Extrait

Glaise
de Franck Bouysse

Le 05/06/2019 à 14:08 - 0 commentaire

Auteur :

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Prix :

Franck Bouysse

Lgf

26/09/2018

9782253086468

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ISBN : 9782253086468

Editeur : Lgf

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Résumé du livre
Au coeur du Cantal, dans la chaleur de l'été 1914, les hommes se résignent à partir se battre, là-bas, loin. Joseph, tout juste quinze ans, doit prendre soin de la ferme familiale avec sa mère, sa grand-mère et Léonard, vieux voisin devenu son ami. Dans la propriété d'à côté, Valette, tenu éloigné de la guerre en raison d'une main atrophiée, ressasse ses rancunes et sa rage. Et voilà qu'il doit recueillir la femme de son frère, Hélène, et sa fille, Anna, venues se réfugier chez lui. L'arrivée des deux femmes va finir de bouleverser un ordre jusque-là immuable et réveiller les passions enfouies.Un sculpteur hors pair de la langue et un maître sans égal de l'émotion. Marianne.Une écriture à la fois âpre et lyrique, un roman sauvage et poignant. L'Alsace.Riche et complexe, un drame saisissant, entamé sous une orageuse lumière d'août, digne des fureurs de William Faulkner. Rolling Stone.

 

Premier chapitre

« Elle était un bloc de glaise à sculpter,

et mes pensées secrètes étaient des doigts :

ils couraient derrière son front pensif

pour y creuser des lignes de douleur.

Ils figeaient les lèvres, affaissaient les joues,

Faisaient tomber les paupières sous le chagrin.

Mon âme était entrée dans la glaise,

Luttant comme sept diables. »

Edgar Lee Masters

Spoon River

 


« Nous possédons quelques vieilles histoires que nous nous repassons de bouche en bouche ; nous exhumons de vieilles malles, boîtes et tiroirs des lettres sans formule de politesse ni signature, dans lesquelles des hommes et des femmes qui ont autrefois existé et vécu sont réduits à de simples initiales ou à de petits noms familiers nés de quelque affection maintenant incompréhensible et qui nous paraît du sanscrit ou du choctaw ; nous entrevoyons vaguement des gens, ceux dans le sang et la semence de qui nous étions nous-mêmes latents et expectants, que la pénombre de ce temps exténué a doués à présent de proportions héroïques, en train d’accomplir leurs actes de simple passion et de simple violence, impénétrables au temps et inexplicables. »

William Faulkner

Absalom, Absalom !

 


« Quand nous retrouver réunies

Dans tonnerre et éclairs, ou pluies ? »

William Shakespeare

Macbeth

 

 

Ce qu’il advint cette nuit-là, le ciel seul en décida. Les premiers signes s’étaient manifestés la veille au soir, quand les hirondelles s’étaient mises à voler au ras du sol. Dans la cour, un vent chaud giflait les ramures du grand marronnier et une cordillère de nuages noirs se dessinait sur l’anthracite de la nuit. Le tonnerre grondait, et des éclairs coulissaient au loin en éclairant le puy Violent.

Assise sur le rebord du lit, Marie attendait, redoutant le moment où l’orage serait au-dessus de la ferme. Elle enflamma la mèche de la lampe à pétrole posée sur le chevet, chaussa ses lunettes rondes au cerclage rouillé, puis se leva pour effacer la distance qui séparait le lit de la commode en chêne, sept pas de vieille femme. Ouvrit le tiroir du haut, et en sortit un coffret métallique fermé à clé. Tout ce qu’elle aurait pu faire les yeux fermés.

Elle quitta la chambre avec le coffret, referma la porte pour éviter les courants d’air et rejoignit la cuisine à la lueur de la lampe, puis déposa le coffret et la lampe sur la table, s’assit, contrariée de voir que les autres ne fussent pas déjà debout. La pâle lueur faisait danser les rides dans l’écorce de son visage et, derrière les verres de ses lunettes, on devinait ses petits yeux dirigés sur ses mains jointes.

Les roulements du tonnerre devinrent de plus en plus distincts, faisant comme des mots se carambolant dans une même phrase dénuée de ponctuation, répétée à l’infini. Maintenant que l’orage avait passé la rivière, plus rien ne pouvait l’arrêter. À chaque détonation, une violence invisible affaissait les épaules de Marie, pendant que la confusion et la peur bataillaient au plus profond d’elle.

 

 

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