Extrait

Je hais internet
de Jarett Kobek

Le 02/02/2018 à 08:20 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Jarett Kobek

Pauvert

10/01/2018

9782720215544

348

22 €

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ISBN : 9782720215544

Editeur : Pauvert

Prix grand format : 22 €

 

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ISBN : 9782720216589

Editeur : Fayard/Pauvert

Prix grand format : 15,99 €

 

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Résumé du livre
Après avoir commis « la seule faute impardonnable du début du XXIe siècle » – exprimer publiquement une opinion impopulaire –, Adeline, célèbre illustratrice de bande dessinée, devient la cible d’attaques haineuses sur les réseaux sociaux. Ellen, une jeune femme de vingt-deux ans sans histoires, subit le même sort lorsque des photos de ses ébats sexuels avec son petit ami du lycée se propagent de manière virale sur la toile. Dans le San Francisco de 2013, elles ont
fait l’erreur d’être des femmes au sein d’une société qui déteste les femmes.
Dans Je hais Internet, Jarett Kobek pose un regard satirique sur une société hyper-connectée, tout acquise au virtuel, intrusive. Il s’en prend à l’idéal libertaire aux origines d’Internet, et se demande comment les géants du net ont réussi à générer des milliards de dollarsen exploitant la créativité d’internautes impuissants, sans rencontrer d’opposition. À l’ère du sacre des réseaux sociaux, un récit jubilatoire et salutaire.
traduction Jérôme Schmidt

 

Premier chapitre

Sujets traités dans ce livre susceptibles de heurter les sensibilités :


Le capitalisme, l’odeur pestilentielle des hommes, les anachronismes historiques, les menaces de mort, la violence, le bondage, la culture populaire qui passe de mode, le cynisme assumé des plus riches, les menaces de violences sexuelles, les vagues allusions répétées à la pensée épicurienne, le milieu de la bande dessinée, la mort de l’intellectualisme, être une femme au sein d’une société qui déteste les femmes, le populisme, les propos ambigus écœurants, la vie sexuelle de Thomas Jefferson, le génocide, la célébrité, la philosophie objectiviste d’Ayn Rand, les discussions racistes, la science-fiction, l’anarchisme au penchant coupable pour la démocratie, les gens qui vont en Californie pour y mourir, la posture millénariste, ces 349 pages de paternalisme, le néopaganisme hellénique, le mariage mixte, les hippies aux noms compliqués s’adonnant à la torture animale sur des boucs, les guerres injustes au Moyen-Orient, le 11 Septembre, découvrir le profil Facebook d’une personne que vous connaissiez quand vous étiez gamin et que vous pensiez que tout le monde aurait une vie brillante.

 

 

Chapitre un


Longtemps après avoir commis l’unique crime impardonnable du XXIe siècle, Adeline a reçu un message sur Internet.

Le message disait : « Salut la pute, j’espère que tu vas te faire violer par tout un groupe de clandestins syphilitiques. »

Internet était une invention formidable. Un réseau informatique que les gens utilisaient pour rappeler à leurs semblables qu’ils n’étaient que des tas de merde.

 

ADELINE AVAIT REÇU CE MESSAGE car elle avait commis l’unique crime impardonnable du début du XXIe siècle. Mais avant d’en arriver à cette très grosse erreur, elle avait dû en commettre d’autres moins importantes.

Certaines de ses autres erreurs : 1) Être une femme au sein d’une société qui déteste les femmes. 2) Être plus ou moins célèbre. 3) Avoir exprimé des opinions impopulaires.

Être une femme presque célèbre exprimant des opinions impopulaires au sein d’une société qui détestait les femmes était en soi une grave erreur, mais cela ne constituait pas pour autant – pas plus que les erreurs qu’elle impliquait – un crime impardonnable.

Le crime impardonnable, c’était encore autre chose.

 

LA PHRASE CI-DESSUS ne propose qu’une seule interprétation possible du message, une fois que les fautes de frappe et de grammaire ont été corrigées pour plus de clarté. L’original était : « Slt la putte, j’SpR ktu va… tfR violé… par tt 1 grp de, Xlan dest1 6filitik……. »

Il est possible que « Xlan dest1 » ne fasse pas référence à des citoyens d’une contrée éloignée qui arrivent en Amérique autrement que grâce à l’obtention d’un visa ou d’une carte verte, mais évoque plutôt un « excellent destin ».

Il est également possible que « Slt la putte » résume autre chose que l’adjonction d’un terme de salutation banal à l’un des milliers de termes insultants proposés par notre langue pour évoquer les femmes. « Slt la putte » peut signifier une myriade de choses différentes.

 

 

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