Extrait

L'Ultime Question
de Zeh Juli

Le 22/05/2013 à 09:16 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Zeh Juli

Actes Sud

romans et fiction romanesque

02/09/2008

9782742777686

412

23.40 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782742777686

Editeur : Actes Sud

Prix grand format : 23.40 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version poche

 

illustration

ISBN :

Editeur :

Prix grand format :

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782330003555

Editeur : Éditions Actes Sud

Prix grand format : 17.99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Une fois par mois, Oskar, chercheur en physique fondamentale, vient de Genève à Fribourg pour passer la soirée dans la famille de son ami de faculté, désormais professeur d'université. Ce soir-là, une belle soirée de juin, l'ironie et le cynisme gâchent l'ambiance. Oskar reproche à son ami d'avoir défendu en public la théorie des mondes multiples, ce que Sebastian nie.
Tout récemment, un jeune homme accusé de meurtre s'est prétendu originaire d'un monde parallèle où sa victime est toujours en vie, en pleine santé. Il aurait d'ailleurs commis son crime dans le seul but de prouver l'existence des mondes multiples. Un grand magazine politique avait donc demandé à Sebastian d'expliquer cette théorie à ses lecteurs. Il s'était affranchi de cette tâche sans prendre position. Pour Oskar, cette "compromission" n'est pas seulement exécrable mais dangereuse.
Il défie Sebastian, et lui propose un débat dans une émission de télévision pour aller au fond de cette question de la physique quantique : Qu'est-ce la réalité ? Est-elle unique ? Existe-t-elle en dehors de notre perception ?
Maïke, la femme de Sebastian, sent que cette soirée risque d'être la dernière du genre. Elle ignore que par la suite, ce n'est pas seulement l'amitié des deux physiciens qui se trouvera ébranlée, mais aussi sa propre petite vie jusqu'alors si tranquille. Quelques jours plus tard, en son absence, son mari deviendra la victime d'un horrible chantage : il doit tuer un ami proche de sa femme (impliqué dans une affaire d'expérimentations de médicaments) faute de quoi son fils disparaîtra. Il s'exécute, et retrouve son fils. Une réalité des plus terrifiantes l'accable : il a tué, et probablement, sa victime n'a pas la vie sauve dans un monde parallèle.
Le commissaire Schilf, atteint d'une tumeur cérébrale et en proie à des hallucinations, se fraye un chemin à travers la jungle des indices présents ici bas, dans le monde réel.
Les lecteurs de La Fille sans qualités (Actes Sud, 2007) retrouveront ici les préoccupations qui hantaient déjà l'auteur dans son premier roman : les limites entre le bien et le mal, la difficulté d'émettre un jugement, fût-ce en s'appuyant sur des textes aussi sacrés que le décalogue ou le code pénal... Au fur et à mesure que l'intrigue avance, métaphysique et physique quantique se mêlent dans le déploiement de ce thriller vivement mené. De la première à la dernière ligne : suspense, intelligence et plaisir de lecture garantis.

 

Premier chapitre

Prologue

 

Nous n’avons pas tout entendu, en revanche nous avons pratiquement tout vu car rien ne s’est passé hors de la présence de l’un des nôtres.

Un commissaire, en proie à de violents maux de tête, qui prise une théorie bien particulière des sciences physiques et ne croit pas au hasard, résout sa dernière affaire. Un enfant est kidnappé sans le savoir. Un médecin fait ce qu’il ne devrait pas faire. Un homme meurt, deux physiciens s’affrontent, un officier de police est amoureux. À la fin, tout semble différent de ce qu’avait imaginé le commissaire – et pourtant parfaitement identique. Les idées de l’homme sont une partition où vient s’inscrire en biais la musique de sa vie.

C’est à peu près comme ça que les choses se sont passées, selon nous.

 

 

 

 

 

Premier chapitre en sept parties.

Sebastian découpe des courbes.

Maike fait la cuisine. Oscar vient en visite.

La physique appartient aux amants.

 

 

1

 

 

 

Peu avant l’arrivée, à une altitude de cinq cents mètres environ en venant du sud-ouest, Fribourg ressemble à une tache claire aux bords effilochés posée dans les replis de la Forêt-Noire. La ville donne l’impression d’être tombée du ciel un beau jour, éclaboussant les pieds des montagnes environnantes. Assises en cercle, les hauteurs du Belchen, du Schauinsland et du Feldberg surplombent une ville qui, à l’échelle chronologique du massif qui l’entoure, est apparue il y a six minutes environ, tout en voulant faire croire qu’elle s’étend depuis toujours au bord de cette rivière au nom curieux : la Dreisam, qui évoque immanquablement une solitude à trois. Un simple haussement d’épaules du Schauinsland coûterait la vie à des centaines de cyclistes amateurs, de touristes montés à bord du téléphérique et de chasseurs de papillons ; si par ennui le Feldberg venait à se détourner, il scellerait la fin de toute la contrée. Mais puisque les montagnes scrutent d’un air sombre l’activité des rues de Fribourg, on s’efforce d’y créer des distractions. Tous les jours, montagnes et forêts expédient dans la ville quantité d’oiseaux qui ont pour mission de relater les événements les plus récents.

Là où les ruelles se font venelles, où les ombres se rapprochent et s’épaississent, des façades aux tons jaune ocre et rose délavé perpétuent le Moyen Age. D’innombrables lucarnes, accroupies sur des toits raides, offriraient d’idéales pistes d’atterrissage si les propriétaires ne les avaient hérissées de piquants. Un nuage balaie au passage la clarté posée sur les façades. Boulevard Leopold, une fillette à tresses s’achète une glace. La raie sur son crâne évoque le tracé parfait d’une route à grande circulation.

À quelques coups d’aile de là, la rue Sophie-de-la-Roche, une artère si verdoyante qu’elle peut s’offrir son propre climat. Un vent léger y souffle en permanence, ce vent indispensable au bruissement des frondaisons. Les marronniers ont survécu d’un siècle à l’architecte responsable de leur plantation, atteignant une taille bien supérieure à ses prévisions. Tandis que leurs longs doigts touchent les balcons des immeubles, leurs racines soulèvent les pavés et traversent les murets bordant le Gewerbebach qui coule le long des fondations. Bonnie and Clyde, elle en col marron, lui en col vert, cancanent tout en pagayant à contre-courant avant de faire demi-tour, toujours au même endroit, et de se laisser emporter jusqu’à leur point de départ. Sur leur tapis roulant, ils dépassent les passants, guettant du coin de l’œil la promenade en surplomb, à l’affût de quelques miettes de pain.

 

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

medias

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

l-ultime-question-zeh-juli

897