Extrait

Le cercle
de Dave Eggers

Le 31/07/2017 à 09:30 - 0 commentaire

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Dave Eggers

Gallimard

avril 2016

9782070147427

510

25 €

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ISBN : 9782070147427

Editeur : Gallimard

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Résumé du livre
Quand Mae Holland est embauchée par le Cercle, elle n'en revient pas.
Installé sur un campus californien, ce fournisseur d'accès Internet relie les mails personnels, les réseaux sociaux, les achats des consommateurs et les transactions bancaires à un système d'exploitation universel, à l'origine d'une nouvelle ère hyper-numérique, prônant la civilité et la transparence.
Alors que la jeune femme parcourt les open-spaces, les immenses cafétérias en verre, les dortoirs confortables pour ceux qui restent travailler le soir, la modernité des lieux et l'intense activité la ravissent. On fait la fête toute la nuit, des musiciens célèbres jouent sur la pelouse, des activités sportives, des clubs et des brunchs sont proposés, et il y a même un aquarium contenant des poissons rares rapportés par le P.-D.G.

Mae n'en croit pas sa chance de travailler pour l'entreprise la plus influente qui soit - même si le campus l'absorbe entièrement, l'éloignant de plus en plus de ses proches, même si elle s'expose aux yeux du monde en participant au dernier projet du Cercle, d'une avancée technologique aussi considérable qu'inquiétante.
Ce qui ressemble d'abord au portrait d'une femme ambitieuse et idéaliste devient rapidement un roman au suspense haletant, qui étudie les liens troubles entre mémoire et histoire, vie privée et addiction aux réseaux sociaux, et interroge les limites de la connaissance humaine.

 

Premier chapitre

Il n’y avait plus de limites, le futur était immense. Un temps viendrait où l’homme n’aurait plus assez de place en lui-même pour engranger tant de bonheur.

JOHN STEINBECK

À l’est d’Éden

 

 

Mon Dieu, pensa Mae. C’est le paradis.

Le campus était vaste et tentaculaire, paré des couleurs intenses du Pacifique. Le moindre détail en avait été minutieusement élaboré, façonné par des mains passionnées. Autrefois chantier naval, puis cinéma en plein air, puis marché aux puces, puis terrain vague, c’était à présent un espace vallonné et verdoyant. Au beau milieu, une fontaine Calatrava et une aire de pique-nique, avec des tables disposées en cercles concentriques. Des terrains de tennis en terre battue et en gazon. Un terrain de volley-ball, où les enfants de la crèche de la société couraient et criaient, bondissant comme l’eau vive. Il y avait aussi des espaces de travail, plus de cent cinquante hectares d’acier inoxydable et de verre qui abritaient les quartiers généraux de l’entreprise la plus influente du monde. Le ciel, au-dessus, était d’un bleu azur immaculé.

Mae, déambulant du parking jusqu’au hall d’accueil, s’efforçait d’avoir l’air de faire partie de la maison. Le chemin serpentait entre citronniers et orangers, et les pavés d’un rouge uniforme étaient remplacés de temps à autre par des dalles de céramique sur lesquelles étaient inscrits de vibrants messages d’inspiration personnelle. « Rêvez », proclamait l’un d’eux, le mot tracé au laser sur la surface rouge. « Participez », suggérait un autre. Il y en avait des douzaines : « Rejoignez la communauté », « Innovez », « Imaginez ». Mae faillit marcher sur la main d’un jeune homme en combinaison grise en train d’installer une nouvelle dalle qui disait « Respirez ».

En ce lundi ensoleillé du mois de juin, elle s’immobilisa devant la porte d’entrée en verre sur laquelle le logo de la société était gravé, légèrement au-dessus de sa tête. L’entreprise n’existait que depuis six ans, mais le nom et le logo – un cercle enserrant une sorte de mosaïque au centre de laquelle figurait un petit « c » – faisaient déjà partie des plus célèbres au monde. Plus de dix mille employés travaillaient, ici, au siège, mais le groupe possédait des bureaux dans le monde entier, et embauchait chaque semaine des centaines de jeunes gens brillants. Le Cercle venait d’être élu « société la plus admirée de la planète » pour la quatrième année consécutive.

Sans Annie, Mae n’aurait jamais pensé avoir la chance de travailler dans un endroit pareil. Annie avait deux ans de plus qu’elle, et elles avaient partagé une chambre à la fac pendant trois semestres, dans un bâtiment hideux que seul le lien extraordinaire qui les unissait avait rendu habitable. Les deux amies auraient souhaité être sœurs ou cousines pour ne plus jamais être séparées l’une de l’autre. Un soir de leur premier mois de vie commune, pendant les examens de fin de trimestre, Mae s’était démis la mâchoire après s’être évanouie de fatigue. Annie lui avait pourtant dit de rester au lit ce jour-là, mais Mae, grippée et le ventre vide, était allée à la supérette acheter du café et s’était réveillée sur le trottoir, sous un arbre. Annie l’avait emmenée à l’hôpital, et avait attendu pendant que les médecins lui remettaient la mâchoire en place, puis elle était restée auprès d’elle toute la nuit, avait dormi à ses côtés sur une chaise en bois et, de retour dans leur petite chambre, l’avait nourrie à la paille des jours durant. Une telle compétence, un tel sens des responsabilités chez quelqu’un de son âge, ou presque, avaient fait sur Mae une impression si forte qu’elle était devenue envers Annie d’une loyauté à toute épreuve, ce qu’elle n’aurait jamais cru possible.

 

 

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