Extrait

Jackaby
de William Ritter

Le 11/06/2018 à 17:13 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

William Ritter

Bayard Jeunesse

13/06/2018

9782747058940

352

14.90 €

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ISBN : 9782747058940

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ISBN : 9782747099844

Editeur : Bayard Jeunesse

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Résumé du livre
« Il est souvent difficile pour les autres de saisir la nature de ce don que je suis le seul à avoir. Il me permet de déceler la vérité là où les autres ne voient qu'illusion... Car le monde est une scène et il semblerait que je sois le seul spectateur capable de voir derrière le rideau. »Abigail Rook, 17 ans, débarque en Amérique. La tête pleine de rêves d'ailleurs, elle espère vivre l'aventure avec un grand A.Elle fait la connaissance d'un étrange personnage, Jackaby, qui lui offre un emploi. Détective doué de facultés de médium, il est capable de voir les phénomènes surnaturels.Pour sa première mission, Abigail accompagne son nouveau patron sur les lieux d'un crime particulièrement sanglant. Jackaby soupçonne l'assassin de ne pas être humain, ce que la police refuse de croire. Mais les meurtres s'enchaînent et confirment les soupçons du détective...

 

Premier chapitre

Pour Jack, qui me donne envie de créer l’impossible,

et pour Kat, qui me persuade que j’en suis capable,

et me pousse à le faire.

 

 

1


En cette fin janvier, la Nouvelle-Angleterre était parée d’un manteau de neige tout neuf alors que je m’engageais sur la passerelle qui me conduisait à terre. La ville de New Fiddleham luisait dans les derniers feux du crépuscule. La lumière des becs de gaz jouait sur les façades couvertes de givre des édifices qui s’alignaient sur les quais, transformant leurs briques sombres en autant de diamants étincelants. Les reflets de ces lueurs dansaient et bondissaient sur les eaux noires de l’océan Atlantique. Je marchais avec une unique valise pour tout bagage. Quelle sensation bizarre de voir ces bâtiments se dresser autour de moi et de sentir la terre ferme sous mes pieds après tant de semaines en mer ! Je devais finir par connaître New Fiddleham comme ma poche, mais, en cet hiver glacé de 1892, toutes les fenêtres éclairées et les allées obscures étaient étranges à mes yeux, grouillantes de dangers inconnus et de séduisants mystères.

La ville n’était pas ancienne, du moins comparée à celles que j’avais vues au cours de mes voyages, mais elle affichait la même splendeur vigoureuse, la même assurance inaltérable que n’importe quelle cité portuaire d’Europe. J’étais allée dans des villages de montagne en Ukraine, des bourgades de Pologne, d’Allemagne, et dans les vastes domaines de mon Angleterre natale, et pourtant… il me fut difficile de ne pas me laisser intimider par le grondement et les pulsations de ce port américain vibrant d’activité. Les dernières lueurs du couchant disparaissaient du ciel, mais des silhouettes sombres s’affairaient encore sur les docks.

Le propriétaire d’un magasin tirait les volets de sa boutique pour la nuit. Des marins en permission descendaient vers le port, en quête de folles distractions pour dépenser leur argent durement gagné… et des femmes aux décolletés plongeants semblaient soucieuses de les y aider. Un homme me fit penser à mon père : sûr de lui et d’allure prospère, il rentrait sans doute chez lui, après avoir – une fois de plus – consacré sa soirée à des tâches importantes au lieu d’être auprès de sa famille en cette heure déjà avancée.

Une jeune fille s’emmitoufla dans son manteau d’hiver et baissa la tête au moment où un petit groupe de marins passa à sa hauteur. Ses épaules frémirent, mais elle poursuivit son chemin sans se laisser distraire par leurs rires bruyants. Je me reconnus en elle : une fille perdue, têtue, en route pour n’importe où, excepté chez elle.

Une rafale glaciale balaya la jetée et s’insinua sous les ourlets de ma robe élimée et à travers les coutures de mon épais manteau. Je dus plaquer une main sur ma tête pour empêcher ma vieille casquette en tweed de s’envoler. C’était un couvre-chef de garçon – mon père aurait dit de vendeur de journaux –, mais je m’y étais habituée au fil des mois. Pour une fois, je regrettai ces jupons inutiles qu’une femme comme il faut se devait de porter… du moins était-ce ce que ma mère s’évertuait à répéter. Ma robe verte toute simple était pratique pour marcher, mais le tissu léger laissait passer l’air glacé. Je remontai mon col en laine pour me protéger de la neige et pressai le pas. Quelques pièces s’entrechoquaient au fond de ma poche, reliquats de mon travail à l’étranger. Je le savais, elles ne me procureraient rien de plus qu’un peu de sympathie, et encore, si je me débrouillais bien. Ces pièces étrangères racontaient une histoire, et j’étais heureuse qu’elles m’accompagnent de leur tintement. Mes pieds s’enfoncèrent en craquant dans la neige poudreuse tandis que je m’approchais d’une auberge.

 

 

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