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Nouvelles de la mère patrie
de Dmitry Glukhovsky

Le 22/02/2018 à 14:00 - 0 commentaire

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Dmitry Glukhovsky

L'Atalante

22/02/2018

9782841728459

210

14.90 €

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ISBN : 9782841728459

Editeur : L'Atalante

Prix grand format : 14.90 €

 

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Résumé du livre
Nouvelles de la mère patrie est un recueil de textes écrits à l'origine pour la presse russe, car avant même d'être auteur, Dmitry Glukhovsky est journaliste. Un journaliste sorti de l'école qui forme aujourd'hui, comme elle le faisait hier, les journalistes du Kremlin. Comme tous ceux de sa génération, il est le témoin des changements que traverse la Russie : un pas en avant, deux pas en arrière. Une Russie, où il n'a jamais fait bon d'évoquer et encore moins de coucher par écrit certains sujets sensibles : le pouvoir, ses dérives, ses compromissions, sa corruption...
C'est bien dans la lignée des auteurs de science-fiction soviétiques qu'il inscrit son oeuvre, de manière générale, et les nouvelles qui composent ce recueil, en particulier. On pense aux frères Strougatski, bien sûr, dont les romans pourtant truffés de critiques à l'égard du régime ont toujours échappé à la censure ; à croire que la métaphore se joue de l'esprit retors des bureaucrates censés débusquer la moindre velléité d'insoumission.

 

Premier chapitre

PARFOIS ILS REVIENNENT…

 

 

Par ses dimensions, le yacht blanc comme neige faisait penser à un paquebot, et par sa ligne au fleuron d’une flotte intergalactique extraterrestre. À bord, on ne ressentait jamais ni tangage ni roulis et, à cet instant, malgré une mer agitée, il y régnait une torpeur de fin d’après-midi.

Sur la ligne d’horizon, écrasées entre un ciel et une mer bleu clair, s’étiraient des îles minuscules. La végétation tropicale luxuriante jaillissant du sable blanc les faisait ressembler à des géants de contes de fées coiffés de képis sortant de l’écume. Ces îlots étaient en réalité les sommets de volcans sous-marins éteints depuis une éternité.

L’objectif premier avait été une plongée en bouteilles, mais les vagues malmenant le canot à moteur, on avait décidé d’attendre que la mer se calmât ; il restait suffisamment de temps.

Deux hommes élégants en peignoir blanc tuaient leur ennui dans des chaises longues en chêne foncé près d’une piscine olympique remplie d’eau de mer. Un peu plus loin, à côté des moulinets des cannes à pêche, se tenait un Français à l’apparence soignée, occupé à caresser d’une main experte les platines devant lui, qui déversaient par les belles enceintes acoustiques en bois précieux un mix électro lounge, et de l’autre les fesses émaciées d’une Indienne en bikini jaune néon. On l’avait fait venir exprès de Paris pour l’occasion : il ne comprenait rien au russe mais savait parfaitement créer l’ambiance idéale pour des vacances.

Les yeux plissés face au soleil couchant, les deux hommes discutaient paresseusement.

— On t’a arrêté combien de temps ? demanda Numéro 1, en prenant un cocktail sophistiqué des mains d’un serveur âgé.

— Jusqu’à ce que je me sente de nouveau bien, dit Numéro 2 avec un sourire.

Il enleva ses lunettes noires et tourna son visage vers le soleil.

— T’es à bout, c’est ça ?

Le premier homme aspira par la paille sa boisson épaisse avant de mâcher un morceau de papaye.

— M’en parle pas ! Ce n’est pas un boulot mais un couloir de stress permanent. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu ça.

— La crise…

— La crise…

— Tu sais, ces derniers temps je traîne une fatigue permanente, l’envie de ne rien faire, confessa le premier.

— Eh bien, c’est justement de ça que je voulais discuter avec toi, répliqua Numéro 2 en ouvrant un œil.

— Tu t’es décidé, finalement ? demanda Numéro 1, en devinant ce dont il était question.

— Il le faut, d’une manière ou d’une autre, lâcha Numéro 2 avec un soupir.

— Si ça ne tenait qu’à moi, ce serait tout de suite, si tu veux. Je te l’ai dit : une fatigue chronique. Je ne sais pas comment tu as réussi à tenir aussi longtemps.

— Comment ? Eh bien, je partais souvent en vacances, ricana l’autre. À Sotchi, essentiellement.

 

 

— On dirait que ça s’est levé, dit Numéro 1 en montant sur le pont. Alors, t’en dis quoi ? On la fait, cette plongée ?

 

 

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