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Le suicide, livre II
de Émile Durkheim

Le 20/01/2015 à 19:10 - 0 commentaire

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Émile Durkheim

Flammarion

poche philosophie

9782081219991

304

7.90 €

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Résumé du livre
Pourquoi les femmes se suicident-elles moins que les hommes? Les célibataires, plus que les gens mariés? Les personnes âgées, plus que les jeunes? Pourquoi, contrairement à une idée reçue, choisit-on de mourir à la belle saison plutôt qu’en hiver? C’est à ces questions et à quelques autres que tente de répondre Le Suicide (1897), monument de la littérature sociologique, et plus particulièrement le livre II, au cours duquel Durkheim établit une typologie restée célèbre, distinguant les formes de suicides: égoïste, altruiste, anomique ou fataliste. Plus encore que l’étude d’un phénomène social, Le Suicide est avant tout la mise en application de principes essentiels tirés de la méthode expérimentale. Utilisant de façon exemplaire l’outil statistique, Durkheim y jette les bases de la science du social.

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

 

Présentation

 

 

[…] le taux social des suicides ne s'explique que sociologiquement. C'est la constitution morale de la société qui fixe à chaque instant le contingent des morts volontaires. Il existe donc pour chaque peuple une force collective, d'une énergie déterminée, qui pousse les hommes à se tuer. Les mouvements que le patient accomplit et qui, au premier abord, paraissent n'exprimer que son tempérament personnel, sont, en réalité, la suite et le prolongement d'un état social qu'ils manifestent extérieurement1.

Nous sommes en 1897. Émile Durkheim est en poste à Bordeaux depuis dix ans. Il a réuni autour de lui une équipe de chercheurs et jouit au sein de la communauté scientifique de l'estime de ses pairs. Au moment où paraît son étude sur le suicide, il a déjà publié deux textes majeurs : De la division du travail social (1893) – sa thèse – et Les Règles de la méthode sociologique (1895). Ce dernier ouvrage, composé d'une série de quatre articles publiés au cours de l'année 18942, jette les bases de la « science sociale positive » – on parlait peu de « sociologie3 » à l'époque – qu'il entend construire. Le Suicide va être pour lui l'occasion de mettre à l'épreuve ses principes méthodologiques4 et d'apporter à cette science nouvelle une légitimité épistémologique.

Mais pourquoi le suicide ? En quoi cet acte individuel, apparemment dicté par d'obscurs mécanismes psychiques, intéresse-t-il le sociologue ? Il y a, sans doute, plusieurs raisons à cela.

La première est conjoncturelle. Après une progression continue du taux de morts volontaires en France tout au long du XIXe siècle5, l'année 1897 est marquée par un pic sans précédent. De 1830 à 1890, le taux de suicides passe ainsi de 5 à 25 pour 100 000. Il ne baissera qu'à partir de 19106. Pour la plupart des observateurs de l'époque, cette situation est jugée préoccupante et symptomatique d'une société en pleine mutation : industrialisation massive, montée de l'individualisme, recomposition des forces politiques, recrudescence des revendications sociales.

D'autres raisons, plus particulières, et liées à sa trajectoire personnelle, ont poussé l'auteur à s'intéresser à ce phénomène, et ce, dès le début de ses recherches. En 1888, dans un article intitulé « Suicide et natalité7 », il s'interroge, à partir des données statistiques de l'époque8, sur les rapports entre le suicide, la famille et la démographie. Il en arrive à la conclusion que le nombre des naissances et celui des suicides varient en raison inverse l'un de l'autre9. Il en fera d'ailleurs, l'année suivante, le thème de son cours magistral. Il y revient quelques années plus tard, dans le cadre, cette fois, de son travail de thèse. L'hypothèse selon laquelle la division du travail aurait pour cause la quête du bonheur10 l'amène à considérer le nombre des suicides comme un indicateur objectif du malheur social.

C'est encore à la mort volontaire qu'il réfère, dans Les Règles de la méthode sociologique, pour illustrer l'exigence scientifique de l'administration de la preuve11. Parce que « l'explication sociologique consiste exclusivement12 à établir des rapports de causalités » et que la méthode comparative est la seule forme d'expérimentation possible en ce domaine, il faut, ajoute Durkheim, appliquer la technique des variations concomitantes. Il s'agit en d'autres termes d'étudier la possibilité d'établir des rapports constants entre deux phénomènes variant de façon régulière l'un par rapport à l'autre. Il peut se faire toutefois que la concomitance soit due « non à ce qu'un phénomène [soit] la cause de l'autre, mais à ce qu'ils [soient] tous les deux des effets d'une même cause » ou d'une variable cachée13. Ainsi, parce que le taux de suicides varie de la même manière que le niveau d'instruction, il serait tentant de voir dans celui-ci la cause directe de celui-là. À tort : on ne peut déduire, en l'espèce, aucun effet direct d'un phénomène sur l'autre. La véritable cause, en l'occurrence la variable cachée, serait, selon l'auteur, « l'affaiblissement de la tradition religieuse », à l'origine et « du besoin de savoir » et « du penchant au suicide »14. Il y revient, quelques pages plus loin, pour signaler qu'il est parfois possible de n'appliquer la démarche comparative que dans le cadre d'un seul pays. Le sociologue souligne :

 

 

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