Extrait

Fil de Fer
de Martine Pouchain

Le 02/08/2018 à 15:43 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Martine Pouchain

Flammarion jeunesse

Lecture 12 ans et +

03/01/18

9782081424593

221

12.00...76892502....

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ISBN : 9782081424593

Editeur : Flammarion jeunesse

Prix grand format : 12.00...76892502....

 

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Résumé du livre
« ─ On est bien, hein ?
─ Oui, on est bien.
Je contemplais les petits nuages paresseux suspendus dans l’azur. Plus rien d’autre n’existait, il n’y avait plus que l’herbe, nous et le ciel. L’éternité. »
C’est la guerre. Gabrielle, surnommée Fil de fer, doit quitter son village pour fuir sur les routes de France avec sa famille. Au cours d’un exode dur et périlleux, Fil de fer rencontre un garçon mystérieux. C’est le coup de foudre. Qui est ce beau jeune homme qui n’a jamais faim ou soif ?

 

Premier chapitre

« Minerve pleure

sa dent de sagesse pousse

et la guerre recommence sans cesse. »

Jacques Prévert, La Sagesse des nations

 

 

« Y en a qui meurent, mais les autres n’en sont que plus résistants.

Faut simplement essayer de vivre jusqu’au lendemain, passer seulement la journée. »

John Steinbeck, Les Raisins de la colère

 

 

CHAPITRE 1

 

 

J’avais quinze ans quand la France a déclaré la guerre à l’Allemagne et c’était la première fois qu’il se passait réellement quelque chose dans ma vie.

Jusqu’à ce jour fatal, je m’étais toujours demandé par quelle ironie du sort, moi qui détestais moissonner, nettoyer l’étable, les clapiers, le poulailler entre autres joyeusetés qui faisaient le quotidien du paysan, j’étais née dans une ferme en lisière de ce petit village de rien du tout baptisé du nom à rallonge de Mesnil-en-Arrouaise. C’était à peine si je parvenais à croire l’instituteur qui nous apprenait qu’à l’époque des Gaulois l’Arrouaise était une grande forêt. On ne l’aurait vraiment pas dit à voir ce qu’il en restait : un petit bois où on allait cueillir des fraises.

Alors, si je n’étais pas faite pour ces tâches contre lesquelles personne autour de moi ne songeait à se rebeller, pour quoi donc étais-je faite ? J’avais certainement une mission à accomplir. Tout le monde en a une.

J’avais posé la question à Claire, ma sœur aînée, que ses dix-sept ans poussaient à mi-chemin entre le monde des adultes et le mien. Si elle se mêlait encore à nos jeux, elle était loin d’être indifférente aux garçons qui rôdaient autour de sa blondeur.

Ses conseils m’étaient d’autant plus précieux que, au contraire de moi, elle voyait toujours le bon côté des choses.

— Une mission ? Et puis quoi encore ? m’avait-elle répondu. Profite, et arrête de gamberger si tu ne veux pas marcher à côté de tes sabots toute ta vie !

Elle ne m’a pas tout à fait convaincue.

Mais j’en reviens à la guerre.

D’abord, il y avait eu l’ordre de mobilisation générale. En clair, tous les hommes valides de vingt à quarante-huit ans étaient réquisitionnés pour partir tôt ou tard sur le front. Et tous les hommes valides de vingt à quarante-huit ans, ce n’était pas rien. D’autant que parmi les sommés de rempiler, il y avait des rescapés de la Grande Guerre, comme mon père qui était resté prisonnier des Allemands trois longues années. Une chance par rapport à ceux qui s’étaient coltiné les tranchées, mais pas au point d’avoir envie de remettre le couvert.

Il n’était pas le seul à être dégoûté.

Pour être exempté, un fermier de quarante-cinq ans s’était coupé les doigts à la hache et un autre s’était tiré une balle dans la main. Il y en avait même un qui s’était suicidé. Tous les trois faisaient partie de ceux qui avaient connu les tranchées, ils étaient prêts à tout pour ne pas y retourner.

Mon père avait tellement le bourdon qu’il ne mangeait plus que du bout des lèvres et affichait une mine lugubre que je ne lui avais jamais vue.

 

 

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