Extrait

La chute de Geronimo
de Samuel E. Kenoi, Morris Opler

Le 13/02/2018 à 15:00 - 0 commentaire

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Samuel E. Kenoi, Morris Opler

Anacharsis

08/02/2017

9791092011425

120

7 €

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ISBN : 9791092011425

Editeur : Anacharsis

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ISBN : 9791027900343

Editeur : Anacharsis

Prix grand format : 19.99 €

 

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Résumé du livre
Sam Kenoi, Apache Chiricahua interrogé dans les années 1930, se souvient du Géronimo de son enfance. Il n'appréciait guère cet " emmerdeur [...] trouillard comme un coyote ". L'épopée du célèbre chef apache s'en trouve écornée, mais c'est aussi le moyen de faire entendre - au delà et malgré la dévastation - d'autres voix, celles du peuple anonyme qui survécut à une déportation de vingt-cinq ans en Floride puis en Oklahoma avant de pouvoir retrouver ses terres. Un récit vif, dense et poignant, parcouru d'un humour cabotin

 

Premier chapitre

Au matin pendant qu’ils mangeaient ils virent au-delà des plaines quelque chose prendre forme dans le soleil levant très loin sur l’argile aux teintes d’acier du lac de sel. Au bout d’un moment ils virent que c’était un cavalier. Il était peut-être à un mile de distance et il approchait dans une succession de minces et tremblantes images qui augmentaient soudain de longueur là où le sol était submergé puis rétrécissaient et s’agrandissaient de sorte que le cavalier semblait s’avancer puis reculer puis repartir en avant.


Cormac McCarthy – Le Grand Passage

 

 

Géronimo l’Apache, le plus grand païen que ce continent ait jamais engendré est enfin parti au Pays Bienheureux des Chasses Éternelles, où il créera encore bien des ennuis. Dans les annales de l’espèce humaine, il n’y a pas de meilleur portrait d’une brute parfaite. S’il y a quelque chose de vrai dans la théorie de la transmigration des âmes, Géronimo doit avoir été la réincarnation d’un tigre du Bengale, encore que ce ne soit pas très gratifiant pour le tigre. The Philadelphia Enquirer, 1909, édition du jour de la mort de Géronimo

 

 

Notice


En 1897, un jeune homme se trouve en caserne à Fort Grant, en Arizona, dans le 7e de cavalerie, le fameux régiment du général Custer qui avait été exterminé en 1876 à la bataille de Little Big Horn. Il s’agit d’Edgar Rice Burrough, qui fera paraître les premiers épisodes de son Tarzan en 1912. De son séjour en Arizona, mollement à la recherche des derniers et hypothétiques « Apaches hostiles », il garde essentiellement le souvenir mitigé d’une période de dysenterie récurrente. Mais ce faiseur de légendes saura aussi exploiter son expérience de l’Ouest dans plusieurs romans participant à la montée en puissance du western comme genre cinématographique et littéraire au début des années trente : ce sera The War Chief (1927), puis Apache Devil (1933), deux romans qui mettent en scène les Apaches et, singulièrement, Géronimo. La littérature populaire se faisait là le relais d’une légende déjà ancienne et appelée à une très longue et tenace postérité.

 

 

Géronimo, avant que d’être un Apache Chiricahua parmi d’autres, est une légende de l’Ouest américain, un mythe né du vivant même de son héros. Qu’il s’agisse d’articles parus dans des journaux racistes et sensationnalistes tels que le Tombstone Epitaph, ou le Tucson Citizen des années 1880, qui le présentent pour la première fois comme un monstre assoiffé de sang, ou, plus tard, de Géronimo luimême signant complaisamment des autographes (contre monnaie sonnante et trébuchante), ou encore dictant une histoire de sa vie dédiée (avec quelque ironie, peut-être) au président Théodore Roosevelt en 1906, Géronimo est un des tout premiers phénomènes médiatiques de masse. Le symptôme le plus évident en est la profusion de photographies que l’on connaît de lui, et qui le présentent sous toutes les coutures : voici « Géronimo en embuscade » – le « tigre humain », la plus célèbre de ses photos –, « Géronimo à cheval avec ses guerriers », Géronimo en « vieux sage » immortalisé par le fameux Edward S. Curtis1, « Géronimo cultivant ses pastèques en Oklahoma », « Géronimo en famille », Géronimo posant – circonspect – aux côtés de son « vainqueur » le général Miles, ou enfin « Géronimo au soir de sa vie » à fort Sill en Oklahoma… Durant tout le siècle dernier, le phénomène n’a fait que s’amplifier lorsque le cinéma, la littérature ou la bande dessinée se sont emparés de cette figure pour en abreuver l’imaginaire des foules2.

 

 

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