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Le mystère Coriolis
de Alexandre Moatti

Le 30/04/2014 à 16:05 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Alexandre Moatti

Cnrs

sciences appliquees mathematiques

09/04/2014

9782271080776

230

25 €

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ISBN : 9782271080776

Editeur : Cnrs

Prix grand format : 25 €

 

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Résumé du livre
Si la force de Coriolis est universellement connue, l'homme qui lui a donné son nom l'est beaucoup moins. Cet étonnant décalage est à l'origine de cet ouvrage. Gaspard-Gustave de Coriolis (1792-1843) a vécu pour la science et l'enseignement.Célibataire, réservé, sa vie est recluse, sédentaire, sans aspérités. Pourquoi alors s'intéresser à un savant en apparence si terne ?

 

Premier chapitre

 

 

Avant-propos

 

 

Coriolis : un vrai mystère... Une célébrité quasi universelle, liée à la force à laquelle il a donné son nom. Un personnage pourtant quasi anonyme, ainsi qu’une œuvre et une carrière scientifiques méconnues. C’est cet étonnant décalage qui est à l’origine même de mes travaux sur Gaspard-Gustave de Coriolis (1792-1843). Celui-ci ne fait pas partie, loin s’en faut, de ces figures de savant mythifiées, comme celles de Galilée, Newton, Pasteur ou Einstein. Mais son nom, avec cette consonance subtilement romantique, ne constitue-t-il pas lui-même un mythe, tant il est invoqué, que ce soit à propos – pour le mouvement des masses d’air et d’eau en climatologie – ou à tort – pour le prétendu sens de rotation de l’eau dans les lavabos ?

L’historien et philosophe britannique des sciences Ivor Grattan-Guinness a souligné que, de manière surprenante, peu a été écrit sur Coriolis. L’écrivain français Erik Orsenna a, quant à lui, joliment formulé le décalage – presque le hiatus – auquel nous sommes confrontés : « Rien n’indique que notre Gaspard-Gustave ait jamais mis le pied sur un bateau ni qu’il se soit jamais intéressé à la mer. Le fait est là : pour les siècles des siècles, Coriolis est celui qui a expliqué l’influence de la rotation de la Terre sur le parcours des vents et des courants{1}. » On peut même aller plus loin : hormis quelques voyages d’études, missions et cures thermales en province, rien n’indique que Coriolis soit souvent sorti d’un petit périmètre parisien allant de la rue Descartes (École polytechnique) à la rue des Saints-Pères (École des Ponts et Chaussées). Forte charge symbolique que révèlent d’ailleurs ces deux noms de rues – car Coriolis alliait une rationalité scientifique dans sa vie professionnelle à une certaine ferveur religieuse dans sa vie personnelle.

 

Mais jamais ces deux sujets ne sont mêlés chez lui. Il vit pour la science et pour l’enseignement – il reste célibataire toute sa vie. Il a une personnalité réservée et une vie relativement courte (cinquante et un ans), recluse, sédentaire, sans aspérités. Il ne mélange pas ses opinions politiques, plutôt royalistes et conservatrices, à sa pratique professionnelle – y compris durant la brève période où il occupe le poste de responsabilité de directeur des études à Polytechnique. Si on le compare à d’autres savants qu’il a fréquentés, issus des mêmes études que lui : il ne quitte pas la France pour des raisons politiques comme le fait Cauchy, il ne devient pas homme politique comme Arago ou Le Verrier, il n’a pas un caractère truculent ni ne fonde une revue comme Liouville.

Dans notre époque fondée sur le star-system et le mélange des genres, on en vient alors à se demander quel est l’intérêt de se passionner pour un savant en apparence si neutre. D’autant que les branches de l’histoire et de la philosophie des sciences ont été depuis une quarantaine d’années largement irriguées par le courant postmoderne des science social studies (ou sociologie des sciences), pour lequel la science n’existe pas en dehors d’un contexte de pouvoir, courant qui à sa façon participe à la construction des mythes comme à leur... déconstruction : Pasteur, son ambition, le contexte de ses opinions politiques, celui des microbes qu’il étudie – je caricature à peine. Ici, avec Coriolis, rien de tel : il se dresse presque comme un roc, comme un contre-exemple à ces réécritures historiographiques parfois intéressantes mais souvent futiles, noyant l’œuvre dans son contexte, quand pire elles ne « jettent pas le bébé avec l’eau du bain{2} ».

 

 

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