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Les chants de Thanatos
de Jacques Le Carpentier

Le 22/01/2016 à 15:58 - 0 commentaire

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ISBN : 9782312024929

Editeur : Editions Du Net

Prix grand format : 36 €

 

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Résumé du livre
Dans son appartement accroché à la Butte Montmartre, Dolorès George, 24 ans, top-modèle de renommée mondiale, est en passe de sombrer dans une dépression suicidaire qui va faire basculer son fragile équilibre mental. Malgré l’amour de son amie Ruth, elle ne supportera pas ce cauchemar où une armée d’ombres terrifiantes vient lui arracher le bébé qu’elle porte. Elle se jettera dans le vide dans l’espoir de voler de ses propres ailes à la recherche de son enfant, et sera plongée dans des univers parallèles séparant le monde des vivants de celui des morts. Elle découvrira que l’enfer n’est pas ce que l’on croit. Un monde existe où nul ne peut aller sans y perdre la raison et sans espoir de retour. La porte sur ce monde ne s’ouvre que quelques heures chaque année. Dolorès, trouvera-t-elle cette porte ? Reviendra-t-elle de ce voyage initiatique hallucinant ?

 

Premier chapitre

La Porte Ou « Vole de tes propres ailes »

 

L’été venait de s’installer à Paris. La nuit déjà très avancée perdait de sa splendeur. L’éclairage de la terrasse tamisait l’immense salon en un clair-obscur, créant une atmosphère fantasmagorique et romanesque. Le silence était épais et désagréable, mélancolique et oppressant. Dans le lointain, les bruits feutrés de la capitale s’effilochaient dans la nuit. Ce calme morne m’inclinait à penser que l’éternité existait bien.

Mon appartement était accroché sur les contreforts de la Butte Montmartre, à proximité de la place du Tertre et de ses petits bistrots. Il avait quatre chambres, desservies par un long couloir. 

Assise en tailleur au milieu du salon, verre et bouteille de whisky à mes côtés, mon image m’était renvoyée par une glace gigantesque. Ruth rêvassait dans le canapé et contemplait Paris endormi. Elle me tournait le dos. Sa nuisette transparente mettait en valeur l’étincelant velours de sa peau mate. Avec ses cheveux frisés, ambre et méchés de blond, avec ses vingt et un ans et son joli minois, elle me faisait penser à ces jolies poupées potelées que j’aimais tant regarder dans les vitrines de Barcelone quand j’étais petite. Plongée dans ses fantasmes, elle fixait la ville scintillante de ses milliers de petites lumières. Certaines se tenaient immobiles semblables à des lucioles. D’autres fuyaient dans la nuit, telles des étoiles filantes. Ruth s’amusait à dire que Paris, la nuit, lui faisait penser à un gros gâteau au chocolat noir décoré de mille bougies multicolores. Et ça la faisait rire.

Ruth était un bonheur. Toujours gaie, pétillante, enjouée, elle était dotée d’une grande intelligence et d’une sensibilité touchant à l’extrême. Bref, je l’aimais.

Je me versai un nouveau whisky que j’avalais d’une traite, puis j’essayai de me remettre debout. Tâche difficile. J’avais trop bu et trop tiré sur ma pipe à crack. J’étais épuisée, désenchantée et surtout désespérée. Seule, Ruth me retenait à la vie. Pour combien de temps ?

Debout, j’enlevai ma robe. J’étais nue. Face à moi-même. C’était pitoyable. Je m’approchai du miroir, rongée par la fièvre et le manque de crack et me collai à ma propre image…Je voulais passer de l’autre côté du miroir ; je voulais dire à ces yeux noirs et farouches qui me regardaient, de ne pas me considérer avec tant de dégoût. Mais rien n’y faisait. Ils ricanaient. Ils semblaient me dire :

« Regarde ce que tu es devenue. Tu n’es qu’une loque. Depuis un an, tu t’apitoies sur ta petite personne. Mais il y a pire sur cette terre ; tu es riche ! Tu veux que je te dise à quoi tu me fais penser : à un fantôme. T’es devenue un fantôme ; un fantôme burlesque ;  tu me fais pitié. Tu as vu tes seins ? Vas-y, touche-les !… Triste, hein ; ils sont vides et mous. Tous les mecs bavaient devant toi, en te regardant. Maintenant, tu leur files du fric, ils se barrent en courant. Tu n’es qu’une grande bringue maigre et flasque. Tu n’es plus rien… Et ta chatte ! A quoi elle te sert, tu peux me dire ?... Descends ta main. Descends ta main, je te dis ! Touche-la ! Tu as peur, hein ? Peur de ce que tu vas trouver ! Voilà, c’est ça. Touche-la bien ! HA ! HA ! Tu vois, je rigole. On dirait une vieille figue  desséchée. Et ça ne te sert plus qu’à faire pipi, c’est tout… Mais réveille-toi, bon dieu ! Sors de ton cauchemar ! Vis ! Vis de toutes tes forces. Vis pour tous ceux qui t’aiment »

 

 

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