Extrait

La servante écarlate
de Margaret Atwood

Le 15/01/2018 à 08:38 - 0 commentaire

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Margaret Atwood

Robert Laffont

08/06/2017

9782221203323

11.50 €

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ISBN : 9782221203323

Editeur : Robert Laffont

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ISBN : 9782221139264

Editeur : Robert Laffont

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Résumé du livre
Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d'esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, " servante écarlate " parmi d'autres, à qui l'on a ôté jusqu'à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler... En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s'est vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n'est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n'a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d'oeuvre de Margaret Atwood, diffusée sous le titre original The Handmaid's Tale, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.
traduction Sylviane Rue

 

Premier chapitre

Pour Mary Webster et Perry Miller

 

 

Note de l’éditeur

 


* * *

 

 

Trente ans après la première publication de La Servante écarlate, l’édition de ce titre a été augmentée d’une postface de Margaret Atwood où elle nous livre avec son brio habituel les secrets de l’écriture de son chef-d’œuvre d’anticipation.

Pourquoi lire ce livre ? Deux raisons essentielles.

Parce que c’est l’un des grands romans du XXe siècle, et parce que Defred est un magnifique personnage féminin, au regard incisif teinté d’ironie. Courageuse, intelligente, débrouillarde. À l’image de sa créatrice, en somme.

Deux raisons parmi tant d’autres.

 

 

 

Rachel, voyant qu’elle-même ne donnait pas d’enfants à Jacob, devint jalouse de sa sœur et elle dit à Jacob : « Fais-moi avoir aussi des fils, ou je meurs. »

Jacob s’emporta contre Rachel, et dit : « Est-ce que je tiens la place de Dieu, qui t’a refusé la maternité ? »

Elle reprit : « Voici ma servante Bilha. Va vers elle et qu’elle enfante sur mes genoux : par elle j’aurai moi aussi des fils. »

Genèse, 30 : 1-3.

 

Quant à moi, m’étant inutilement fatigué pendant plusieurs années en donnant des avis frivoles, vains et visionnaires, et désespérant à la fin d’y pouvoir réussir, heureusement j’ai conçu ce projet…

Jonathan SWIFT,

Une modeste proposition.

 

Il n’y a pas dans le désert de panneau qui dise : Tu ne mangeras point de pierres.

Proverbe soufi.

 

 

I. Nuit

 

 

1.


Nous dormions dans ce qui fut autrefois le gymnase. Le sol était en bois verni, avec des lignes et des cercles tracés à la peinture, pour les jeux qui s’y jouaient naguère ; les cerceaux des paniers de basket-ball étaient encore en place, mais les filets avaient disparu. Un balcon courait autour de la pièce, pour recevoir le public, et je croyais sentir, ténue comme une image persistante, une odeur âcre de sueur transpercée par les effluves sucrés de chewing-gum et de parfum que dégageaient les jeunes spectatrices, que les photographies me montraient en jupes de feutrine, plus tard en minijupes, ensuite en pantalons, puis parées d’une unique boucle d’oreille, les cheveux en épi, striés de vert. On avait dû y organiser des bals ; leur musique y traînait encore, palimpseste de sons non entendus, un style succédant à l’autre, courant souterrain de batterie, plainte désespérée, guirlandes de fleurs en papier mousseline, diables en carton, boule de miroirs pivotante, poudrant les danseurs d’une neige de lumière.

Cette salle sentait les vieilles étreintes, et la solitude, et une attente de quelque chose sans forme ni nom. Je me rappelle cette nostalgie de quelque chose qui était toujours sur le point d’arriver et qui n’était jamais comme ces mains alors posées sur nous, au creux des reins, ou comme ce qui se passait sur le siège arrière, dans le parking, ou dans le salon de télévision, le son coupé, avec seules les images à clignoter sur la chair émue. Nous soupirions après le futur. Comment l’avions-nous acquis, ce don de l’insatiabilité ? Il était dans l’air ; et il y demeurait, comme une pensée à retardement, tandis que nous essayions de dormir dans les lits de camp qui avaient été disposés en rangées, espacées pour que nous ne puissions pas nous parler. Nous avions des draps de molleton, comme ceux des enfants, et des couvertures de l’armée, des vieilles, encore marquées U.S. Nous pliions soigneusement nos vêtements et les déposions sur les tabourets placés au pied des lits. La lumière était en veilleuse, mais pas éteinte. Tante Sarah et Tante Élisabeth patrouillaient ; un aiguillon électrique à bétail était suspendu par une lanière à leur ceinture de cuir.

 

 

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