Extrait

J'ai été Johnny Thunders
de Carlos Zanon

Le 27/03/2017 à 10:26 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Carlos Zanon

Asphalte

03/03/2016

9782918767589

320

22 €

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ISBN : 9782918767589

Editeur : Asphalte

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ISBN : 9782365330589

Editeur : Asphalte éditions

Prix grand format : 6.99 €

 

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Résumé du livre
Barcelone, de nos jours. Ancien guitariste de rock, Francis revient dans le quartier où il a grandi, où il a noué ses premières amitiés et surtout où il a découvert le rock. Sauf qu'il a désormais la cinquantaine bien tassée et, sans le sou, il doit retourner vivre chez son père. Francis a brûlé la chandelle par les deux bouts, avec pour seul principe de profiter de la vie, jusqu'à perdre plusieurs de ses proches dans la spirale de la toxicomanie.
Mais Francis a un plan en tête. Retrouver une vie normale, trouver un job qui va lui permettre de payer ses pensions alimentaires en retard, renouer avec ses enfants, rester à l'écart de la drogue - qu'il a arrêtée depuis peu -, mettre un peu de fric de côté... Et aussi revoir sa petite soeur adoptive, afin qu'elle l'aide à se remettre en selle. Mais celle-ci fréquente un certain don Damiàn, le parrain du quartier, qui a la main sur tous les trafics...

Le retour à la réalité se révélera compliqué pour Francis, aux prises avec les démons de son passé, mais aussi avec la nostalgie d'une vie faite de musique, de passion, de sueur et d'excès. (traduit de l’espagnol par Olivier Hamilton)

 

Premier chapitre

Where is it now, the glory and the dream ?

William Wordsworth

 

 

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Start !


IL y a toujours un commencement.

Un jour, tu te réveilles à côté de quelqu’un dont tu te fiches totalement, tu te fourres les doigts dans le nez, ils en ressortent rouges et blancs, et c’est là que te reviennent en mémoire, tout en même temps, le nom de ta mère, celui de ton fils et le titre d’une chanson. Alors tu te dis : c’est bon, ça suffit.

Il y a aussi une fin. Et au milieu, il y a une histoire.

Ça se passe toujours comme ça.

 

 

The Great Pretender

 

 

Lord I’ve been trying to be what I should

Lord I’ve been trying to do what I should

But each time it gets a little harder

I feel the pain

But I’ll try again

 

« Try again »

Big Star (Bell/Chilton)

 

 

1

Johnny Thunders

1989


« VOUS commencez quand ?

– Bientôt.

– C’est quand, bientôt ? »

Bonne question.

 

Tabuwe est grand et beau. Mi-homme, mi-panthère. Noirs tous les deux. Il shoote dans un ballon contre les immeubles bordant les rues et les avenues. Ça fait plus d’une heure qu’il est là. La balle rebondit sur le mur avant de revenir au milieu de la chaussée. Parfois, ce sont les piétons, amusés, qui lui renvoient le ballon. À mesure que la lumière du jour baisse, les voitures qui arrivent se mettent à le klaxonner. Tabuwe semble s’en foutre. Personne ne sait ce qui se passe. Ni le noir, ni sa tunique pourpre, ni son jean vert, ni ses pieds nus, pas plus que l’air animal et vicieux qu’on voit sur son visage. Mais Tabuwe sait parfaitement où il va, ce qu’il a l’intention de faire et, d’une façon plus confuse, comment y parvenir.

Il emprunte le paseo de Pujades. D’un côté, le Palais de justice et les tribunaux, avec leurs voitures de la Guardia Urbana. Il a de la chance : il y a un match de foot à la télé et les véhicules ne bougeront pas. De l’autre, le parc de la Ciudadela, avec son zoo, ses barques, ses chemins de terre. Il prend le paseo Picasso. Son ballon rebondit maintenant sur de vieux immeubles, des arches et des fenêtres aveugles qui en leur temps ont cherché à ressembler à des bateaux avec leurs hublots.

 

Au Mágic, le concert n’a toujours pas commencé. Quarante-cinq minutes de retard. Mr Frankie/Francis – svelte, élégant, les yeux brillants soulignés au crayon bleu, deux anneaux en or à une oreille, chaussures en cuir, pantalon noir et chemise rouge – sort sa queue. Sans les mains : comme les champions. Au début, ça lui fait mal quand il pisse. Francis se souvient de ces toilettes. Au début des années 1980, il s’est mis à fréquenter les festivals rock­abilly et à écouter du doo-wop dans ces chiottes où, à ce qu’on disait, on trouvait la meilleure acoustique de la ville. À l’époque, la vie était évidente et divertissante. Lui, tellement honnête dans ses mensonges, son folklore, ses redingotes édouardiennes ridicules, ses creepers et ses plans cul un peu partout. Des tatouages minables, des cheveux pleins de gomina, des coiffures bricolées à la maison, et ses doigts toujours fourrés entre les vinyles d’occasion de chez Edison’s. Nen, Liz, Álex et Juanjo, Paula, Miquel et Lola. Les amis du quartier, les enfants, les copines, les racailles déséquilibrées, les abrutis inconscients qui ont découvert le punk, l’argent et l’héroïne sur le tard, mais qui ont quand même fini par prendre leur ticket pour le train fantôme.

 

 

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