Extrait

Fracking
de François Roux

Le 10/10/2018 à 17:47 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

François Roux

Albin Michel

22/08/2018

9782226437358

272

19.50 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782226437358

Editeur : Albin Michel

Prix grand format : 19.50 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782226431172

Editeur : Albin Michel

Prix grand format : 13,99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
" La guerre, certains en meurent et d'autres en vivent. "Tandis que l'Amérique est en train d'élire Trump, les Wilson se battent dans les vastes prairies du Dakota transformées par l'exploitation providentielle du gaz de schiste. Ils se battent contre le cynisme des géants pétroliers qui intoxiquent leurs champs et leur eau, contre la résignation de ceux qui ont accepté de se laisser acheter et empoisonner.Brillant chroniqueur de notre époque, François Roux, l'auteur de Bonheur national brut, place son nouveau roman sous le signe de la rupture. Rupture qui fend la terre et la coupe des hommes qui y vivent et l'exploitent. Rupture qui oppose le monde de la nature et celui de l'industrie. Rupture au sein de la communauté.Remarquable radiographie des Etats-Unis d'aujourd'hui, Fracking raconte notre société, sa colère et sa violence.

 

Premier chapitre

Pour Alice et tous ceux de sa génération

 

 

Les opérations, qui réquisitionnaient une superficie équivalente à celle d’un terrain de football, s’apparentaient à bien des égards à une scène de guerre, ne serait-ce que par la violence du bruit alentour. Au beau milieu d’un enchevêtrement de compresseurs, de refroidisseurs et de turbines s’alignaient flanc contre flanc une trentaine de camions-pompes, des monstres de dix-huit roues et de près de quatre-vingt-dix tonnes. Des tuyaux en accordéon leur aspiraient les entrailles, jaillissant de partout, s’emberlificotant les uns autour des autres comme des serpents mécaniques, vomissant des millions de litres d’eau qui seraient bientôt mélangés à des tonnes de sable et de produits chimiques avant d’être injectés sous la contrainte d’une pression prodigieuse au travers d’un épais boyau de métal, plusieurs kilomètres sous terre. Au centre de ce vacarme assourdissant, Joe Jenson était aux commandes d’un système informatique de pilotage à distance. De temps à autre il sortait la tête de sa casemate pour hurler des ordres, répercutés par son contremaître sous la forme de grands gestes des bras à ses équipes. Le chef de chantier était tendu, vaguement anxieux. En deux mois, avec sa dizaine d’ouvriers, ils avaient foré, d’abord à la verticale, puis à l’horizontale, un puits d’acier qui, pour des raisons d’étanchéité, avait été enchâssé bien au-delà des zones aquifères dans une succession de gangues de ciment concentriques. Contrairement aux gisements classiques qui présentaient l’aspect de nappes, ici les hydrocarbures étaient emprisonnés en profondeur dans les pores de formations schisteuses, de sorte que le seul moyen pour en extraire le pétrole était de provoquer la fissuration de la roche. En pratique, on procédait à une série d’explosions qui perforaient le tube d’acier sur toute la longueur de sa partie horizontale, le mettant ainsi en contact avec le socle rocheux en de nombreux endroits. Aujourd’hui était venu le jour de la fracturation hydraulique proprement dite, le jour où, sous la très haute pression du fluide injecté, le manteau de rocaille se déchirerait en une infinité de micro-galeries à partir de ces points d’impact ; le pétrole de schiste, enfin libéré, remonterait alors le long du puits de forage pour être récupéré à la surface.

La mission de Joe s’arrêterait là, ce serait ensuite aux équipes d’exploitation de prendre le relais, tandis qu’il serait affecté à la mise en service d’un chantier similaire. C’était loin d’être son premier fracking mais, à ce moment précis des opérations, Joe se sentait sur le qui-vive. Il avait conscience des responsabilités et des risques qu’impliquait son métier. Ces dernières semaines l’avaient épuisé. Joe disait souvent en plaisantant – car il était du parti de ceux qui aiment plaisanter : « Il y a deux types de jobs. Ceux où on doit se laver avant d’y aller et puis ceux, comme le nôtre, où on doit se laver après. »

 

 

page suivante

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

medias

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

medias

16

1

fracking-francois-roux

6984