Extrait

La seule histoire
de Julian Barnes

Le 07/09/2018 à 07:42 - 0 commentaire

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Julian Barnes

Mercure De France

06/09/2018

9782715247079

272

22.80 €

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ISBN : 9782715247079

Editeur : Mercure De France

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ISBN : 9782715247086

Editeur : Editions du Mercure de France

Prix grand format : 15,99 €

 

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Résumé du livre
Un premier amour détermine une vie pour toujours : c’est ce que j’ai découvert au fil des ans. Il n’occupe pas forcément un rang supérieur à celui des amours ultérieures, mais elles seront toujours affectées par son existence. Il peut servir de modèle, ou de contre-exemple. Il peut éclipser les amours ultérieures ; d’un autre côté, il peut les rendre plus faciles, meilleures. Mais parfois aussi, un premier amour cautérise le cœur, et tout ce qu’on pourra trouver ensuite, c’est une large cicatrice. Paul a dix-neuf ans et s'ennuie un peu cet été-là, le dernier avant son départ à l’université. Au club de tennis local, il rencontre Susan – quarante-huit ans, mariée, deux grandes filles – avec qui il va disputer des parties en double. Susan est belle, charmante, chaleureuse. Il n’en faut pas davantage pour les rapprocher… La passion? Non, l’amour, le vrai, total et absolu, que les amants vivront d’abord en cachette. Puis ils partent habiter à Londres : Susan a un peu d’argent, Paul doit continuer ses études de droit. Le bonheur? Oui. Enfin presque car, peu à peu, Paul va découvrir que Susan a un problème, qu’elle a soigneusement dissimulé jusque-là : elle est alcoolique. Il l’aime, il ne veut pas la laisser seule avec ses démons. Il va tout tenter pour la sauver et combattre avec elle ce fléau. En vain… Mais lui, alors? Sa jeunesse, les années qui passent et qui auraient dû être joyeuses, insouciantes? Il a trente ans, puis trente et un, puis trente-deux. Vaut-il mieux avoir aimé et perdre ou ne jamais avoir aimé ?
Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin

 

Premier chapitre

À Hermione

 

 

Roman : une petite histoire, généralement d’amour.

SAMUEL JOHNSON

Un dictionnaire de langue anglaise (1755)

 

 

I

 

 

Préféreriez-vous aimer davantage, et souffrir davantage ; ou aimer moins, et moins souffrir ? C’est, je pense, finalement, la seule vraie question.

 

Vous pouvez faire remarquer – à juste titre – que ce n’est pas une vraie question. Parce que nous n’avons pas le choix. Si nous avions le choix, la question pourrait se poser. Mais nous ne l’avons pas, donc elle ne se pose pas. Qui peut contrôler la force de son amour ? Si vous pouvez la contrôler, ce n’est pas de l’amour. Je ne sais pas comment vous appelez cela, mais ce n’est pas de l’amour.

 

La plupart d’entre nous n’ont qu’une histoire à raconter. Je ne veux pas dire qu’une seule chose nous arrive dans notre vie : il y a d’innombrables événements, dont nous faisons d’innombrables histoires. Mais il n’y en a qu’une qui compte, qui vaille finalement d’être racontée. Ceci est la mienne.

 

Mais voici le premier problème. Si c’est votre seule histoire, c’est celle que vous avez racontée le plus souvent, même si – comme c’est le cas ici – c’était surtout à vous-même. La question alors est : toutes ces narrations de votre propre histoire vous rapprochent-elles de la vérité de ce qui s’est passé, ou vous en éloignent-elles ? Je n’en sais trop rien. Un test pourrait être la question de savoir si, les années passant, on en ressort sous un meilleur jour, ou l’inverse. En ressortir sous un plus mauvais jour pourrait indiquer qu’on est plus véridique. D’un autre côté, il y a le risque de se montrer rétrospectivement antihéroïque ; feindre de s’être plus mal comporté qu’on ne l’a fait en réalité peut être une forme d’éloge de soi. Alors il me faudra être prudent. Mais bon, j’ai appris à être prudent au fil du temps. Aussi prudent maintenant que j’étais alors imprudent. Ou veux-je dire insouciant ? Un mot peut-il avoir deux contraires ?

 

L’époque, le lieu, le milieu social ? Je ne suis pas sûr qu’ils soient si importants que ça dans les histoires où il est question d’amour. Peut-être autrefois, dans les classiques, où il y avait des luttes entre amour et devoir, amour et religion, amour et famille, amour et État. Ceci n’est pas une de ces histoires. Mais enfin, si vous insistez. L’époque : il y a plus de cinquante ans. Le lieu : à une vingtaine de kilomètres au sud de Londres. Le milieu social : celui de la grande banlieue résidentielle alors appelée « zone des agents de change » – non que j’y aie jamais rencontré le moindre agent de change pendant toutes ces années. Maisons individuelles, certaines à colombages, ou à revêtement de tuiles. Haies de troène, de laurier et de hêtre. Rues aux bords encore vierges de lignes jaunes indiquant les restrictions de stationnement ; c’était une époque où l’on pouvait aller jusqu’en ville et se garer presque n’importe où. Notre secteur particulier de zone suburbaine avait pour nom charmant « le Village », et avait bien pu être encore considéré comme tel quelques décennies plus tôt. Il contenait à présent une gare où des hommes en costume prenaient le train pour Londres du lundi au vendredi, et certains, pour une demi-journée supplémentaire, le samedi. Il y avait un arrêt des bus Green Line ; un passage pour piétons avec globes orange clignotants ; un bureau de poste ; une église à laquelle on avait donné le nom peu original de St Michael ; un pub, un magasin d’articles divers, un pharmacien, un coiffeur ; une station-service qui se chargeait aussi des réparations simples. Le matin, vous entendiez le bruit plaintif des voitures de laitier électriques – Express ou United Dairies ; le soir, et les week-ends (mais jamais un dimanche matin), le teuf-teuf des tondeuses à moteur.

 

 

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