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La méduse ; les dessous d'un naufrage ; les survivants témoignent
de Dominique Le Brun

Le 22/10/2018 à 08:59 - 0 commentaire

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Dominique Le Brun

Omnibus

20/09/2018

9782258151826

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22 €

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ISBN : 9782258151826

Editeur : Omnibus

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ISBN : 9782258151833

Editeur : Place des éditeurs

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Résumé du livre
Les dessous d'un naufrage très politique révélés par ceux qui ont vécu le drame.
Le 2 juillet 1816, la frégate française La Méduse s'échoue sur un banc de sable au large de la Mauritanie à la suite d'une erreur de navigation grossière. La mer est calme, le navire n'est pas endommagé et la côte est proche... Pourtant cet incident stupide mais banal va se transformer en tragédie – une des plus célèbres de l'histoire de France.
Les témoignages réunis dans ce recueil révèlent, au fil du récit, les préventions sociales et les choix politiques qui sont à l'origine de l'accident et de ses suites catastrophiques. On comprend à les lire qu'ils aient fait scandale dans une France tout juste rendue aux Bourbon. Car c'est bien l'acharnement des nouveaux gouvernants à effacer les traces de la Révolution qui a, indirectement mais inéluctablement, provoqué la mort de près de deux cents personnes. Ainsi, entre autres aberrations, le commandant de l'expédition était-il un royaliste émigré restauré dans ses fonctions sans avoir navigué depuis près de vingt ans. Ainsi le choix des passagers désignés pour embarquer sur les quelques chaloupes ou sur le sinistre radeau fut-il fait en fonction de leur rang.
Les témoignages retenus croisent les points de vue, leurs auteurs étant présents soit sur les chaloupes (Sander Rang, Charlotte Dard, Charles Bredif), soit sur le radeau (Alexandre Corréard, Henri Savigny, Daniel Dupont), tous s'accordant à désigner les responsables du drame et les héros oubliés.

 

Premier chapitre

Rien de tout cela n’aurait jamais dû arriver. L’échouement de la frégate Méduse, en 1816, sur des hauts-fonds situés au large de la Mauritanie, n’a rien d’une fortune1 de mer. Et l’abandon de cent quarante-sept passagers sur un radeau incapable de les soutenir hors de l’eau n’est pas une cruauté du destin. Les seuls responsables en sont l’incompétence des uns et la mythomanie des autres, aggravées par l’esprit de classe et le fanatisme politique qui caractérisent la Seconde Restauration royaliste sous Louis XVIII. Le tableau que, trois ans plus tard, ce drame inspire au peintre Théodore Géricault suscite donc la polémique, les royalistes n’appréciant guère de voir immortalisé un des pires scandales du règne. Par ailleurs, les critiques d’art sont choqués par cette représentation réaliste de l’horreur, en même temps que déstabilisés devant une construction graphique qui échappe aux canons de l’époque. Telle est l’histoire du Radeau de la Méduse.

L’affaire commence avec les traités de Paris, qui mettent fin aux guerres napoléoniennes. Signés en 1814 et 1815, ils définissent les territoires accordés au nouveau royaume de France par les Alliés ; parmi ces dispositions figure la rétrocession de la colonie du Sénégal, alors occupée par les Anglais. Une division navale est donc dépêchée à Saint-Louis afin de prendre possession officielle des lieux, la flottille se composant de quatre bâtiments : la frégate Méduse, la corvette Echo, le brick Argus et la gabare Loire. La Méduse et la Loire servent essentiellement au transport de personnel pour la colonie et reviendront en France après avoir débarqué soldats et fonctionnaires. L’Argus restera sur place en tant que navire stationnaire, tandis que l’Echo s’en ira hydrographier les côtes du cap Vert. En fait d’hydrographie, il est surtout chargé de trouver un site où déporter des centaines de condamnés politiques, tous ceux qui pendant les Cent-Jours ont prêté allégeance à Napoléon revenu de l’île d’Elbe.

 

 

La Division navale du Sénégal


Cette mission – une traversée de 2 200 milles nautiques – ne présente pas de difficultés particulières. A ceci près cependant : après l’escale à Santa Cruz de Ténériffe, ayant franchi le cap Blanc qui marque la pointe nord-ouest de la Mauritanie, il ne faut pas faire route directe sur Saint-Louis. En effet, dans le sud du cap, le banc d’Arguin étend ses hauts-fonds très au large. Ces bancs de sable nés des jeux de la houle et des courants se déplacent sans cesse ; c’est pourquoi on sait que les cartes sont fausses et qu’il ne faut pas leur faire confiance. Les ordres donnés à Chaumareys sont clairs : après avoir reconnu le cap Blanc, la Division du Sénégal fera route au sud-sud-ouest (elle s’éloignera de la côte, donc) pendant 16 lieues (48 milles nautiques). Alors seulement elle reviendra vers la terre, qu’elle longera sans jamais cependant franchir la ligne des 100 mètres de fond.

 

 

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