Extrait

Histoires vraies
de Blaise Cendrars

Le 14/01/2014 à 01:51 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Blaise Cendrars

Gallimard

litterature romans poche

08/12/2013

9782070447268

304

7.40 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version poche

 

illustration

ISBN : 9782070447268

Editeur : Gallimard

Prix grand format : 7.40 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN :

Editeur : Editions Gallimard

Prix grand format : 6.99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Existe-t-il vraiment ce passage secret qui mène à la Banque d’Angleterre? Et la T. P. M. T. R., cette ligue de marins garantissant aux morts en mer un enterrement au pays natal? Et ce Saint inconnu, sacristain de la cathédrale de Santiago? Qu’importe… Du Far West à l’Argentine, de Londres à la forêt vierge, Blaise Cendrars nous invite dans ses sept 'histoires vraies' à ouvrir les yeux sur les beautés du monde – et sa part de mystère.

 

Premier chapitre

 

 

 

 

« T. P. M. T. R. »

à Mademoiselle A… de G… (1)

 

 

 

 

 

I

 

 

Le Saint-Wandrille(2) subissait un sacré coup de chien. Pris dans la tempête dès sa sortie du Havre, le lourd cargo avait été secoué jusque sur les côtes d’Amérique et personne ne se souvenait à bord d’avoir jamais fait pareille traversée. Et maintenant que l’on descendait droit dans le Sud depuis trois jours, le cargo embarquait des paquets d’eau à chaque vague de fond qui, le prenant par l’arrière, le soulevait, le freinait, le faisait rouler bord sur bord comme si chacune de ces vagues monstrueuses allait le tordre avant de le laisser couler sur place.

On était à la hauteur des côtes de la Floride mais l’on n’avançait pas, et tout le monde était impatient d’être rendu à La Havane, car tout le monde était fourbu.

On avait encore pris du retard depuis que l’on avait relevé le feu du cap Hatteras, et tous en avaient marre à cause de la mer démontée et de la chaleur qui était grande et commençait à se faire de plus en plus sentir dans les fonds.

 

 

 

 

II

 

 

La cloche venait de piquer midi.

— Oh, là, là, quelle Compagnie ! Il n’y a pas moyen de travailler…

Dans sa cabine, toute tonnante de l’assaut des vagues et dont le hublot était vissé à bloc, Verdier, le commissaire du bord, était en nage, malgré les deux ventilateurs qui lui hérissaient le poil à bout portant. Installé le torse nu devant sa machine à écrire, depuis le matin il travaillait avec acharnement et ne décolérait pas.

Il en était d’ailleurs ainsi depuis quinze ans que le commissaire Verdier était affecté à la ligne Le Havre-Vancouver, la ligne la plus longue de la Compagnie(3), chaque fois qu’il avait à dresser les états, les listes des passagers et de l’équipage, les feuilles de débarquement ou de connaissement et de douane, tous les imprimés qu’il faut remplir et qu’exigent les formalités et les chinoiseries de plus en plus compliquées à chaque escale de cette ligne de 12 000 milles qui en comporte tant, vu que le Saint-Wandrille touche dans une dizaine de pays à deux bonnes douzaines de ports, ou que le commissaire avait à rédiger son rapport de mer car cet homme désordonné s’y prenait toujours au dernier moment, passait les dernières nuits à écrire, houspillant son monde, gueulant dans tous les services pour mettre la main sur les paperasses ou les dossiers qu’il avait égarés, dont il avait soudainement un besoin urgent et qu’il jurait, quoi qu’on en dise, n’avoir jamais vus.

Verdier était un être brouillon, râleur, trépidant qui se croyait persécuté, jalousé, visé, et qui, lorsqu’il avait bu deux, trois cocktails au bar, exposait sans vergogne ses rancœurs aux passagers. Alors, il racontait tout au long les mille injustices dont il prétendait avoir été victime de la part de la Compagnie, les avanies de toutes sortes que les bureaux lui avaient fait subir depuis le premier jour de son embarquement et il n’hésitait pas d’accuser ses collègues, qui avaient la chance de naviguer sur New York, de Dieu sait quels passe-droits et sombres intrigues qui avaient favorisé leur carrière tandis que lui, pauvre innocent (« Oui, Monsieur, je suis un bêta, je vous le dis comme je le pense »), s’esquintait le tempérament depuis le temps qu’il bourlinguait sur cette ligne de malheur, oublié, honni, moqué, mais faisant tout de même son devoir, tout son devoir, bien que sans espoir d’avancement.

 

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

histoires-vraies-blaise-cendrars

2489