Extrait

La vie sauvage
de Thomas Gunzig

Le 07/09/2017 à 16:05 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Thomas Gunzig

Au Diable Vauvert

31/08/2017

9782846269612

336

18 €

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ISBN : 9782846269612

Editeur : Au Diable Vauvert

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ISBN : 9791030701524

Editeur : Au Diable Vauvert

Prix grand format : 10.99 €

 

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Résumé du livre
Bébé rescapé d’un accident d’avion, Charles grandit dans la jungle africaine. Retrouvé par hasard le jour de ses seize ans et ramené à sa famille, il va découvrir les misères de la civilisation dans une petite ville du nord de l’Europe. La rage au ventre, il mettra tout en œuvre pour retourner d’où il vient et où l’attend l’amour de sa vie.

 

Premier chapitre

Pour ma fille, Clara

 

 

Gaspard Hauser chante :

Je suis venu, calme orphelin,

Riche de mes seuls yeux tranquilles,

Vers les hommes des grandes villes

 

Paul Verlaine

 

 

Avant-propos


Ce livre n’a d’autre ambition que de témoigner de ce qui s’est véritablement passé, afin que le lecteur puisse se faire un avis.

J’ai pris le parti de la franchise et de l’honnêteté.

Les noms et les lieux n’ont pas été changés, il était inutile d’essayer de garder ça secret, parce que j’en ai vraiment rien à foutre des conséquences.

 

 

1.


J’aurais pu commencer cette histoire en racontant comment on m’avait cru disparu et mort et comment c’était faux. J’aurais pu commencer en racontant comment mon père et ma mère, eux, étaient bel et bien disparus et morts, dans cet ordre ou dans l’autre. Ça aurait certainement fait un bon début d’histoire, mais comme ce n’est pas le plus important, je raconterai tout ça plus tard. J’aurais pu commencer cette histoire en racontant les premières années de ma vie pour convaincre le lecteur que, contrairement à tout ce qu’on a pu dire, ces années furent belles et généreuses en toutes choses. Mais de ça aussi, je me suis dit que j’en parlerais plus tard, quand le moment sera venu. J’aurais pu commencer en racontant de quelle façon on s’était rendu compte que je n’étais ni disparu ni mort et comment on était venu me chercher. J’en parlerai aussi, car la manière dont ça s’est passé est si étonnante, qu’elle provoquera chez le lecteur l’apparition de quantité de réflexions sur le sens de la vie et l’ironie du destin. Mais finalement, j’ai préféré commencer à un point assez proche d’aujourd’hui, c’est-à-dire en ce jour de novembre où, après plusieurs heures de vol, après mon premier face-à-face avec l’hiver européen (avec son horrible visage grisâtre et son air aussi glacé et puant que l’haleine d’un mort), une dame m’avait conduit dans le bureau de mon oncle et m’avait demandé d’attendre un instant.

La dame était venue me chercher à l’aéroport. Pour rendre ce récit un peu plus vivant, il faut que je vous la décrive, mais avant de vous la décrire, il faut que je précise qu’à ce moment-là, j’étais dans un état qu’un psychologue qualifierait de « perturbé ». J’avais été arraché avec une certaine brutalité à tout ce qui constituait mon univers, j’avais l’impression que ma vie était finie, j’avais à la fois envie de mourir et de tuer, et le long couloir des débarquements, décoré de publicités dont le bonheur artificiel me faisait l’effet d’agressions manifestes, m’apparaissait comme un chemin de croix, comme la route vers le Golgotha.

Au bout de ce chemin, après avoir récupéré mon bagage ridiculement maigre, vêtu du training crasseux que je traînais depuis mon départ, j’avais donc rencontré la première personne de mon nouvel univers. C’était une dame, une dame qui m’avait reconnu dans la petite foule. Sans doute lui avait-on donné une photographie. Quand j’avais passé la porte, au milieu de visages inconnus, j’avais vu un bras qui s’agitait, un regard qui cherchait le mien.

 

 

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