Extrait

Le zeppelin
de Fanny Chiarello

Le 17/12/2016 à 12:27 - 0 commentaire

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Fanny Chiarello

Editions De L'Olivier

18/08/2016

9782823609974

18 €

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ISBN : 9782823609974

Editeur : Editions De L'Olivier

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ISBN : 9782823609783

Editeur : L'Olivier

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Résumé du livre
Cet été-là, la lumière est si crue qu'elle rend tout incandescent. La Maison, car tel est son nom, est une ville banale de province, une image d'Épinal. Ou presque. Il est impossible de ne pas évoquer le canal qui la traverse et dans lequel les habitants ont la curieuse manie de jeter tout ce qui leur est cher. Y compris des proches. Peut-être est-ce dû à l'ennui insondable qui semble s'être emparé d'eux. Le passage d'un zeppelin va enfin briser leur quotidien et leurs insignifiantes activités. Car l'ombre qu'il porte au-dessus de leurs têtes entraîne les réactions les plus inattendues et les plus folles, entre panique et dévotion.
L'auteur épingle douze de ces habitants : douze personnages dont les récits, à la fois corrosifs, loufoques, émouvants, inventent un monde farfelu à la Brautigan.

 

Premier chapitre

« Oh, four to five hundred feet into the sky. It’s a terrific crash, ladies and gentlemen, it’s smoke and it’s flames, now, and the frame is crashing to the ground, not quite to the mooring mast. Oh, the humanity, and all the passengers screaming around here ! »

Herbert Morrison, à Lakehurst,

le 6 mai 1937

 

 

À Thérèse et Didier Chiarello

 

 

Moucherons et calamités

 


* * *

 

 

Pendant plusieurs mois, elle vit un très long 26 juillet. C’est un jour a priori comme les autres, bien que la violence s’y installe rapidement avec une apparente familiarité, sans que l’on puisse savoir si elle est annonciatrice d’un grand bouleversement ou si elle est le lot quotidien de la communauté. Le haut fait du jour survient bas dans le ciel, et ce n’est pas une mince affaire qui survole la ville mais le zeppelin le plus monumental qui ait jamais été construit. En dessous, douze âmes désaxées se meuvent dans la masse indistincte de ceux que l’on ne nomme jamais, ces figurants qui sont le contribuable de l’intrigue, apportant leur miette insignifiante à l’amas confus des miettes. Le 26 juillet, en l’occurrence, est l’anniversaire de sa meilleure amie, Vieille, mais ce n’est pas vraiment la raison de son choix, le mois aurait été juillet de toute façon, l’hommage à Vieille se situe surtout dans le 26. Par ailleurs, l’été exerce sur elle une fascination infiniment fertile. Ce n’est pas son premier roman plongé dans la lumière crue de l’été comme dans un bocal de formol, dans la chaleur étale de l’été où la vie se déroule en extérieur, sans guère d’ombre où se soustraire au regard des autres, où chacun est au plus près de la nudité, cachant ses zones intimes sous quelques grammes de tissu léger.

La ville, imaginaire, s’appelle La Maison, et l’on ne peut estimer sa situation géographique sans se lancer dans une série de calculs basés sur d’infimes indices épars au fil des chapitres. Elle encourage d’autant moins le lecteur à engager cette démarche qu’elle octroie à la ville plusieurs particularités n’appartenant pas à la logique du réel et indiquant son mépris de toute véracité. Les narrateurs sont douze (treize si on la compte, elle, auteur encombrant et indiscret) mais leurs voix ne se mêlent pas en un ensemble harmonieux, elles forment une rumeur confuse, de sorte que le texte évoque un trouble de la personnalité multiple plus qu’un roman polyphonique.

En écrivant, elle pense souvent à la question rituelle : Où étiez-vous le jour du 11 Septembre ? Au tout début, au stade des notes et des schémas dans ses carnets, elle envisage de détourner la structure des films catastrophe. Elle n’en a pas vu depuis ses jeunes années, mais d’après ses vagues souvenirs, il s’agit de films dans lesquels des stars sur le retour incarnent des citoyens lambda confrontés, au cours d’une journée qui s’annonçait assez quelconque, à un incendie, un naufrage, une chute de météorite ou un tremblement de terre. Les habitants de La Maison, eux, font face à un événement qui depuis la Seconde Guerre mondiale n’est plus de nature à causer la panique générale, un événement que d’autres considéreraient même comme un divertissement de belle envergure, et qu’eux seuls, par leur réaction démesurée au passage du zeppelin dans leur lopin de ciel, rendent catastrophique. Elle interrompt chaque récit au moment où il est censé se fondre aux autres dans un grand mouvement choral, de manière à suggérer l’échec du collectif.

 

 

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