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La maison aux orangers
de Claire Hajaj

Le 28/03/2018 à 18:20 - 0 commentaire

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Claire Hajaj

Les Escales

08/03/2018

9782365693141

394

21.90 €

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ISBN : 9782365693141

Editeur : Les Escales

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ISBN : 9782365693837

Editeur : Les escales éditions

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Résumé du livre
Jaffa, Palestine, 1948. Salim attend impatiemment le jour de ses huit ans. Enfin, il va pouvoir accompagner son père pour la cueillette des oranges, symbole du passage à l'âge adulte. Mais il n'aura jamais cette joie : la guerre israélo-arabe débute et sa famille est obligée de fuir en laissant derrière elle la maison et les orangers.
Sunderland, Angleterre, 1959. Judit, douze ans, doit préparer sa bat-mitsvah. Elle voudrait pourtant oublier son prénom trop connoté, le poids écrasant du passé familial hanté par les pogroms russes et les camps allemands, et se jette à corps perdu dans la natation.
Londres, swinging sixties. Lorsque leurs chemins se croisent, Judit et Salim tombent follement amoureux. Comment réussir à imposer leur histoire? Parviendront-ils à faire fi du poids du passé et à surmonter les embûches qui les attendent ?
traduction : Julie Groleau

 

Premier chapitre

À ma famille, proche et lointaine

Avec mon admiration et mon amour.

 

 

Sophie chérie,

 

Je ne m’attends pas à ce que tu me pardonnes ni que tu me comprennes. Dès le départ, tu as toujours été la fille bien. La conciliatrice.

Mais tout devient clair, maintenant que je suis ici et que je la vois, que je la vois en vrai, Sophie, après l’avoir imaginée toutes ces années. Elle est exactement comme sur la photo. Blanche. Aussi blanche que la craie. Il y a des arbres derrière le portail et, partout, de la terre dorée.

Je devrais la haïr, n’est-ce pas ? Mais elle est si belle, là toute seule. Et paisible, comme dans un rêve. Comme dans les films familiaux que nous tournions dans le désert, lorsque nous étions enfants. Te souviens-tu ? Des images sans le son. Et nous riions en agitant la main, et lui nous encourageait derrière la caméra. Ce furent les seuls moments où nous ne faisions pas semblant, où nous étions presque une vraie famille.

Tu sais ce qui fait le plus mal ? Tous les soirs, avant d’aller dormir, quand maman nous faisait la lecture – tu sais, « il était une fois », et « maintenant l’histoire est terminée ». Tu te rappelles comme on adorait ça ? Eh bien, ce n’était qu’un mensonge. Les histoires n’ont ni début ni fin. Elles continuent, c’est tout. Toi, moi, eux, tous les autres avant nous, nous dansons sur l’air de la même maudite chanson. Et je suis fatigué, tellement fatigué. Mais je ne vois pas comment nous pourrions nous arrêter un jour.

Et le pire, c’est que nous aurions peut-être été heureux dans cette maison. N’est-ce pas le plus fou ? Si ce vieux cinglé avait raison, finalement, si cet endroit était réellement notre foyer ? J’imagine déjà les photos de nos meilleurs souvenirs accrochées aux murs. Mon premier spectacle. Toi et moi main dans la main sur la plage. Maman dans sa robe de mariée. Et même un cliché de lui, peut-être en train de jouer au football ici, pieds nus dans la poussière, entouré par la mer. Tout ce que j’aurais pu aimer chez lui, que j’ai continué à aimer même après qu’il m’a rejeté.

J’aimerais t’expliquer cela plus clairement, Sophie. Je veux trouver une manière de l’exprimer afin que tout prenne son sens, afin que tu me comprennes sans que nous ayons besoin de parler, comme nous l’avons toujours fait. Je sais que tu essaieras parce que tu m’aimes, pourtant parfois, cela ne suffit pas, tu ne crois pas ?

Mais vois-tu, j’ai la certitude qu’un jour nous serons tous ici, ensemble. Les deux familles, celle de notre mère et celle de notre père. Ne serait-ce pas une fin parfaite ? Nous marcherions sur le petit sentier jusqu’à la mer. Je ne la vois pas mais je l’entends mugir de l’autre côté de la colline. Elle me parle. Je le jure, elle murmure en une centaine de voix. Je parie qu’elle serait capable de révéler ce qu’il s’est réellement passé ici, si seulement quelqu’un écoutait. Mais personne n’écoute jamais. Nous sommes des aveugles qui avançons en trébuchant sur cette terre. Nous regardons à travers les autres, même nos proches, comme s’ils étaient des étrangers.

 

 

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