Extrait

Hirondelle
de Giraudeau, Fanny

Le 31/12/2014 à 11:10 - 0 commentaire

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Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Giraudeau, Fanny

Editions Du Net

poesie grand format

27/10/2014

9782312024462

96 pages

14 €

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ISBN : 9782312024462

Editeur : Editions Du Net

Prix grand format : 14 €

 

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Résumé du livre
Une hirondelle, des bouts de papier destinés à un homme. Histoire de rien; histoire de tout où se bousculent les rêves perdus et oubliés; les rêves à venir et à goûter.

 

Premier chapitre

1. Et la lumière

 

Glisse en avant

Là où le temps

Nous pousse en arrière.

 

La douceur froide s’étendait à perte de vue et estompait les minces reliefs en saupoudrant les toits d’une couche plus sucrée que le sel.

 

C’était un matin sans bruit ou sans pluie. Un matin rare à Paris. C’est un matin du pays connu. Un instant tout nu. Un matin qui n’existe pas, qui a suspendu l’imparfait en présent et brûle sur les toits un soleil que l’on ne voit pas. C’est un matin sans bruit ou sans pluie. Un instant sans pluie et sans bruit, un matin quelconque. Une habitude et pourtant. Un matin très rare à Paris.

 

Ce matin-là une hirondelle un bout de soleil a cogné à la fenêtre de l’homme avant de sauter en grenouille contre le carreau du ciel. Nul verre ne vit l’oiseau mais une poussière jaillit. Contre la vitre opaque une poussière de pluie sauta du carreau transparent. Nulle goutte ne la surprit. 

 

C’est aujourd’hui c’est demain. Hier aussi. Un seul morceau de pierre qui s’est attaché à suivre l’hirondelle. En un bout de matinée la vie a écrit une histoire de hasard, sans bruit, et l’homme endormi n’a vu que la pluie. Absente. Pour une fois. 

Aujourd’hui.

Quand les rideaux s’éteignent devant les rivages d’un monde ravagé, une orange glissée sous la peau des fruits pleure sur les sillages des bateaux disparus. Un homme sur le banc des solitaires écrase un caillou sous ses pieds. Les semelles de ses chaussures caoutchoutées s’accrochent au bout de pierre qui l’ancre sur le sol. Collé au bitume froid de cette journée printanière, l’homme ôte ses souliers qui l’entravent et part sans regrets, pieds nus, envoler son corps vers la forêt automnale, proche.

 

Quand les racines s’éloignent et remplacent les ciels du matin l’homme trébuche à chaque tronc. Les feuilles tombent une à une, nervures serrées dans les bras de la chlorophylle essoufflée. Les feuilles pleuvent et se décrochent des arbustes grandissant. Les lianes secouées s’épanchent et fondent vers l’homme surpris qui tente de fuir. Mais les feuilles descendent de leur perchoir à grande vitesse, vertes et cruelles, rouges et sang, elles étouffent l’homme qui peine à respirer. 

Il court. 

Il court. 

Il trébuche. 

Il tombe. 

Ses pieds nus blessés par les copeaux gisent sur les fougères éparpillées. L’écorce s’effiloche, les lambeaux coulent. L’homme gémit sur ses chaussures collées là-bas sur le bitume.

L’homme s’écroule lourdement contre le sol qui s’écarte, terre humide qui flotte autour de lui. En apesanteur la forêt pleure, il rage.

 

Tombé dans le matelas, la nuit s’évapore. Le sommeil agité s’ouvre. Il est réveillé en un dernier sursaut et la pelouse jaune couvre d’un diadème rouge le drap. La couverture fuit les tapis d’herbes humides et sous un bras de ciel les nuances se déchirent pour ne s’éteindre qu’à la renaissance des marées fantômes.

 

En mettant le pied sur le tapis maigre, l’homme a grommelé sans parler. Sans grommeler il a parlé. Gémi avec un pli dans les sourcils. Il a posé l’autre pied sur la moquette maigre et un soupir tout exaspéré a expiré son souffle. Son souffle court qui sourit sans le voir et qui n’ose plus jeter un regard sur le lit vide. La couche sans amour sans femme sans homme ni froissée ni pliée. Il n’ose pas il sait. A chaque fois il frémit en jetant un faux oeil alors il oublie et se souvient, ferme les yeux et court à la salle de bains.

 

 

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