Extrait

La tristesse du samouraï
de Del Arbol, Victor

Le 23/05/2013 à 08:44 - 0 commentaire

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Prix :

Del Arbol, Victor

Actes Sud

policier & thriller (grand format)

31/12/2011

9782330002251

300

22.90 €

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Résumé du livre
Mise élégante et port altier, une femme arpente les quais de la gare de Mérida au petit matin. Des passagers apeurés n'osent croire que la guerre est finie, mais Isabel fait partie de la caste des vainqueurs et n'a rien à redouter des phalangistes arrogants qui battent le pavé en ce rude hiver 1941. Elle presse la main de son plus jeune fils et écrit à l'aîné, qu'elle s'apprête à abandonner, les raisons de sa fuite.
Le train pour Lisbonne partira sans elle. L'enfant rentre seul chez son père, obnubilé par le sabre qu'un homme vient de lui promettre. Il n'est encore qu'un petit garçon vulnérable, très attaché à sa mère. Et Isabel disparaît pour toujours.
Des années plus tard, une avocate envoie sous les verrous un inspecteur jugé coupable d'une bavure policière. Evidences et preuves s'amoncellent : la joute est trop aisée et la victoire trop belle. María vient d'ouvrir une effroyable boîte de Pandore, libé rant quatre décennies de fureur, de vengeance et de haine dont elle ignore tout et qui pourtant coulent dans ses veines.
De l'après-guerre espagnol à la tentative de coup d'Etat de février 1981, la saga familiale abonde en complots, enlèvements et trahisons qui marquent trois générations au fer rouge. Un instituteur de village s'est épris d'une femme trop grande pour ses rêves. Faute originelle qui a transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d'honneur des samouraïs en un pitoyable massacre.
Se jouant à merveille d'un contexte historique opaque, La Tristesse du Samouraï est un intense thriller psychologique qui mène les personnages aux limites de leurs forces pour briser la transmission héréditaire d'un péché mortel.

 

Premier chapitre

PRÉFACE

 

 

 

Barcelone. Mai 1981.

 

Il y a des gens qui refusent d’être aimés, ils préfèrent qu’on les quitte. María était de ceux-là. C’est sans doute pourquoi elle ne voulait voir personne, même en fin de parcours, dans cette chambre d’hôpital.

Elle se contentait de regarder les lilas, sa fleur préférée, que lui envoyait Greta. Ils essayaient de survivre dans leur vase, adoptant l’attitude héroïque des conquérants de l’inutile. Les pétales fragiles languissaient au fil des jours, affichant malgré tout une élégance discrète et chatoyante.

María se plaisait à croire que son agonie leur ressemblait : discrète, élégante, muette. Mais son père assis dans la pièce, au bout du lit, fantôme de pierre silencieux du matin au soir, le regard fixe, lui rappelait qu’il n’était pas si facile de mourir. D’ailleurs, il suffisait que la porte s’entrouvre pour voir le policier en faction dans le couloir et comprendre que les événements de ces derniers mois ne s’effaceraient pas, même après que les médecins auraient débranché la machine qui la maintenait en vie.

Ce matin-là, Marchán, l’inspecteur qui s’occupait de son cas, était passé la voir. C’était un homme courtois, vu les circonstances, mais intransigeant. Si son état lui inspirait pitié, il ne le montrait pas. Pour l’inspecteur, María était suspectée de plusieurs assassinats, et de complicité dans l’évasion d’un prisonnier.

— Notre ami a pris contact avec vous ? demanda-t-il avec une froideur respectueuse.

Marchán avait apporté les journaux du jour, qu’il posa sur la table de chevet. María ferma les yeux.

— Pourquoi l’aurait-il fait ?

Le policier déboutonna sa veste, s’adossa au mur et croisa les bras. Il était pâle et fatigué.

— Parce qu’il vous doit bien ça, compte tenu de la situation.

— Ma situation ne va pas changer, inspecteur. Et je pense que César en a conscience. Ce serait idiot qu’il risque tout pour une moribonde.

Marchán se tourna vers la silhouette hiératique du vieillard assis près de la fenêtre.

— Comment va votre père, aujourd’hui ?

María hésita. Il était difficile de connaître les sentiments d’une pierre.

— Il ne peut pas me le dire. Il me regarde et il continuera tant qu’il aura des yeux pour me voir.

Le policier soupira. Devant cette femme qui avait dû être séduisante sans la tête rasée et sans tous ces fils qui la rattachaient à un moniteur où clignotaient voyants et graphiques, Marchán avait l’impression d’être comme ces mineurs qui tapent sur un rocher de toutes leurs forces et n’en tirent que des éclats insignifiants.

— Soit, comme vous voudrez… Et côté aveux, où en sommes-nous ? Votre père a-t-il l’intention de faire sa déposition ?

María se tourna vers lui. Le vieillard regardait maintenant par la fenêtre. La lumière éclairait en partie son visage ravagé. Sa lèvre pendait et un filet de bave maculait sa chemise. María eut une bouffée de rage et de compassion. Pourquoi cette présence obstinée, si lourde de reproches muets ?

 

 

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