Extrait

Le livre que je ne voulais pas écrire
de Larher, Erwan

Le 11/09/2017 à 15:51 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Larher, Erwan

Quidam

24/08/2017

9782374910635

260

20 €

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ISBN : 9782374910635

Editeur : Quidam

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ISBN : 9782374910666

Editeur : Quidam

Prix grand format : 13.99 €

 

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Résumé du livre
Je suis romancier. J’invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l’espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l’humain. Il m’est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi. Erwan Larher écrit à la main, ce qui lui laisse peu de temps pour faire autre chose de sa vie. Erwan Larher, après avoir travaillé dans l'industrie musicale, a tout quitté pour se consacrer à l'écriture.

 

Premier chapitre

Für P.-L.

Ich werde nie vergessen.

Tu as plus de courage que tous les oiseaux réunis.

 

 

Avec des textes de :

Jérôme Attal, Charlotte Becquin, Frédéric Burel, Manuel Candré, Jeanne Doe, Manon Fargetton, Bertrand Guillot, Paul Larher, Philippe Larher, Églantine Le Coz, Delphine Nahon, Loulou Robert, Sigolène Vinson, Alice Zeniter.

 

 

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Tu écoutes du rock. Du rock barbelé de guitares et de colère. Depuis la préadolescence. Môme, il te fallait une autorisation paternelle avant de te servir de la chaîne stéréo. Inépuisable enchantement : le petit levier à pousser pour faire décoller le bras, qui porte en son extrémité la tête de lecture, tête que tu places, en fermant un œil pour plus de précision, au-dessus du bord du vinyle — le plateau s’est mis à tourner —, puis fais descendre, toujours à l’aide du petit levier, il s’agit de ne pas rater son coup, jusqu’à ce que le saphir se pose en craquotant sur le 33 tours. Quelques secondes et le salon vibre d’une énergie magique, qui t’enlace comme si la musique t’était immanente et que les grandes enceintes fabriquées par ton père se contentaient de la révéler.

La cassette de Leonard Cohen, le double rouge et le double bleu des Beatles, le Köln Concert un peu usé aux coins, objets sacrés.

À la même période te happe le vaudou des mots, livres dévorés, partout, tout le temps, avide. Mais avec la musique, l’ensorcellement est plus immédiat, plus spontané. Plus naturel ? Physique. Elle s’empare, investit, sans apprentissage, sans doigts qui suivent les lignes, sans sourcils froncés aux syllabes délicates. On chante du Brassens, du Brel ; on braille Le Grand Orchestre du Splendid, Eddy Mitchell ou Renaud lors des voyages en voiture, même si tu ne comprends pas comment on peut allumer tout le quartier (les réverbères ?) en sortant son cocker.

Tu émerges à peine de l’enfance quand s’ouvre la bande FM. Tout devient accessible soudain. Tu enregistres — il faut appuyer sur play et record à la fois — Alain Bashung et Depeche Mode, Police et Kim Wilde, les Stray Cats et des groupes inconnus sur des radios locales.

— C’est du punk.

Le verdict de David Imbert est sans appel. Tu as douze ans, lui quatorze. Votre 4e B est en classe verte du côté de Chamonix. Tu viens de faire écouter à David ton titre préféré de ton dernier patchwork musical, enregistré sur une BASF Chrome 90 minutes. Les 120 minutes sont trop fragiles et la bande s’emmêle souvent, les 60 minutes trop courtes pour caser un album sur une seule face — ainsi il te manquera longtemps sur l’une d’elles la fin d’une chanson des Sex Pistols, que tu seras tout étonné des années plus tard d’entendre en entier, habitué que tu étais à ce qu’elle s’interrompît au milieu d’un refrain.

En général, tu reportes sur la jaquette de la cassette le titre du morceau et le nom du groupe, mais parfois l’animateur ne les donne pas ; d’autres fois tu notes à la volée ce que tu entends, Original Sin par Inek 16, groupe dont tu n’as jamais trouvé aucun album dans les supermarchés où tu suivais ta mère dans l’espoir qu’elle fléchirait devant ton insistance — allez, steuplaît m’man, juste un 45 tours…

 

 

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