Extrait

L'erreur
de Susi Fox

Le 15/01/2019 à 18:22 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Susi Fox

Fleuve Noir

10/01/2019

9782265118027

358

19.90 €

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ISBN : 9782265118027

Editeur : Fleuve Noir

Prix grand format : 19.90 €

 

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ISBN : 9782823869958

Editeur : Univers poche

Prix grand format : 13,99 €

 

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Résumé du livre
Le pire est arrivé. Mais personne ne vous croit.
Sasha a toujours voulu un bébé.
Sa grossesse se déroule à merveille, jusqu'au jour où elle se retrouve à l'hôpital pour subir une césarienne d'urgence. À son réveil, elle demande à voir son enfant. Alors qu'elle s'attend à vivre un moment magique, Sasha plonge dans un cauchemar bien réel. Le nourrisson qu'on
lui amène n'est pas le sien.
La jeune mère n'a aucun doute, même si personne ne la croit. Ni les infirmières qui évitent ses questions, ni son mari qui essaie de la convaincre, ni sa meilleure amie, appelée au secours.
Pour tous, Sasha souffre d'un stress lié aux circonstances de la naissance. Mais ce serait oublier combien l'instinct d'une mère est profondément ancré en elle, en dépit des apparences.
Si le bébé devant elle n'est pas le sien, où est passé son enfant ? Et qui a pu faire cette erreur ?
traduction Héloïse Esquié

 

Premier chapitre

À celles et ceux qui comprennent

 

 

« Au-delà du bien et du mal, il existe un champ.

C’est là que je te retrouverai. »

Rûmî

 

 

Avant

 

Je pensais que j’adorerais être mère.

Je me trompais.

Je n’aime pas ça du tout ; pas même un seul instant. Je sais que je ne suis pas douée pour ça. Ma vie telle que je la connaissais s’est terminée le jour où j’ai accouché. Être mère est la tâche la plus difficile qui m’ait jamais été donnée.

Tout cela, c’est une grosse erreur.

Je ne veux pas continuer.

Je ne peux pas continuer.

Je vais réparer ce que j’ai fait. Je vais tout réparer, pour toi et pour moi.

Et, s’il te plaît, je t’en supplie : pardonne-moi pour ce que je m’apprête à faire.

 

 

Jour 1, aube du samedi

 

Une mince bande de lumière jaune tombe sur le sol à côté du lit. Mon cerveau est plein de friture, ma langue un tampon de paille de fer dans ma bouche. Sous le drap soigneusement bordé, mes jambes ne sont que fourmillements. Du bout des pieds, je presse contre le coton et tente de me libérer.

Il est difficile d’inhaler l’air chaud, dense. La fenêtre à ma droite est hors d’atteinte. Les rideaux rayés sont tirés l’un contre l’autre, laissant seulement deviner une pâle ligne de ciel constellé d’arbres entre leurs plis. Un moniteur installé près du lit émet des bips et clignote, rouge. Des rails de protection en métal sont levés de chaque côté du matelas, de mes pieds à mon torse. Une blouse d’hôpital blanche me recouvre la poitrine.

Mark doit bien être là, à mes côtés, non ? Je me redresse sur un coude et fouille la chambre des yeux. Personne. Il n’y a pas de chaise. Pas de berceau, non plus.

Berceau. La prise de conscience me saisit. Le bébé.

J’écarte le drap et remonte la blouse jusqu’à mon cou. Une compresse épaisse est scotchée au-dessus de mon os pubien. Mon ventre est moins gonflé qu’avant, plus gélatineux. Je suis vide.

Je me laisse de nouveau aller contre le matelas, respirant avec peine. Les instants précédant mon endormissement me reviennent en un éclair : un masque sur mon visage, la pression du caoutchouc sur mes joues, l’odeur de plastique un peu rance. Les yeux précis de l’anesthésiste. Mark, qui me regardait, battant des paupières au ralenti. Puis le froid sur le dos de ma main, qui me piquait comme une ortie.

Je porte mes doigts à mes yeux. Ma vision redevient claire. Un liquide transparent coule goutte à goutte dans ma veine à travers un tuyau. Je tire sur le sparadrap fixé solidement à ma peau.

Il y a une sonnette sur la table de chevet. Je passe mon bras par-dessus le rail, renversant un gobelet d’eau par terre dans ma hâte. Le liquide fait une flaque sur le sol, formant une tache irrégulière. J’attrape le cordon du bouton d’appel et le tire sur mes genoux. J’y enfonce mes deux pouces et une sonnerie puissante résonne dans le couloir devant ma chambre. J’entends le grincement d’un chariot de repas. Un bébé qui pleure dans une autre chambre.

 

 

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