Extrait

La police des Lumières
de Nicolas Vidoni

Le 13/08/2018 à 06:10 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Nicolas Vidoni

Perrin

26/04/2018

9782262041458

400

24 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782262041458

Editeur : Perrin

Prix grand format : 24 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782262076245

Editeur : Perrin

Prix grand format : 14,99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
La première synthèse sur la police d'Ancien régime, acteur essentiel de la construction de l'Etat.
Les forces de police entretiennent une histoire d'amour et de haine avec les populations qu'elles doivent servir et encadrer. Portées aux nues lorsqu'elles protègent, elles sont en partie rejetées lorsqu'elles contraignent. Cette dualité ne date pas d'hier ; pour mieux la comprendre, Nicolas Vidoni propose un essai sur la naissance et le développement des " politiques policières " pratiquées par les agents de la lieutenance de police de Paris entre 1667 et 1789.
Forte de sa " capacité à agir " dans et sur l'espace urbain, la lieutenance a en effet réussi à s'imposer comme un des acteurs majeurs dans la ville d'Ancien Régime. Comprendre la police exercée par cette dernière revient donc à envisager une expérience forgée au contact de la ville capitale et sa population et qui remodèle finalement l'Etat royal. Cette histoire est enfin d'une grande modernité, puisque si les termes ont changé, la question du rapport entre police et population dans la cité reste d'une brûlante actualité. Mais au-delà de cette dimension politique – entendue au sens large – de la lieutenance, c'est bien son action pratique, donc le cœur de son activité, qui est le sujet de ce livre.

 

Premier chapitre

Pour Jessica, Léon et Sacha

 

 

Introduction

Depuis quelques décennies, l’assimilation croissante entre les idées de sécurité et de police est le fruit de politiques qui tendent à réduire la police à ses aspects répressifs, afin de répondre à un sentiment d’insécurité ressenti de plus en plus fortement1 . Au-delà du fait que les politiques policières déterminent en partie le sentiment d’insécurité, au-delà de logiques électorales ponctuelles, ces politiques de court terme occultent les autres aspects du travail policier – l’aide aux personnes, le travail judiciaire, la résolution de conflits, etc. C’est une véritable réduction du sens de la police qui s’opère, et qui participe, en partie, d’une perte de légitimité de l’institution chargée de sa mise en œuvre.

Pour ces raisons, l’histoire politique et l’histoire institutionnelle ont longtemps assimilé les institutions policières au contrôle des populations, dans les domaines des mœurs, de la dissidence politique ou de la censure, en se fondant sur ce que la police devenait au xixe siècle et plus encore au xxe siècle. Mais, ce faisant, elles ont occulté un autre aspect : la dimension matérielle de l’administration de la ville. L’influence de la sociologie ainsi que le renouvellement des études historiques2 sur la police par un retour à toutes les archives produites sous l’Ancien Régime permettent d’enrichir le questionnement autour de sujets a priori simples qui dévoilent le gouvernement et l’administration des cités.

L’étude de la police sur un temps plus long permet de constater qu’elle n’est plus, aujourd’hui, ce qu’elle était au cours de l’époque de constitution de l’État moderne, entre le xvie et le xixe siècles. Au cours de cette période, plus précisément vers la fin du xviie siècle et tout au long du xviiie siècle, l’idée d’administrer les villes s’est imposée en France et en Europe. Cette idée d’administration était synonyme et largement identique à l’idée de « police », bien que le terme « d’administration » commença de supplanter celui de « police » utilisé depuis l’époque des cités antiques. Le très large éventail des tâches qui ressortissaient à la police rappelle combien elle n’était pas entendue uniquement dans un sens de contrôle et de répression des populations, à l’instar de ce qui fut pratiqué à partir du xixe siècle, quand le sens du mot commença à se « rétrécir »3 . En effet, la police avait été pensée, depuis le Moyen ge, comme l’un des piliers de la souveraineté du roi. Elle s’imbriquait de la sorte étroitement dans les actions que l’État pouvait mener en vue d’assurer ce qui était appelé le « bien commun », alors qu’elle était en réalité principalement aux mains des dirigeants des villes qui devaient maintenir le bon ordre et la salubrité. Pour ces raisons, et plus généralement, l’idée de « police » renvoyait à l’état idéal dans lequel une société était naturellement régulée et fonctionnait selon le principe de l’inégalité des individus et des groupes sociaux. Elle était ainsi à la fois l’état social hiérarchisé en ordres et en classes qui restait l’horizon à atteindre, et le moyen pour y parvenir. C’est dans ce cadre que la notion se complexifia, puisque la police devint un enjeu de la compétition entre différents pouvoirs. La monarchie prétendit petit à petit prendre part à son exercice, et développa à la fois des argumentaires théoriques et de nouvelles pratiques de terrain pour se l’approprier et concurrencer les autorités urbaines sur une portion de l’exercice du gouvernement des villes.

 

 

page suivante

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

la-police-des-lumieres-nicolas-vidoni

6895