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La fille dans l'escalier
de Louise Welsh

Le 08/10/2014 à 22:06 - 0 commentaire

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ISBN : 9791022601313

Editeur : Metailie

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Editeur : Anne-Marie Métailié

Prix grand format : 13.99 €

 

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Résumé du livre
Jane arrive à Berlin par une triste nuit de novembre. Sa compagne Petra l’a installée dans un bel appartement du quartier branché de Mitte. Pour Jane tout est nouveau : la langue, les rues, les gens, sa situation. Elle est isolée, enceinte, et voudrait s’intégrer. Alors que Petra est occupée à travailler, elle reste seule à la maison et se demande encore si elle fait bien d’avoir cet enfant. Elle explore le voisinage. Dans le bâtiment abandonné qui surplombe leur cour, une lumière vacille : une ombre passe dans l’escalier. Des cris dans la nuit, une voix d’homme, des pleurs d’enfant.

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

Un acte aussi simple que la mort

N’a nul besoin de faste pour l’excuser,

Ni que l’on dépense un souffle

Pour amplifier ce qu’il est.

 

« Un enterrement », Sydney Tremayne

 

 

 

Ils disent des choses qui, si nous pouvions les entendre, nous feraient frémir, tout simplement.

 

Le Tour d’écrou, Henry James

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

C’était le genre de journée qui rappelait à Jane son enfance, un morne dimanche de novembre qui emmitouflait les gens dans leur manteau et poussait les pieds à presser l’allure. Derrière la vitre du taxi, un homme corpulent vêtu d’un blouson de ski bleu glacier s’arrêta pendant que le yorkshire dont il tenait la laisse s’accroupissait dans l’herbe du bas-côté de la route. Jane supposait que, quelque part, une femme était restée au chaud, attendant le retour de son gros bonhomme et de son petit chien. Elle pariait que le yorkshire serait dans les bras de sa maîtresse avant que l’homme se soit seulement débarrassé de son anorak.

Il faisait bon dans le taxi, mais Jane remonta son écharpe autour de son visage comme si elle compatissait avec l’homme et sa corvée d’amour. Le feu passa au vert et le taxi redémarra, faisant osciller le chapelet accroché au rétroviseur. Petra tendit la main pour prendre la sienne.

« À quoi tu penses ?

– À rien. »

Petra défit un bouton du manteau de Jane, glissa la main sous ses plis et caressa le globe ferme de son ventre, mais le bébé avait cessé la gymnastique à laquelle il s’était livré dans l’avion.

« Comment est-il possible de ne penser à rien aujourd’hui ? » Petra retira sa main. « Je suis tellement contente que tu sois enfin ici. J’ai le cerveau en ébullition.

– C’est parce que tout repose sur toi.

Je suis parfaitement sereine.

– Comme la Madone. » Petra désigna du menton le tableau de bord où était adossée une carte religieuse. Une Vierge parée de bijoux portait un enfant Jésus plein de vie entièrement nu hormis une couronne dorée surmontée d’un halo.

« J’ai plus de chance que la Madone, je sais qu’un lit m’attend.

– Fatiguée ?

– Un peu. »

Elle était crevée. Les files d’attente à Heathrow et Schönefeld avaient été longues, et cela lui avait rappelé les premières semaines, quand elle avait l’impression que l’embryon lui pompait toute son énergie.

« On y sera bientôt. »

Les banlieues berlinoises défilaient, des immeubles aux lignes franches et des jardins bien entretenus, tous déserts, comme si un nettoyage gigantesque avait précédé le Ravissement. Jane se demanda si le fait de se méfier de la respectabilité était propre aux Écossais. L’ordre n’était pas toujours un masque.

Petra se pencha pour l’embrasser, en haut de la joue, juste au-dessus de la pommette. Jane vit le chauffeur de taxi leur lancer un regard dans le rétroviseur. Il détourna les yeux, puis les regarda à nouveau, mais il ne dit rien, pas même quand elle prit le visage de Petra dans ses mains pour l’embrasser sur les lèvres.

 

 

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