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Mascarade
de Ray Celestin

Le 01/02/2018 à 11:50 - 0 commentaire

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Ray Celestin

Cherche Midi

09/02/2017

9782749153902

21.50 €

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Résumé du livre
Jazz, prohibition et meurtres en série : après Carnaval, comparé à L'aliéniste de Caleb Carr, le retour du nouveau maître du thriller historique.
1928. Chicago est la cité de tous les contrastes. Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, la ville vit au rythme du jazz, de la prohibition et surtout du crime, que la police a du mal à endiguer. C'est dans ce contexte trouble qu'une femme appartenant à l'une des plus riches dynasties de la ville fait appel à l'agence Pinkerton. Sa fille et le fiancé de celle-ci ont mystérieusement disparu la veille de leur mariage. Les détectives Michael Talbot et Ida Davies, aidés par un jeune jazzman, Louis Armstrong, vont se charger des investigations.
Au même moment, le corps d'un homme blanc est retrouvé dans une ruelle du quartier noir. Le meurtre en rappelle un autre à Jacob Russo, photographe de scènes de crime, qui décide de mener son enquête.
Quel est le lien entre ces deux affaires ? Y a-t-il un rapport avec le crime organisé ? Car la vieille école d'Al Capone et de la contrebande d'alcool est menacée par de jeunes loups aux dents longues qui, tels Lucky Luciano ou Meyer Lansky, n'hésitent pas à se lancer dans le trafic de drogue.
Jazz, mafia, tensions raciales et meurtres inexpliqués, après Carnaval, nous retrouvons dans ce thriller passionnant, inspiré de faits réels, le cocktail explosif qui fait la signature de Ray Celestin.

 

Premier chapitre

« Le jazz est un phénomène durable parce qu’il exprime notre époque, le rythme énergique et endiablé d’une époque hyperactive. »

Leopold Stokowski, 1924

 

« Il avait tout — une sonorité enivrante, des idées somptueuses et une intuition harmonique impeccable, une technique superbe, la puissance et la facilité, l’intensité et le caractère hot, la maîtrise totale de l’instrument. Mais surtout, il avait le swing. Personne ne savait ce que c’était que le swing avant Louis Armstrong. »

Max Kaminsky, 1963

 

 

LA NOUVELLE-ORLÉANS

AOÛT 1922

Louis Armstrong courait sur le quai pour rattraper le train de la Panama Limited qui s’était mis en marche. Il avait sa valise en carton dans une main et, dans l’autre, son cornet et ses billets de train. Il les brandit au préposé qui ne les contrôla même pas, trop occupé à se moquer de ce gamin joufflu, tout transpirant, embarrassé par ses bagages, qui galopait le long du train pour dépasser les wagons réservés aux Blancs et atteindre ceux où il pourrait s’installer sans craindre de se faire rosser. Le train siffla et Louis redoubla d’efforts. Il esquiva un tas de valises, passa devant un porteur déconcerté et parvint au premier wagon où figurait la mention « Gens de couleur ». Il lança sa valise à bord, mit les billets entre ses dents et attrapa la main courante, se hissant dans le train au moment où le chauffeur poussait le feu. Le train quitta la gare dans un tumulte incandescent et fila dans la lumière brûlante du Sud.

Louis s’écroula sur le sol et resta un moment sans bouger pour reprendre son souffle. Ses poumons le brûlaient — trop de cigarettes et pas assez d’exercice. Il fouilla dans ses poches et trouva son mouchoir. Il essuya la transpiration sur son visage afin de se rendre présentable et se dirigea vers son compartiment. Quand il le trouva, il constata qu’il était surchauffé et que les deux planches en bois faisant office de sièges étaient entièrement occupées par une femme assez forte accompagnée de sa marmaille. Louis fit un sourire à cette femme, qui se mit à hurler après ses gosses pour qu’ils laissent de la place. D’un geste énergique, Louis mit sa valise dans le filet au-dessus.

– Comment tu t’appelles, mon garçon ? demanda la femme une fois Louis installé dans un petit coin.

– Louis Armstrong, m’dame.

– T’es le fils de Mayann ?

– Oui, m’dame.

– Je connais ta mère depuis des années, dit-elle sur un ton qui laissait entendre une certaine fierté. Où tu vas comme ça ?

– Chicago.

– Nous aussi. T’as du travail là-bas ?

– Oui, m’dame. Je joue dans le groupe de Joe Oliver. Je suis deuxième cornet.

– Joe Oliver ? répéta la dame en faisant rouler le nom dans les recoins de sa mémoire quelques instants pour vérifier s’il trouvait un écho.

Elle haussa finalement les épaules.

– Eh bien, bonne chance en tout cas. T’as mangé ?

– Non, m’dame.

– T’as amené à manger ?

– Non, m’dame.

Il s’était tellement précipité pour arriver à la gare à temps qu’il n’avait pas pu s’arrêter à l’épicerie. Il y avait trois wagons-restaurants dans le train. L’un servait un menu à la française, le deuxième de la nourriture de cantine et le dernier de simples en-cas, mais les Noirs n’étaient acceptés dans aucun des trois. La femme regarda Louis d’un œil contrarié. Elle marqua sa désapprobation par un bruit de bouche et ordonna à l’un de ses gamins de descendre le panier du filet. Il le déposa par terre au milieu du compartiment et elle retira le torchon à carreaux pour distribuer des morceaux de poulet frit et de poisson-chat, des épis de maïs, des okras panés, des galettes de maïs — les fameux johnny cakes — et des bouteilles de limonade. Cinq minutes après son départ de La Nouvelle-Orléans, Louis avait déjà l’impression d’avoir trouvé une famille adoptive.

 

 

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