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Le Coran ; nouvelles approches
de Collectif

Le 04/02/2014 à 02:01 - 0 commentaire

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Collectif

Cnrs

islam

28/11/2013

9782271079183

344

25 €

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Résumé du livre
Sous l’impulsion de travaux novateurs, la recherche sur le Coran connaît depuis deux décennies un profond bouleversement. L’élargissement notable des sources (manuscrites, épigraphiques ou archéologiques), l’apport de méthodes d’analyse renouvelées, particulièrement de la réflexion herméneutique, dégagent des problématiques fécondes et ouvrent des perspectives originales. Les chercheurs français et étrangers réunis dans cet ouvrage réinterrogent l’histoire du Coran en s’appuyant sur des sources inédites: manuscrits omeyyades, sources chiites, ou graffitis du désert. Ils examinent les conditions de son émergence dans un contexte qui est celui de l’Antiquité tardive. En questionnant les relations entre le Coran et les traditions scripturaires antérieures, ils parviennent à éclairer le travail de réécriture et de réappropriation de textes bibliques et talmudiques. Les outils de la linguistique leur permettent enfin d’analyser les formes littéraires et la langue du Coran. La relation complexe entre oralité et écriture apparaît ici en pleine lumière, de même que les spécificités de ce texte en matière d’argumentation, de polémique ou de composition

 

Premier chapitre

 

 

Introduction1

 

 

Mehdi Azaiez

 

I

 

En 1908, dans un article intitulé « Zur Strophik des Qurāns2 », Rudolf Eugen Geyer, éminent spécialiste viennois de la poésie arabe3, soulignait déjà l’impérieuse nécessité d’établir une édition critique du Coran. Il écrivait alors : « Toute science coranique sera contrainte d’œuvrer sur un terrain très incertain aussi longtemps qu’un des réquisits fondamentaux de son équipement lui fera défaut : une édition européenne du Coran qui corresponde vraiment aux exigences de la critique, de manière coopérative et concluante, pourvue de tout l’appareil historique, philologique et liturgique, et de celui qui est en usage en histoire des religions4 ». Pourtant, un siècle plus tard, un constat s’impose : il n’existe toujours pas d’édition critique du Coran qui satisfasse aux exigences d’une philologie rigoureuse. À l’évidence, la situation contraste ô combien avec la recherche académique autour de la Bible. En 1898, le Nouveau Testament bénéficiait déjà d’un apparat critique avec la parution à Stuttgart, du Novum Testamentum Graece5 d’Eberhard Nestlé (révisé par Barbara et Kurt Aland) de la société Biblique du Wurtemberg. Cet ouvrage de référence, sans cesse amélioré tout au long du XXe siècle, demeure encore aujourd’hui l’instrument privilégié des exégètes6.

Loin de disposer d’un tel apparat critique, la recherche académique sur le Coran s’appuie très largement sur la fameuse édition du Caire publiée le 10 juillet 1924 (ḏū l-ḥiğğa 7, 13427). L’établissement de ce texte n’avait aucunement l’ambition d’être une entreprise critique. Conduite sous la direction de Muḥammad b. ʿAlī al Ḥusaynī al-Ḥaddād, elle visait à unifier le texte coranique en privilégiant le choix d’une lecture pour faciliter, à des fins strictement pédagogiques, l’enseignement religieux en Égypte. Comme on le sait, cette édition fut rigoureusement fidèle à la « lecture » (au sens de la tradition islamique) de Ḥafṣ (m. en 180/796) ʿan ʻĀṣim8 (m. 127/745) occultant ainsi toutes les autres variae lectiones ou qirā’āt9. Le travail accompli fut salué par les meilleurs spécialistes occidentaux10 et devint rapidement l’équivalent d’une édition « officielle » (« der amtliche Koran11 ») largement diffusée à travers le monde musulman. Mais ce succès qui ne s’est jamais démenti n’est pas sans conséquence. En privilégiant une seule lecture, l’édition du Caire avalisait de facto un discours théologique maintenant l’illusion d’un Coran unique, fixé d’un seul tenant sans rapport avec l’histoire progressive de son élaboration12.

Pourtant, si l’édition du Caire avait une finalité sans lien avec des préoccupations philologiques, l’ambition d’écrire une histoire du muṣḥaf fut planifiée dès les années 1930. Sous l’impulsion de trois célèbres chercheurs, Gotthelf Bergsträsser, Arthur Jeffery et Otto Pretzl, il avait été décidé d’établir un apparat critique à l’appui d’un travail méthodique qui succédait à une recherche minutieuse des plus anciens manuscrits connus13. Les morts successives et prématurées de Gotthelf Bergsträsser et Otto Pretzl auront malheureusement mis fin au projet. De surcroît, la (prétendue) destruction des archives de Munich lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale contribua à retarder durablement une telle initiative. Il s’avéra en réalité que ces archives abritant les fameux microfilms rassemblant les photographies des manuscrits coraniques furent préservées. En effet, ils restèrent en possession d’Anton Spitaler pendant plusieurs décennies sans que jamais celui-ci ne reprenne le projet en main14.

 

 

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