Extrait

Le Cercle Du Karma
de Kunzang Choden

Le 22/05/2013 à 11:49 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Kunzang Choden

Actes Sud

litterature anglo saxone

02/02/2007

9782742765577

425

23.40 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782742765577

Editeur : Actes Sud

Prix grand format : 23.40 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version poche

 

illustration

ISBN : 9782742777853

Editeur : Actes Sud

Prix grand format : 9.70 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782330006280

Editeur : Éditions Actes Sud

Prix grand format : 9.99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Fille d'un "religieux laïque" et maître ès calligraphie, frustrée d'avoir vu l'accès au savoir réservé, dans la tradition bhoutanaise, aux seuls garçons, la jeune Tsomo, un an après la mort de sa mère bien-aimée, prend prétexte de la nécessité d'aller pieusement célébrer sa mémoire dans un temple éloigné de son village pour quitter sa famille. C'est alors que la jeune fille entame sa longue marche, véritable odyssée qui la mène de son village près de Thimphu, la capitale du Bhoutan, à Kalimpong en Inde et jusqu'à Bodh Gaya, haut lieu du bouddhisme. Dans ce voyage, solitaire, qui est celui de toute une vie, une femme en quête de la sagesse promise par les enseignements du Bouddha part à la découverte de sa force intérieure et traverse d'innombrables épreuves jusqu'à ce que s'accomplisse enfin la métamorphose qui la fait accéder à la vérité si longtemps recherchée... Premier roman en provenance du Bhoutan, un pays longtemps "interdit", ce foisonnant récit initiatique est une invitation à voyager au coeur d'une culture profondément méconnue. Brossant, à travers son attachante héroïne, le portrait d'une génération de femmes-pionnières prenant en main leur destin, Kunzang Choden offre, sur son pays, des aperçus inédits et particulièrement audacieux s'agissant d'un royaume réputé pour sa fermeture, car abordés avec une simplicité et une franchise - voire, parfois, un humour - qui ne cessent de surprendre.

 

Premier chapitre

PROLOGUE

 

 

 

Elle est assise sur le plus haut tabouret de la cuisine, jambes pendantes, les pieds couverts de poussière. L’un d’eux est affreusement boursouflé, scié par la bride d’un chausson bleu. Son “mauvais pied”, comme elle dit, la tourmente à nouveau. “Ça fait mal, non ?” s’inquiète son amie. Tsomo se penche en avant, soulève le bas de son go, inspecte son pied et passe ses doigts sur les veines gonflées. À la vue de ces veines, noueuses, son amie a un mouvement de recul. “Tu vois, Lham Yeshi, lui confie-t-elle, cette chose-là essaie de me dire quelque chose.” Puis, avec une indifférence stoïque : “J’ai survécu à une maladie karmique. Peut-être que celle-ci aura raison de moi.”

Elle se met à boire le thé que lui a préparé Lham Yeshi. Elle trempe un biscuit dans la tasse et le porte à sa bouche avant qu’il ne se désagrège, vite, en le suçotant bruyamment. Depuis que Lham Yeshi la connaît, elle l’a toujours vue manger ses biscuits ainsi. Rien de disgracieux ni de grossier. Au contraire, sa façon de s’y prendre, appliquée, presque recueillie, donnerait plutôt envie de l’imiter. Mais Lham Yeshi préfère les biscuits craquants et elle continue de les grignoter pendant que son amie les suçote. Elles ne se sont pas vues depuis plusieurs années. Peut-être l’aspect le plus durable de leur amitié consiste-t-il en ceci qu’elles peuvent se perdre de vue pendant des années puis se retrouver, de la sorte, autour d’un thé agrémenté de biscuits, comme si elles s’étaient quittées la veille.

Tsomo veut savoir où est allée Lham Yeshi et ce qu’elle a fait durant toutes ces années. Quand elle lui dit qu’elle a passé un certain temps à l’étranger, Tsomo la regarde avec placidité. Ce qui l’intéresse surtout, c’est de savoir si Lham Yeshi a rencontré un certain maître bouddhiste dont le nom lui échappe pour l’instant, mais qui vit à l’étranger, quelque part. Comme Lham Yeshi lui répond que non, Tsomo insiste : “Vraiment ? dit-elle d’un air presque accusateur.

— Pourquoi me demandes-tu ça ? Tu connais ce maître ?

— Non, mais je voulais savoir si tu l’avais rencontré.”

Elle ne tient pas à s’étendre. Lham Yeshi a immédiatement senti que son amie n’est pas dans son humeur habituelle, à parler, parler, avec cette manie qu’elle a de commencer toutes ses phrases par la question “Tu sais quoi ?” à laquelle Lham Yeshi répond invariablement : “Non.” Quand Tsomo parle de sa vie, c’est un peu comme une rivière qui suit son cours. Le débit est lent, la plupart du temps, certains souvenirs donnant lieu à de petits rires semblables aux murmures d’un ruisseau. Puis, soudain, c’est comme un torrent qui rugit, l’emporte. Comme si son instinct la poussait à raconter sa vie, à se délivrer de son passé pour donner cohérence au présent. D’une rencontre à l’autre, autour d’un thé, par bribes, l’histoire de sa vie a émergé, pris corps, à la manière d’un gigantesque puzzle. Les vides se remplissent peu à peu, l’image d’un tout se dessine.

 

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

medias

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

medias

16

1

le-cercle-du-karma-kunzang-choden

898