Extrait

Ör
de Audur Ava Ólafsdóttir

Le 24/11/2017 à 12:15 - 0 commentaire

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Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Audur Ava Ólafsdóttir

Zulma

05/10/2017

9782843048067

236

19 €

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ISBN : 9782843048067

Editeur : Zulma

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ISBN : 9782843048098

Editeur : ZULMA

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Résumé du livre
Se décrivant lui-même comme un « homme de quarante-neuf ans, divorcé, hétérosexuel, sans envergure, qui n’a pas tenu dans ses bras de corps féminin nu – en tout cas pas délibérément – depuis huit ans et cinq mois », Jónas Ebeneser n’a qu’une passion : restaurer, retaper, réparer. Mais le bricoleur est en crise et la crise est profonde. Et guère de réconfort à attendre des trois Guðrún de sa vie – son ex-femme, sa fille, spécialiste de l’écosystème des océans, un joli accident de jeunesse, et sa propre mère, ancienne prof de maths à l’esprit égaré, collectionneuse des données chiffrées de toutes les guerres du monde… Doit-il se faire tatouer une aile de rapace sur la poitrine ou carrément emprunter le fusil de chasse de son voisin pour en finir à la date de son choix ? Autant se mettre en route pour un voyage sans retour à destination d’un pays abîmé par la guerre, avec sa caisse à outils pour tout bagage et sa perceuse en bandoulière. Ör est le roman poétique et profond, drôle, délicat, d’un homme qui s’en va, en quête de réparation.

 

Premier chapitre

À toutes les victimes inconnues, infirmiers, enseignants, serveurs, poètes, écoliers, bibliothécaires, électriciens.

Et aussi à J.

 

 

La formation d’une cicatrice est une phase normale du processus biologique lorsque se referme la lésion subie par la peau ou un autre tissu à la suite d’un accident, d’une maladie ou d’une intervention chirurgicale. Là où l’organisme ne parvient pas à rétablir l’exacte texture du tissu lésé, s’en forme un nouveau dont la texture et les propriétés diffèrent de celui, intact, qui l’entoure.

 

« Le nombril est notre point central, notre milieu, autant dire le centre de l’univers. C’est la cicatrice d’une fonction qui n’est plus. »

 

(www.bland.is)

 

 

I.

Chair

 

 

II.

Cicatrices

 

 

31 MAI

 


Je sais bien que j’ai l’air ridicule, tout nu, mais je me déshabille quand même. J’enlève d’abord mon pantalon et mes chaussettes, puis je déboutonne ma chemise, laissant apparaître un nymphéa d’un blanc éclatant sur ma chair rose, sur le côté gauche de la cage thoracique, à une demi-lame de couteau du muscle qui pompe huit mille litres de sang par jour, je termine par mon caleçon. Dans cet ordre. Ça ne prend pas longtemps. Me voilà nu, debout sur le parquet, devant la femme, tel que Dieu m’a fait, avec quarante-neuf ans et six jours de plus. Non que mes pensées aillent vers Dieu en cet instant précis. Il y a encore trois lattes de parquet entre elle et moi, du pin rouge de la forêt environnante, laquelle est parsemée de mines explosives. Chaque planche mesure dans les trente centimètres de large, sans compter les interstices, je tends la main, tâtonnant dans sa direction comme un aveugle qui cherche des points de repère, j’approche le bout des doigts de l’enveloppe extérieure de son corps, la peau. Un rai de lune caresse son dos par la fente des rideaux. Elle fait un pas vers moi, j’avance sur une latte qui grince, tandis qu’elle aussi tend la main, ajuste sa paume contre ma paume, ligne de vie contre ligne de vie ; je sens aussitôt un afflux tumultueux dans ma carotide, une pulsation dans mes genoux et mes bras ; je sens le flot sanguin se répandre dans mes organes. Il y a du papier peint à motif de feuillage sur le mur au-dessus du lit de la chambre numéro onze de l’Hôtel Silence et je me dis que demain je poncerai le parquet avant de le cirer.

 

 

I.

Chair

 

 

La peau est l’organe le plus étendu du corps. Celle d’un homme adulte mesure environ deux mètres carrés et pèse approximativement cinq kilos. On parle plutôt de cuir ou de couenne au sujet des autres vertébrés.

 

 

5 MAI

 


La table du Salon de tatouage de Tryggvi est couverte de petits flacons de verre contenant de l’encre de toutes les couleurs et le jeune homme me demande si j’ai déjà choisi une image, ou si j’envisage plutôt un motif personnel ou un symbole.

Son corps à lui est entièrement couvert de tatouages. J’observe le reptile qui serpente jusqu’à son cou pour se lover autour d’une tête de mort. L’encre irrigue tout son épiderme ; le haut du bras maniant l’aiguille est cerclé d’un triple fil de fer barbelé.

 

 

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