Extrait

Montana 1948
de Larry Watson

Le 31/07/2017 à 13:59 - 0 commentaire

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Larry Watson

Gallmeister

03/01/2017

9782351785997

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8.20 €

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ISBN : 9782351785997

Editeur : Gallmeister

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ISBN : 9782404002774

Editeur : Éditions Gallmeister

Prix grand format : 7,99 €

 

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Résumé du livre
De l'été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n'a pu chasser ni même estomper. Ainsi s'ouvre le récit du jeune David Hayden. Cet été 1948, une jeune femme sioux porte de lourdes accusations à l'encontre de l'oncle du garçon, charismatique héros de guerre et médecin respecté. Le père de David, shérif d'une petite ville du Montana, doit alors affronter son frère aîné. Impuissant, David assistera au déchirement des deux frères et découvrira la difficulté d'avoir à choisir entre la loyauté à sa famille et la justice. Montana 1948 raconte la perte des illusions de l'enfance et la découverte du monde adulte dans une écriture superbe digne des plus grands classiques américains.
Bertrand Péduillan (Traducteur)

 

Premier chapitre

 

À Susan

 

 

Prologue


De l’été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n’a pu chasser ni même estomper.

Une jeune femme sioux est étendue sur un lit dans notre maison. Elle a de la fièvre, elle délire et tousse si fort que j’ai peur qu’elle ne meure.

Mon père, agenouillé sur le plancher de la cuisine, supplie ma mère de l’aider. Par cette nuit d’été une vive lumière emplit la pièce. Les insectes volent autour des lampes et se confondent dans mon souvenir avec le ton plaintif de la voix de mon père, insistante, stridente, frénétique. Jamais je ne l’avais entendu parler sur ce ton-là.

Un air chaud traverse la cuisine où se tient ma mère. Les fenêtres sont grandes ouvertes ; le vent soulève les rideaux de dentelles. Ma mère s’est emparée du fusil Ithaca à douze coups de mon père. Comme elle est petite et frêle, elle a du mal à manier cet engin encombrant. Mais elle a suffisamment observé mon père et les autres hommes pour savoir où placer les cartouches, et elle bourre le chargeur. C’est l’opération la plus difficile. Une fois les cartouches enfoncées, n’importe quel imbécile est capable de tirer. C’est bien ce qu’elle compte faire.

Je me souviens aussi d’un bruit de verre brisé, d’une odeur de légumes gâtés… Ces instants, je les évoque dans l’ordre où ils se sont déroulés. Mais les événements qui sont à la source de ces instantanés, de ces sons, surgissent et s’entremêlent à une telle vitesse que toute notion chronologique me paraît faussée. Mieux vaut imaginer un écran de cinéma, divisé en cases et panneaux. Sur chacun d’eux se déroule une scène différente, de telle sorte que les actions se passent simultanément, qu’aucune d’elles n’échappe au temps, que rien n’advient ni avant ni après, mais tout pendant. C’est ainsi que ces images coexistent dans mon souvenir, comme dans les calendriers illustrés des Sioux où tous les événements de l’année figurent sur une seule peau de bison, ou comme dans une tapisserie dont tous les motifs sont tissés à même l’étoffe, chaque instant sur le même plan, l’été 1948…

C’était il y a quarante ans. Ma mère est morte il y a deux mois. Elle eut, comme on le dit, une belle mort. Elle venait de rentrer dans sa cuisine après avoir travaillé au jardin lorsqu’une crise cardiaque aussi soudaine qu’un éternuement la terrassa. La mort de mon père dix années plus tôt fut plus cruelle.

Longtemps un cancer l’avait miné jusqu’à ce qu’il ne puisse plus tenir droit face au vent. Quant à Marie Little Soldier, sa destinée coïncide trop avec cette histoire pour que je la révèle ici.

Une histoire qu’il revient à moi seul de conter. Peut-être n’en suis-je pas le dernier témoin encore en vie, peut-être se trouve-t-il d’autres personnes dans cette bourgade du Montana qui se souviennent de ces événements aussi bien que moi. Nul toutefois ne peut prétendre avoir connu ces trois êtres mieux que moi.

 

 

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