Extrait

L'heure anglaise
de Julie Wolkenstein

Le 21/05/2013 à 14:20 - 0 commentaire

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Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Julie Wolkenstein

Pol

romans et fiction romanesque

04/01/1900

9782867447419

192

15.30 €

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ISBN : 9782867447419

Editeur : Pol

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Résumé du livre
Juillet 1911, une matinée d’été dans la campagne anglaise. Edward Sanders marche le long de la rivière. Il rentre chez lui, mais personne ne l’y attend. Ni Susan, ni les enfants. Tous le croient en ville, sagement assis à son bureau. Susan Sanders parcourt les rues de Londres. Personne ne sait qu’elle s’y trouve. Pas Edward en tout cas. Elle va lui faire une surprise, aller le chercher à l’étude, pénétrer dans cet immeuble inconnu où il passe ses journées. Aujourd’hui, elle a un secret à lui confier. Pour tous les deux, c’est une journée particulière. Au rythme de leur promenade, au fil de leurs souvenirs, reviennent en foule les fantômes d’une époque disparue : débutantes promises à la noyade ou à la folie, duchesses suffragettes, scandales étouffés, excentriques sacrifiés. C’est l’heure anglaise, l’heure où se réveillent les fastes de la Riviera et les enfances solitaires, les bibelots victoriens et leurs fêlures.

 

Premier chapitre

I

 

 

Tout aurait pu commencer la veille au soir lorsque, se penchant à la fenêtre pour secouer la cendre de son cigare, Edward avait constaté que l’électricité de la cave était restée allumée. Quatre rectangles de lumière s’étiraient sur la pelouse, découpant dans l’herbe noire des écrans rassurants d’un jaune franc. Dans le silence de cette nuit d’été, il avait imaginé un instant une menace possible, quelques rôdeurs peut-être, qui en voudraient à son vin français, et dont il surprendrait les gestes prudents, les ombres révélatrices portées sur son gazon.

Il avait scruté les quatre rectangles d’or, plein d’une admiration incrédule et intacte pour les miracles modernes, l’artifice incompréhensible de cette lumière qui laissait supposer de larges ouvertures au lieu des modestes soupiraux sans barreaux qui ornaient le sous-sol. Puissante, elle organisait la pénombre, dessinait sans les hésitations ni les tremblements de la bougie une frontière précise, définissait les parts respectives du clair et de l’obscur, à environ quinze pieds du perron, juste avant les premiers massifs de Susan.

Edward avait hésité à descendre pour éteindre. Puis il s’était accordé un répit. Il n’avait pas terminé son cigare et prenait un certain plaisir à observer ainsi, d’en haut, ce rayonnement confortable qui résumait prospérité, confort, sécurité. Il n’y aurait pas, se disait-il en soufflant la fumée, de rôdeurs. Rien n’arriverait ce soir aux deux cents bouteilles de sa collection – achats inspirés qu’il commettait depuis dix ans, chaque été, et qui seuls donnaient un sens aux trop longues vacances qu’ils prenaient en Provence avec les parents de Susan. Amoureusement couchées, l’étiquette bien en vue sur le dessus, elles dormiraient tranquilles jusqu’en novembre. Alors seulement la prochaine livraison dérangerait leur bonne ordonnance. Il se rendrait, comme chaque automne, à la gare de Sheldon, identifierait de nouvelles caisses, dont il ne savait pas encore aujourd’hui, à quelques semaines de leur départ, ce qu’elles contiendraient.

Il anticipa avec gourmandise ses visites aux vignobles de l’arrière-pays, dans la chaleur amortie des fins d’après-midi : seul, compétent. Les caves étaient si fraîches là-bas. Pas d’électricité bien sûr, des bouts de chandelle en équilibre sur un tonneau et des propriétaires onctueux, qui lui tendraient un verre aux bords douteux avec toute la révérence due à sa citoyenneté britannique, sa solvabilité, son sens des convenances. Pas de marchandages, jamais. Il avait surmonté ses répugnances de novice, savait maintenant cracher le vin, diriger le jet au centre de la cave. La terre battue aspirait lentement le liquide, qui formait d’abord une mare noirâtre à ses pieds. Edward goûtait, mieux que les crus eux-mêmes, ces manières d’initié, appréciait qu’un certain cérémonial accompagnât la conclusion de la vente. Il avait ses habitudes dans plusieurs petits châteaux varois dont il aimait les noms sonores.

 

 

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