Extrait

Manquent à l'appel
de Giorgio Scianna

Le 15/01/2018 à 08:50 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Giorgio Scianna

Liana Levi

04/01/2018

9782867469855

220

18 €

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ISBN : 9782867469855

Editeur : Liana Levi

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ISBN : 9782867469862

Editeur : Liana Levi

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Résumé du livre
Quatre places vides. C’est là qu’étaient assis l’an dernier les seuls garçons de la classe. Mais à cette rentrée aucun des quatre n’est présent au lycée. Partis ensemble en Grèce pendant l’été, ils ont inexplicablement disparu. Leurs parents essaient de les joindre, mais les portables sont désactivés. Ils ont été vu en Turquie pour la dernière fois, selon le ministère des Affaires étrangères. Rien d’autre. Pour leurs familles et leurs amis commence une attente interminable... Un suspense pour comprendre ce qui pousse certains jeunes à partir sur les terres de Daech. Mal-être ? Quête d’ailleurs ? Fascination pour les images diffusées sur Internet ? Des illusions dangereuses qui les entraînent là où jamais ils n’auraient dû s’aventurer.
Marianne Faurobert (Traducteur)

 

Premier chapitre



à Loredana




Chaque révolte est nostalgie d’innocence.

Albert Camus, L’homme révolté

 

We’re going to get it

get it together I know.

Coldplay

 

Remerciements

Merci à Stefano Rossi pour la chaleur avec laquelle il m’a aidé à explorer le monde des jeunes gens. À Marco Peano et à Paola Gallo parce qu’ils sont toujours présents. À Liana Levi pour sa sensibilité et ses intuitions heureuses. À Tania Pedroni parce que réfléchir aux histoires avec elle est un vrai plaisir. À ma mère pour la justesse de ses corrections discrètes. À Marta Mastropietro qui me prête de temps en temps ses yeux de dix-huit ans.

Aux centaines d’élèves et de professeurs fantastiques rencontrés au cours du long voyage d’On inventera bien quelque chose, pour tout ce qu’ils m’ont donné, dans l’espoir de les retrouver bientôt.

Enfin, un merci tout particulier à mon fils Matteo pour l’enthousiasme avec lequel il s’est plongé dans cette histoire en m’offrant ses précieux conseils, et à mon fils Federico pour les tuyaux sur les images, et pour son inestimable ironie, qui m’oblige à ne jamais oublier de garder les pieds sur terre.

Au fond de la classe, il y a quatre places vides.

L’une est la mienne.

Je n’en peux plus, de ces regards braqués sur moi, de ce mitraillage incessant de questions. Tout ce que je veux, c’est qu’on me laisse tranquille.

J’ai affreusement honte de ce que j’ai fait, et je vous jure que je ne le referai plus.

Voilà. C’est ça que vous vouliez entendre.

De toute façon, vous ne pouvez pas comprendre. Parce que l’erreur que j’ai faite n’est pas celle que vous croyez. Si depuis dix jours je me tais, c’est pour une autre raison.

Selon notre pacte, aucun de nous ne devait rien raconter s’il était pris. Et moi, on peut dire que j’ai été pris, au pire sens du terme. Je me tais pour protéger mes camarades qui ne sont pas revenus et qui ne reviendront pas.

J’espère bien qu’ils y arriveront. Ils sont assez forts pour ça. Et puis, ils sont ensemble.

Quant à moi, je ne peux plus regarder personne en face, parce que j’ai honte, non pas d’être parti, mais d’être revenu. Voilà ma seule faute : je n’y suis pas arrivé.

 

 

Hamelin

 

Mercredi 23 novembre, 7 h 45 – Chez Anto

La mère d’Anto prépare le petit déjeuner. Elle est déjà habillée, prête à sortir. Un labrador est vautré contre la porte-fenêtre, en travers du chemin.

« Simba, ôte-toi de là. »

Son mari répond au téléphone fixe, à quelques pas d’elle :

« Bien sûr que je peux venir tout de suite. »

Elle l’interroge du regard, inquiète.

Il secoue la tête, comme pour lui dire que c’est sans importance, rien de vraiment nouveau.

« Un message d’où ça ? dit-il d’une voix soudain tendue. J’arrive. »

Il raccroche et sa femme le rejoint dans le séjour.

« Qui c’était ?

– Cassini. À la cellule de crise, ils ont reçu un message de Roberto, daté de la fin juillet.

– Qui disait quoi ?

 

 

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