Extrait

Journal d'un vampire en pyjama
de Mathias Malzieu

Le 19/10/2016 à 08:42 - 0 commentaire

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ISBN : 9782226321824

Editeur : Albin Michel

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ISBN : 9782226388216

Editeur : Albin Michel

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Résumé du livre
" Ce livre est le vaisseau spécial que j'ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d'amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n'ai rien eu à inventer. Si ce n'est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon coeur. " Mathias

 

Premier chapitre

Pour Rosy, ma fleur de combat, ma sœur et mon père, et tous les superhéros avec ou sans blouse blanche qui n’ont pas quitté le navire pendant la tempête.

 

 

« Accélère, mon Livre ! déploie tes voiles blanches ma petite barque à travers les vagues impérieuses.

Musique, fais voile, emporte apporte au-delà de l’infini du bleu à toutes les mers. »

Walt Whitman, Feuilles d’herbe,

traduction Jacques Darras, Poésie Gallimard, 2002.

 

 

« C’était bien la première fois qu’un patient venait à ma consultation en skateboard. »

Professeur Peffault de Latour

 

 

Je viens de traverser l’enfer en stop. Le véritable enfer. Pas celui avec du feu et des types à cornes qui écoutent du heavy metal, non, celui où tu ne sais plus si ta vie va continuer.

 

 

Faire le con poétiquement est un métier formidable

 

6 novembre 2013


« Tu fais trop de choses à la fois, tu n’as plus vingt ans », me disait-on.

Je me reposerai quand je serai mort.

Je suis un drogué du panache. J’ai des cavernes d’Ali Baba plein le crâne, à s’en faire claquer les orbites. Je ne m’ennuie jamais, sauf quand on me ralentit. J’ai dans le cœur un feu d’artifice. Véritable homme-volcan, c’est de la lave qui coule dans mon sang. Je cherche le spasme électrique de la surprise. Je ne sais pas vivre autrement.

 

J’ai toujours rêvé d’être un superhéros. Avant tout pour me sauver moi-même. Mais anéantir mes démons serait trop facile, car en réalité j’ai besoin d’eux. Si je les tue, je me tue. J’ai beau vouloir être inventeur, crooner, semi-poète, illusionniste, skateur en plastique, mangeur de femme en peau de crêpe et imitateur d’animaux sauvages, je suis insomniaque, angoissé et épuisé d’avoir trop cru. Comme si je m’étais foutu de ma propre gueule.

Ma boulimie créative a franchi un cap quand j’ai perdu ma mère. Elle n’a cessé d’augmenter ensuite. Chacun ses béquilles, les miennes sont des toupies électrifiées : je ne peux m’appuyer sur elles que lorsqu’elles sont en mouvement. Les règles sont simples : ne pas s’arrêter, éviter de freiner et surtout n’être enfermé nulle part, au sens propre comme au figuré. Faire le con poétiquement est un métier formidable.

Le rock’n’roll, c’est une oasis d’adrénaline pour enfants perdus. S’il existait une route qui permettait de faire le tour du monde en suivant l’équateur, mon groupe Dionysos aurait parcouru plus de quatre fois les quarante-quatre mille kilomètres en camion. Nous sommes une tribu électrique créée entre amis il y a déjà vingt ans. La scène fait pousser des ailes sous mon crâne. La friction des combustibles émotionnels me transporte. Quand je sens les rumeurs de la foule vibrer jusqu’au plus profond de mes os, je ne peux que me livrer sans compter. Le problème est que je donne plus que ce que j’ai. Je suis le plus con des dragons. Celui qui crache des étincelles et se crame les ailes avec.

 

À l’horizon pointe quand même l’envie des choses douces. Descendre dans le Midi, voir ma famille autrement que dans une loge après un concert, aller au cinéma en vélo et peut-être même devenir père.

 

 

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