Extrait

Ma reine
de Jean-baptiste Andrea

Le 01/09/2017 à 13:01 - 0 commentaire

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Total pages :

Prix :

Jean-baptiste Andrea

L'Iconoclaste

30/08/2017

9791095438403

240

11.99 €

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ISBN : 9791095438403

Editeur : L'Iconoclaste

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ISBN : 9791095438441

Editeur : Iconoclaste

Prix grand format : 4.99 €

 

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Résumé du livre
Vallée de l'Asse. Provence. Été 1965. Il vit dans une station-service avec ses vieux parents. Les voitures qui passent sont rares. Shell ne va plus à l'école. Il est différent.
Un jour, il décide de partir. Pour aller à la guerre et prouver qu'il est un homme. Mais sur le plateau qui surplombe la vallée, nulle guerre ne sévit. Seuls se déploient le silence et les odeurs du maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s'invente et l'impossible devient vrai. Il lui obéit comme on se jette du haut d'une falaise. Par amour. Par jeu. Et désir d'absolu.
Ma reine est une ode à la liberté, à l'imaginaire, à la différence. Jean-Baptiste Andrea y campe des personnages cabossés, ou plutôt des êtres en parfaite harmonie avec un monde où les valeurs sont inversées, et signe un conte initiatique tendre et fulgurant.

 

Premier chapitre

À Berenice

 

 

Je tombais, je tombais et j’avais oublié pourquoi. C’était comme si j’étais toujours tombé. Des étoiles passaient au-dessus de ma tête, sous mes pieds, autour de moi, je moulinais pour m’y raccrocher mais je n’attrapais que du vide. Je tourbillonnais dans un grand souffle d’air mouillé.

Je brûlais de vitesse, le vent hurlait entre mes doigts, j’ai repensé à l’époque où on courait le cent mètres à l’école, les seules fois où les autres ne se moquaient jamais de moi. Avec mes grandes jambes, je les battais tous. Sauf que là, mes jambes ne servaient à rien. Elles tombaient elles aussi comme des imbéciles.

Quelqu’un a crié, loin. Il fallait que je me rappelle pourquoi j’étais là, c’était forcément important. On ne tombe pas comme ça sans une bonne raison. J’ai regardé derrière moi, mais derrière ça ne voulait plus rien dire. Tout changeait tout le temps, tellement vite que j’avais envie de pleurer.

À coup sûr, j’avais fait une énorme bêtise. J’allais me faire gronder ou pire, même si je ne voyais pas ce qu’il y avait de pire que d’être grondé. Je me suis roulé en boule comme quand Macret me tabassait, c’était un truc connu pour avoir moins mal. Maintenant il n’y avait qu’à attendre. J’allais bien finir par arriver.

C’était l’été 1965, le plus grand de tous les étés, et je n’en finissais pas de tomber.

 

 

À force de m’entendre répéter que je n’étais qu’un enfant, et que c’était très bien comme ça, l’inévitable est arrivé. J’ai voulu leur prouver que j’étais un homme. Et les hommes, ça fait la guerre, je le voyais tout le temps à la télé, un vieil appareil bombé devant lequel mes parents mangeaient quand la station était fermée.

À l’époque, il ne passait pas beaucoup de monde sur la route qui descendait vers la vallée de l’Asse en bordure de laquelle nous vivions, oubliés par la Provence. Notre station, c’était juste un vieil auvent avec deux pompes dessous. Autrefois, mon père astiquait les pompes régulièrement mais avec l’âge et le manque de passage, il avait renoncé. Moi ça me manquait, les pompes qui brillaient. Je n’avais plus le droit de les nettoyer tout seul parce que la dernière fois que je l’avais fait j’avais fini trempé, et ma mère m’avait enguirlandé, comme si elle n’avait pas assez de travail comme ça avec un feignant de mari et un attardé de fils. Mon père et moi quand elle se mettait dans ces états, on la bouclait. C’est vrai qu’elle avait assez de travail, surtout les jours de lessive avec les combinaisons raides de cambouis de l’atelier. C’est vrai aussi que quand je prenais un seau, toute l’eau dedans me sautait dessus. Je n’y pouvais rien, c’était comme ça.

Mes parents parlaient peu. À la maison, un rectangle de parpaings que mon père n’avait jamais fini d’enduire derrière la station, les seuls bruits étaient ceux de la télévision et des mules de cuir sur le lino, du vent qui dévalait de la montagne et qui venait se coincer entre la paroi et le mur de ma chambre. Mais nous, on ne parlait pas, on s’était déjà tout dit.

 

 

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