Extrait

La fille au sourire de perles
de Clemantine Wamariya ; Elizabeth Weil

Le 12/02/2019 à 09:49 - 0 commentaire

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Total pages :

Prix :

Clemantine Wamariya ; Elizabeth Weil

Les Escales

10/01/2019

9782365694186

294

20,90 €

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ISBN : 9782365694186

Editeur : Les Escales

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ISBN : 9782365694391

Editeur : edi8

Prix grand format : 13,99 €

 

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Résumé du livre
Un témoignage nécessaire qui nous incite à regarder au-delà du statut de victime. Clemantine Wamariya livre une histoire poignante et inspirante qui signale l'importance de chaque existence et la puissance du récit.
Rwanda, 1994. Clemantine a six ans lorsqu'elle doit fuir les massacres avec sa grande soeur Claire. Sans nouvelles de leur famille, déplacées de camps de réfugiés en camps de réfugiés, elles affrontent la faim, la soif, la misère et la cruauté pendant six ans avant d'arriver aux États-Unis.
À Chicago, Clemantine est recueillie par un couple aisé et découvre soudain une toute autre réalité. Projetée dans un véritable rêve américain, l'adolescente est pourtant plus perdue que jamais. Une question s'impose alors : comment se reconstruire et donner un sens à son histoire après avoir vécu l'enfer ?

Sincère, urgent et bouleversant, La Fille au sourire de perles examine la question de l'identité et de l'appartenance, des cicatrices laissées par un traumatisme, mais aussi du rapport à l'autre quand celui-ci ne voit en vous qu'une victime.
Un témoignage actuel et plus que jamais nécessaire.

traduction Julie Groleau

 

Premier chapitre

Pour Claire et Mukamana, qui m’ont appris

à créer et à vivre dans mon propre umugami.

 

 

* * *

 

 Umugami : histoire, conte de fées en kinyarwanda.

(Toutes les notes sont de la traductrice.)

 

 

Note des auteurs

 


* * *

 

 

Ceci est une œuvre de non-fiction. Si la majorité des personnes citées dans ce livre apparaissent sous leur vrai nom, certaines d’entre elles sont désignées par un pseudonyme. Nous nous sommes efforcées d’être les plus précises possible et, ce qui est essentiel pour un ouvrage tel que celui-ci, d’écrire avec sincérité. Mais la mémoire est faillible et particulière à chacun ; de plus, la plupart des événements décrits ici ont été vécus il y a plus de vingt ans par une enfant en proie à une immense tension. Toutes les vies humaines sont précieuses. L’histoire de chaque individu est essentielle. En voici une.

 

 

 

Quels sont les mots qui vous manquent encore ?

Qu’avez-vous besoin de dire ?

Audre Lorde, Sister Outsider

 

 

* * *

 

Audre Lorde, Sister Outsider. Essays and Speeches,

Crossing Press, New York, 1984.

 

 

 

2006

 

Prologue

 


* * *

 

 

La veille de l’enregistrement de l’émission d’Oprah, en 2006, j’ai retrouvé ma sœur chez elle, dans son appartement d’une cité d’Edgewater, où elle vivait avec ses trois enfants. Si Claire les avait tous mis au monde avant l’âge de vingt-deux ans, elle le devait à son ex-mari, un travailleur humanitaire qui l’avait poursuivie de ses assiduités dans un camp de réfugiés. Une limousine noire est venue nous chercher pour nous conduire dans le centre de Chicago, à l’hôtel Omni, près du lieu de travail de ma sœur. Aujourd’hui encore, je ne peux évoquer ce moment sans penser à ma naïveté, mais ce jour-là, j’étais sur un petit nuage.

J’avais dix-huit ans et j’étais en première au lycée de New Trier. Du lundi au vendredi, j’habitais avec la famille Thomas dans la banlieue chic de Kenilworth. Je faisais partie du groupe de jeunes de l’église, je m’entraînais à la course et jouais le rôle de Fantine dans Les Misérables, la pièce de théâtre de l’école. J’étais tout simplement celle qu’on voulait que je sois.

Claire, en revanche, était restée elle-même : une jeune femme inébranlable, une vraie dure à cuire. Contrairement à moi, elle n’était pas une enfant lorsque nous avions débarqué aux États-Unis. Personne ne l’avait envoyée à l’école ou accueillie chez soi, personne ne lui avait payé des leçons de piano, des séances chez l’orthophoniste ni ne lui avait offert de séjours en camp de majorettes. Claire avait continué à se battre. Pendant un certain temps, elle avait gagné sa vie en organisant des soirées : elle vendait des boissons et louait les services de DJs, qui mixaient du hip-hop américain avec des musiques de la superstar congolaise Papa Wemba et du rap français. Mais lorsqu’elle avait appris que la vente d’alcool sans licence était illégale, elle avait commencé à travailler à plein temps comme femme de ménage, nettoyant deux cents chambres d’hôtel par semaine.

 

 

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