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Personne ne disparaît
de Lacey, Catherine

Le 29/03/2017 à 10:05 - 0 commentaire

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Lacey, Catherine

Actes Sud

03/02/2016

9782330057985

22 €

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ISBN : 9782330057985

Editeur : Actes Sud

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ISBN : 9782330062125

Editeur : Éditions Actes Sud

Prix grand format : 16.99 €

 

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Résumé du livre
Du jour au lendemain, Elyria quitte tout. Direction la Nouvelle-Zélande, et la chambre d’amis vaguement offerte par un vieux poète reclus, rencontré lors d’une soirée littéraire à New York. Course poursuite intime sur fond de bout du monde, le récit de cette fugue mal barrée est celui de la douloureuse déception d’être soi et d’une tentative méfiante de renouer avec la vie, le monde, les autres. Premier roman diablement séduisant, porté par une voix d’une originalité radicale, Personne ne disparaît est un précipité d’inespoir et d’inadaptation aussi déchirant que – divine surprise – drôle.
traduit de l’anglais (États-Unis) par Myriam Anderson

 

Premier chapitre

à la mémoire de M. G.

 

 

There sat down, once, a thing on Henry’s heart

só heavy, if he had a hundred years

& more, & weeping, sleepless, in all them time

Henry could not make good.

Starts again always in Henry’s ears

the little cough somewhere, an odour, a chime.

And there is another thing he has in mind

like a grave Sienese face a thousand years

would fail to blur the still profiled reproach of. Ghastly, with open eyes, he attends, blind.

All the bells say: too late. This is not for tears; thinking.

But never did Henry as he thought he did,

end anyone and hacks her body up

and hide the pieces, where they may be found.

He knows: he went over everyone, & nobody’s missing.

Often he reckons, in the dawn, them up.

Nobody is ever missing.

John Berryman,

“Dream Song 29”.

 

 

1

 

Ça se peut qu’il y ait dans ce monde des gens qui sachent lire dans les pensées des autres sans le vouloir, et si des gens comme ça existent, alors je suis à peu près sûre que mon mari est l’un d’entre eux. J’y pense à cause de ce qui s’est passé pendant la semaine où je savais que j’allais partir bientôt, mais pas lui ; je savais qu’il fallait que je lui parle, mais j’échouais à imaginer un moyen de forcer ma bouche à formuler les mots, et comme mon mari peut, sans le vouloir, lire dans les pensées, il a bu beaucoup plus que d’habitude cette semaine-là, surtout des bonbonnes de gin, mais aussi des grandes bières de la supérette. Il entrait dans une pièce, sirotant sa canette cachée dans un sac en papier, tout sourire, comme si c’était une blague.

Je me mettais à rire.

Il se mettait à rire.

À l’intérieur de notre rigolade, on ne riait pas vraiment.

Le matin de mon départ, il est sorti du lit, s’est habillé, a quitté la chambre. Je suis restée complètement réveillée sous mes paupières verrouillées jusqu’à ce que j’entende la porte d’entrée se refermer. J’ai quitté l’appartement à midi avec mon sac à dos et je me suis sentie tellement mal, tellement bizarre, qu’au lieu de descendre dans le métro je suis entrée dans un bar. J’ai commandé un double bourbon même si je n’ai pas l’habitude de boire comme ça et le barman m’a demandé d’où je venais et j’ai répondu d’Allemagne, sans raison, ou peut-être pour qu’il n’essaie pas de me parler, ou peut-être parce que j’avais besoin de vivre dans une autre histoire pendant une demi-heure : j’étais une Allemande solitaire, venue voir la Statue von la Liberté et le Square von le Temps et le Park von Central (pas une femme prenant un aller simple pour un pays où elle ne connaissait qu’une seule personne, qui lui avait un jour vaguement offert de profiter de sa chambre d’amis, le genre d’offre, quand elle y repensait, qu’on fait quand on sait qu’elle ne sera pas prise au mot, mais il était trop tard, car ça y était, je la prenais, et voilà voilà voilà).

Un homme s’est installé sur le tabouret d’à côté malgré la longue rangée de tabourets vides, a commandé un jus de canneberge avec rien.

 

 

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