Extrait

Nuit
de Bernard Minier

Le 05/01/2018 à 14:52 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Bernard Minier

Xo

21/02/2017

9782845638273

21.90 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782845638273

Editeur : Xo

Prix grand format : 21.90 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782845639164

Editeur : Xo

Prix grand format : 13,99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l'hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L'inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d'une technicienne de la base off-shore.
Un homme manque à l'appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz.
L'absent s'appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Etrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Suivi, épié.
Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d'un enfant.
Au dos, juste un prénom : GUSTAV Pour Kirsten et Martin, c'est le début d'un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.


Après Glacé, récemment adapté en série pour M6, Le Cercle et N'éteins pas la lumière, Bernard Minier, auteur incontournable du thriller français, signe le grand retour du commandant Servaz. Les livres de Bernard Minier sont traduits dans dix-neuf langues.

 

Premier chapitre

À Laura Muñoz, ce roman

qui est aussi le sien.

 

 

À Jo.

 

 

Qui chevauche si tard à travers la nuit et le vent ?

C’est le père avec son enfant.

Goethe

Une autre fois.

Il faisait nuit encore.

Yves Bonnefoy

 

 

Prélude

 

Elle regarde sa montre. Bientôt minuit.

Train de nuit. Les trains de nuit sont comme des failles dans l’espace-temps, des univers parallèles : la vie tout à coup suspendue, le silence, l’immobilité. Les corps engourdis ; somnolences, rêves, ronflements… Et puis le galop régulier des roues sur les rails, la vitesse qui emporte les corps – ces existences, ces passés et ces avenirs – vers un ailleurs encore dissimulé dans les ténèbres.

Car qui sait ce qui peut advenir entre le point A et le point B ?

Un arbre tombé sur la voie, un voyageur malintentionné, un conducteur somnolent… Elle y songe sans vraiment s’appesantir, plus par désœuvrement que par crainte. Elle est seule dans le wagon depuis Geilo et – pour autant qu’elle a pu en juger – personne n’est monté entre-temps. Ce train s’arrête partout. Asker. Drammen. Hønefoss. Gol. ål. Parfois dans des gares dont les quais auront bientôt disparu sous la neige, réduites à un ou deux baraquements symboliques, comme à Ustaoset, où est descendue une seule personne. Elle aperçoit des lumières, au loin, dérisoires dans l’immense nuit norvégienne. Quelques maisons isolées qui laissent leurs lampes de seuil allumées toute la nuit.

Personne dans le wagon : on est mercredi. Du jeudi au lundi, l’hiver venu, le train est presque bondé, essentiellement des jeunes et des touristes asiatiques, car il dessert les stations de ski. L’été, les quatre cent quatre-vingt-quatre kilomètres de la ligne Oslo-Bergen ont même la réputation d’être un des chemins de fer les plus spectaculaires au monde, avec ses cent quatre-vingt-deux tunnels, ses viaducs, ses lacs et ses fjords. Mais au cœur de l’automne nordique, par une nuit glaciale comme celle-ci, en milieu de semaine, il n’y a pas âme qui vive. Le silence qui règne d’un bout à l’autre de l’allée centrale, entre les rangées de sièges, est certes un poil oppressant. Comme si un signal d’alarme avait vidé le train à son insu.

Elle bâille. Malgré la couverture et le masque de nuit mis à sa disposition, elle ne parvient pas à s’endormir. Pas vraiment. Elle est toujours aux aguets dès qu’elle sort de chez elle. C’est son métier qui veut ça. Et ce train vide n’aide guère à se relâcher.

Elle prête l’oreille. Aucune voix ne lui parvient. Pas même le bruit d’un corps qui remue, d’une porte qu’on repousse ou d’un bagage qu’on déplace.

Son regard glisse sur les sièges inoccupés, les cloisons grises, l’allée centrale vide et les vitres obscures. Elle soupire et s’efforce de fermer les yeux.


Le train rouge jaillit du tunnel noir, telle la langue d’une bouche dans le paysage de glace. Bleu ardoise de la nuit, noir opaque du tunnel, blanc bleuâtre de la neige et gris légèrement plus sombre de la glace. Et puis, soudain, ce trait rouge vif – pareil à une traînée de sang qui vint couler jusqu’au bord du quai.

 

 

page suivante

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

medias

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

nuit-bernard-minier

6648