste, je sais que tout cela est bon à mettre au panier. Et si cela ne tenait qu’à moi, croyez bien que…

– Si je ne craignais de vous vexer, Sir Stephen, je crierais à la fausse modestie !

– Et vous auriez tort, jeune homme. Sans vouloir vous choquer, puis-je savoir combien vous touchez, mon cher, pour accomplir cette tâche un peu… mercenaire, et indigne de vous ? Vous savez, j’ai lu vos poèmes. Croyez-moi ou non : cela vaut, à mon sens, le meilleur Rupert Brooke. Pourquoi pensez-vous que je me sois confié à vous avec aussi peu de réticence ? Sans parler, bien sûr, de la pertinence de vos questions…

– Mais je n’ai, à ce jour, objecta Timothy Compton, en rougissant, publié qu’un unique recueil… Un livre de débutant.

– Et alors ? Vous ne comptez pas en rester là, je suppose ? D’ailleurs, je vais y veiller. C’est là que je voulais en venir, voyez-vous ? Vous êtes à l’âge où vous ne devriez pas perdre votre œuvre des yeux. Aimeriez-vous écrire un livre sur moi ?

– A partir de notre dialogue ?

– Rien à voir. Un livre dont vous seriez l’auteur à part entière…

– Mais il existe déjà deux ou trois biographies de vous : celle de Stewart, qui est sérieuse, celle de Blossom, qui me semble plus inspirée… Et puis, il y a toutes les exégèses, les thèses qu’on a menées à bien à Oxford, à Cambridge, à Montréal, à Canberra…

– Et qui vous parle de biographie, cher ami ? Ou d’un travail critique ? Je pense à une œuvre de vous, d’une autre nature…

– Excusez-moi, Sir Stephen, si je vous suis mal. Il me semble que peu d’auteurs contemporains ont été aussi célébrés, consacrés, commentés que vous l’êtes. On ne peut pas dire que vous soyez un auteur maudit…

– Un écran de fumée, jeune homme. Une lumière noire ! L’arbre qui cache la forêt, la luxuriante jungle…

– Sauf votre respect, Sir Stephen : compte tenu que votre œuvre est essentiellement autobiographique, nous aurions quelque peine à supposer qu’un élément essentiel de votre parcours, une clé de votre destin n’y figurerait pas…

 

 

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