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Histoire du coup de foudre
de Jean Claude Bologne

Le 16/02/2017 à 10:47 - 0 commentaire

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Prix :

Jean Claude Bologne

Albin Michel

février 2017

9782226320131

314

21.50 €

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ISBN : 9782226320131

Editeur : Albin Michel

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Editeur : Albin Michel

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Résumé du livre
Ramsès II a presque soixante ans lorsqu'il tombe amoureux au premier regard d'une jeune princesse dont il fait aussitôt son épouse : voici le premier « coup de foudre » historiquement attesté. Trois mille ans plus tard, Stendhal, qui trouve l'expression ridicule, en convient : « La chose existe ». Aujourd'hui, elle est loin d'être remise en question !
Mais comment s'explique cette mystérieuse et soudaine attirance entre deux êtres ? Par la sensibilité ou la science (des atomes crochus? ou des phéromones) ? Le surnaturel (la flèche de Cupidon? ou l'intervention du Malin) ? Une pure attraction physique ou un phénomène chimique ?

Si le coup de foudre conserve toute sa part de mystère, Jean Claude Bologne en donne une lecture aussi inattendue que pertinente. En s'appuyant sur de nombreux récits empruntés à l'Histoire, à la légende et à la littérature, son enquête soulève au passage un passionnant paradoxe : notre époque cultive l'individualisme, la sécurité et le rationnel, mais elle ne rêve que de passions « enchaînantes », de surprises et de risques?

 

Premier chapitre

Introduction


Hier : « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue. »

 

Aujourd’hui : « Ç’a été vraiment “tilt”, “bang”. »

 

En alexandrins ou en onomatopées, le coup de foudre ne semble guère avoir varié au cours des âges. Soudaineté, brutalité, instantanéité : un regard, et tout est achevé. De l’Antiquité grecque à l’époque contemporaine, les témoignages sont nombreux de cette irruption brusque de l’amour. Même s’il faut faire la part de la reconstruction a posteriori, des effets de mode, de l’illusion, il n’y a pas lieu de mettre en doute la sincérité de ceux qui en témoignent. Pour autant, tous ont-ils vécu la même chose ? « Amour violent et subit », définit sobrement le Trésor de la langue française : en effet, l’amour, l’intensité et l’immédiateté sont les trois seuls critères permanents parmi les multiples caractéristiques de ce phénomène. Et encore, chacun doit être nuancé…

 

L’amour ? Il existe des coups de foudre en amitié : Montaigne et La Boétie l’ont vécu et, chez Rabelais, Pantagruel et Panurge. Il en existe aussi en art, en musique, dans la mystique : au sens figuré, on peut avoir un coup de foudre pour un objet, un livre, une œuvre musicale… Dans les moteurs de recherche sur Internet, l’occurrence la plus fréquente est le coup de foudre pour un appartement !

 

L’intensité ? Certes, on qualifie parfois de « coup de foudre » une imperceptible accélération cardiaque, une amourette d’un soir… Mais avec la volonté de les élever à la dimension d’un grand amour. Ce n’est que dans cette mesure qu’on peut les retenir à côté des grands élans incontrôlables. Le bouleversement physique et psychique que ceux-ci engendrent ne se confond pas avec les petites émotions qui troublent à peine le rythme des systoles : c’est une commotion profonde qui ne laisse pas indemne.

 

L’instantanéité ? Elle fait partie de la définition même du coup de foudre, comme le chante la grande-duchesse de Gérolstein dans l’opérette d’Offenbach :

 

Dites-lui qu’à peine entrevu,

Il m’a plu ! […]

Hélas ! ce fut instantané :

Dès qu’il a paru, tout mon être,

À lui tout mon cœur s’est donné ;

J’ai senti que j’avais un maître** !

 

La foudre ne prend pas l’omnibus. Sans doute, on rencontre des décharges successives d’intensité variable et, dans l’usage courant, on confond parfois l’amour instantané avec des passions violentes qui ont lentement mûri – il ne s’agit pas alors de coup de foudre. En revanche, l’étincelle peut se produire entre personnes qui se côtoient depuis longtemps dans l’indifférence. Le changement brusque de regard est alors un critère sûr : « Il y avait plus de dix-huit mois que je vivais près d’elle, et pour la première fois je venais de la regarder comme on regarde quand on veut voir », note le narrateur d’un roman de Fromentin. Il s’agit bien de l’irruption rapide et totale d’un sentiment jusque-là inexistant : il importe peu que ce soit pour une personne que l’on vient de rencontrer ou que l’on connaît depuis longtemps comme collègue, parent ou ami. Dans un élan mystique qui confond dans la même fulgurance le néant et l’infini, l’instantanéité s’accompagne d’ailleurs d’une certitude d’éternité. Ce qui arrive avec une telle force marque l’esprit à jamais. « Un amour éternel en un instant conçu », résume le sonnet d’Arvers. Cet instant éternel nous servira de guide.

 

 

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