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Les Corbeaux et les Renardes
de Dorin Françoise

Le 19/12/2014 à 08:07 - 0 commentaire

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Prix :

Dorin Françoise

Flammarion

03 / 12 / 2014

444 pages

6.49 €

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Editeur : Flammarion

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Résumé du livre
Une mère, deux sœurs, trois caractères solidement trempés. La mère a donné une seule directive à ses filles: trouver un riche mari. Une seule méthode pour atteindre ce but: exploiter la vanité masculine dans tous les domaines, mais surtout celui du sexe. L’aînée, Nadège, suit à la lettre les conseils maternels. La cadette, Agathe, les repousse avec violence. Nadège, renarde avisée, harponne un corbeau banquier. Agathe, désintéressée mais ambitieuse, ne compte que sur elle-même pour réussir. Nadège mène une vie dorée, mais au prix de multiples contraintes et mensonges. Agathe mène une vie difficile, mais elle est libre. Notamment d’aimer qui elle veut. Quelle est la plus heureuse? Nadège? Agathe? Françoise Dorin vous invite à vous le demander dans les Corbeaux et les Renardes, son roman le plus drôle et le plus féroce.

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

Chapitre premier

 

1988

 

 

 

« Quand vous voyez une femme escortée en tous lieux d'un état-major de servants, ce n'est pas tant qu'ils la trouvent belle, c'est qu'elle leur a dit qu'ils sont beaux. »

À demi allongée sur sa méridienne, son dos douloureux calé contre deux oreillers, Lili – pour l'état civil Liliane Riquet – vient de lire cette phrase de Jean Giraudoux (dont le nom ne lui est pas totalement inconnu) dans son magazine préféré, celui grâce auquel elle peut vous citer de mémoire le nom, l'âge et les titres du parrain de la deuxième fille du premier mariage de la princesse de Lusigny-Fontange, née Chaumont des Rouzière.

Elle sourit presque, relit la phrase, puis, comme beaucoup de personnes qui vivent seules, se met à parler tout haut :

– Ah ben ! en voilà un qui n'est pas bête, ce Giraudoux. Il pense tout à fait comme moi… Et comme ma pauvre Marguerite !

Lili tourne la tête vers la cheminée où trône la photo de la vieille amie défunte qu'elle vient d'évoquer et qui a tant influencé sa vie. Sourire enjôleur et poitrine opulente… Le cliché a été pris au temps de sa splendeur, au temps où elle était la « poule du notaire ».

Eh oui ! dans Cambrai, les bonnes paroissiennes ne désignaient Marguerite que sous ce terme méprisant, sanctionnant ainsi ses relations, certes rémunérées mais très discrètes, avec Maître Poperinge – le père, bien entendu, pas le fils – dont les gilets de laine fleuraient à la fois la naphtaline du conjungo et le patchouli de l'adultère. Cela semble à peine croyable aujourd'hui. Pourtant ce n'est pas si vieux. Il y a tout juste… quoi ? Soixante-trois ans ? Ce n'est pas possible ! Mais si, Lili, fais le compte, tu avais juste cinq ans quand ta mère, jeune veuve sans ressources, avait été obligée de se placer comme « bonne à tout faire chez la poule du notaire ». Toute une époque, hein ? dans ces quelques mots. Celle de ton enfance : tu as grandi entre la « bonne » et la « poule ». La première, harassée par les besognes ménagères qu'elle effectuait à longueur de journée, à longueur de mois, à longueur d'année ; la seconde, occupée exclusivement à rendre son teint plus délicat, ses atours plus séduisants, sa maison plus accueillante. Bien entendu, tu préférais la seconde. Elle était ton modèle, ton idole, ton phare. Mais non, je n'exagère pas. La preuve ? Quand ta pauvre mère, juste avant de mourir, t'a expliqué que pour gagner leur vie, les femmes avaient deux solutions : retrousser leurs jupes, comme Marguerite, ou retrousser leurs manches, comme elle, tu n'as pas eu une seconde d'hésitation : toi, tu ne retrousserais pas tes manches.

Tu avais alors seize ans et, quand tu es revenue de l'enterrement, tu as tout de suite confié à la poule ton désir de suivre ses traces, avec la solennité d'un fils d'ambassadeur qui annonce à son père qu'il va, lui aussi, entrer dans la carrière. Ce jour-là, Marguerite a commencé de jouer dans ta destinée son rôle déterminant.

 

 

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