Extrait

Hool
de Philipp Winkler

Le 11/09/2018 à 07:13 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Philipp Winkler

Fleuve Noir

23/08/2018

9782265117303

314

19.90 €

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ISBN : 9782265117303

Editeur : Fleuve Noir

Prix grand format : 19.90 €

 

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ISBN : 9782823858297

Editeur : Univers poche

Prix grand format : 14,99 €

 

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Résumé du livre
Il y a les liens du sang. Et il y a les liens du cœur.
Heiko aurait aimé pouvoir choisir sa famille.
Entre un père alcoolique et une mère qui a fui le domicile conjugal alors qu'il savait à peine marcher, Heiko trace sa propre route : il abandonne les études dès le lycée, passe ses journées comme homme à tout faire dans une salle de gym et vit avec un coloc qui organise des combats de chiens.
Ce qu'il possède, c'est sa colère ; son atout c'est de cogner plus fort.
Avec ses frères de cœur, il supporte le club de football de Hannovre 96.
Mais leur plaisir, ils le trouvent plus sur les terrains vagues à se battre que dans les tribunes.
Heiko est prêt à tout pour sa bande, ses valeurs, son héritage, même si ça dérape parfois.
Lorsqu'un de se frères se fait tabasser violemment et décide de quitter la scène pour de bon, Heiko le vit comme une trahison : si sa famille de cœur se brise, que lui reste-t-il ? (traduction Pierre Malherbet et Céline Maurice)

 

Premier chapitre

À mes parents

 

 

Je réchauffe mon nouveau protège-dents dans le creux de ma main. Je le fais tourner entre mes doigts et l’écrase un peu. C’est comme ça avant chaque fight. Le gel reste ferme, cède à peine sous la pression. Ce truc est au top. Y a rien de mieux. Fait sur mesure par un prothésiste dentaire. Pas une de ces daubes à deux balles produites en masse, qu’on peut foutre à la poubelle au bout de quinze jours parce que les bords te tranchent les gencives. Ou qui te filent la gerbe en permanence à cause de leur forme à chier et de leur odeur chimique. À part Jojo, avec son petit salaire de gardien d’immeuble, on a presque tous ce genre de came, maintenant. Kai, parce qu’il faut toujours qu’il ait le top du top. Ulf. Qui peut se payer ça sans trop compter. Tomek, Töller. Et quelques-uns de nos gars qu’ont des boulots qui le leur permettent. L’oncle Axel aussi. Ça fait quelques années qu’il a dégoté ce prothésiste, qui s’est spécialisé dans les sports de combat et fournit des cogneurs dans toute l’Allemagne. À ce qu’on dit, y a même des types de Francfort et quelques-uns d’Allemagne de l’Est qui vont chez lui. De Dresde et de Halle, des gars de Zwickau. Toutes leurs aides sociales doivent y passer, j’me dis, et je fais glisser mes doigts sur les encoches de respiration.

— Eh ! Heiko ! (Kai me donne un coup dans les côtes.) Ton portable sonne.

Le portable bas de gamme vibre sur le siège entre nous. Je le prends, les doigts tremblants. Mon oncle m’observe dans le rétroviseur. J’appuie sur la touche verte.

— Vous êtes où ? On attend, fait la voix du Colonais avec qui on a organisé le match.

Je baisse la vitre pour sortir la tête, à la recherche d’un point de repère quelconque.

— On est à Olpe, on a quitté la N 55. On devrait bientôt arriver.

— Suivez la In-der-Wüste. Deuxième rond-point à droite. Descendez la Bratzkopf jusqu’après la sortie de la ville. Sur la gauche, y a une forêt. Vous pouvez pas la louper.

Avant qu’il raccroche, je lui rappelle une fois de plus les règles. Quinze mecs de chaque côté. Puis je raccroche.

— Alors ? demande Axel sans se retourner.

Il continue de me regarder dans le rétroviseur. Malgré les reflets du soleil, je vois son regard perçant. La manière qu’il a de m’examiner. Je lui répète le chemin à suivre et j’ajoute que j’ai reprécisé les règles au type.

— J’ai entendu, dit-il et il se tourne vers Hinkel, au volant, comme toujours.

Axel répète l’itinéraire. Comme si Hinkel ne m’avait pas entendu ou qu’il ne pouvait trouver la route que si c’est le boss qui la lui indique. Je remarque que Kai me jette un coup d’œil à la dérobée. Il tire la tronche. Cool de sa part. Si je le regarde maintenant, il va sans doute rouler des yeux. Ce qui veut dire : bordel ! Il veut vraiment tout contrôler, l’Axel. Un truc dans le genre. Mais je ne réagis pas et je regarde juste si Hinkel prend bien le bon chemin. Il grogne, ça veut dire qu’il a compris. Il place sa grosse boule de pogne sur le volant, à 12 heures. Des gouttelettes de sueur accrochées aux longs poils du dos de sa main brillent au soleil. On dirait qu’ils ont été peignés. Son autre main pendouille par la fenêtre.

 

 

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